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Coup de théâtre: Jérémy Jacques jouera avec le Phoenix

Coup de théâtre chez le Phoenix de Sherbrooke: le défenseur Jérémy Jacques quitte la USHL et les Black Hawks de Waterloo pour se joindre au Phoenix de Sherbrooke.

L’ancien défenseur des Cantonniers de Magog n'a disputé qu'une seule partie cette saison dans la USHL. L'an dernier, il a été utilisé durant 22 rencontres et a obtenu trois mentions d'aide. 

« On a toujours pensé qu’il allait bien entrer dans notre cadre organisationnel, indique le directeur général Jocelyn Thibault. Il viendra s’ajouter à notre bon noyau de joueurs nés en 2000-2001. Il est un joueur talentueux avec un bon physique ».

Jérémy Jacques était devenu propriété du Phœnix la saison dernière à la suite de la transaction de l’attaquant Anderson MacDonald envoyé aux Wildcats de Moncton, qui avaient repêché Jacques en deuxième ronde même s'il avait annoncé ses intentions d'évoluer aux États-Unis.

Le Phœnix de Sherbrooke avait obtenu un choix de première ronde en 2018, une autre sélection de premier tour en 2019, un choix de 2e ronde en 2019 et Jacques en retour de MacDonald. Le Phœnix avait aussi cédé un choix de deuxième ronde en 2019 dans cette transaction.

Puisque le joueur de 17 ans de Cap-Santé n'a pas commencé la saison avec le Phœnix, l’organisation sherbrookoise a retrouvé son choix de 2e ronde cet été et l'a monnayé contre Alex-Olivier Voyer de l'Océanic de Rimouski. Or, le Phoenix devra trouver un choix de 2e ronde en 2020 afin de le remettre à Moncton puisque Jacques évoluera dans la LHJMQ.

Par ailleurs, l'arrivée de Jacques provoque le départ du défenseur de 19 ans Jacob Arsenault, acquis cette saison des Wildcats de Moncton contre un choix de 7e ronde. 

Rappelons qu'un alignement d'une formation de la LHJMQ ne peut compter plus de 25 joueurs.

« C’est toujours des choix difficiles à faire, admet l'entraîneur Stéphane Julien. Jacob Arsenault est un bon gars d’équipe et il est apprécié par ses pairs. Le sport peut être cruel et en voilà un bon exemple. »


LHJMQ

Le Titan déclassé

Le défi n’était pas si imposant, mais le Phœnix ne pouvait se permettre d’échapper les deux points jeudi soir. La dernière équipe au classement dans la conférence de l’Est visitait le Palais des sports et c’est avec une défaite de 6-0 que le Titan a quitté Sherbrooke.

« Ce n’est pas tant la victoire qui nous réjouit, c’est plutôt la façon dont on a gagné ce match qui nous rend satisfaits », a confié Édouard St-Laurent, auteur de deux buts. 

Les Sherbrookois auraient pu tomber dans le piège de la facilité contre Acadie-Bathurst. Au contraire, ils n’ont fait qu’une bouchée du Titan. La preuve se retrouvait au tableau des tirs au but en fin de partie : 47 lancers pour les locaux et seulement 16 pour le Titan. 

Malgré tout, il aura fallu attendre le début de la troisième période avant de voir l’attaque du Phœnix exploser. 

Après le but de St-Laurent en première période, cinq buts ont été marqués en 16 minutes de jeu : Samuel Poulin, Alex-Olivier Voyer, Benjamin Tardif (2) et Édouard St-Laurent, qui a complété son doublé. 

« On a accordé quatre tirs en première période, quatre autres en deuxième et on avait beaucoup de chances de marquer autour du filet, souligne l’entraîneur-chef Stéphane Julien. Ce n’était qu’une question de temps avant de voir notre équipe ajouter d’autres buts. On devait garder notre concentration et c’est ce que les gars ont fait. Après une période, ils n’étaient pas très contents malgré notre domination. »

Sigouin encore brillant

Thomas Sigouin a enregistré le premier blanchissage de sa jeune carrière dans la LHJMQ. 

« Il a réalisé les arrêts clefs ce soir, estime Stéphane Julien. J’aime ce que je vois de sa part. Il fait des choses que nos deux autres gardiens font moins, comme jouer la rondelle, et ça aide beaucoup ses coéquipiers. On a aussi tué de grosses punitions ce soir. Ça fait trois parties que nos gars jouent du très bon hockey. Tout le monde contribue et c’est très positif. »

« Ce blanchissage fait du bien, remarque le gardien recrue. Je n’ai pas reçu beaucoup de tirs, mais c’est encore plus difficile de rester concentré dans ces moments-là. Ça reste une partie facile pour moi devant le filet. J’ai une équipe qui est prête devant moi et ça parait depuis quelques parties. »

Cette victoire constituait une douce revanche, puisque le Titan avait éliminé le Phœnix lors des dernières séries. 

« Les deux équipes ne sont pas les mêmes que l’an dernier, mais on se souvenait très bien de notre élimination et même les nouveaux savaient que cette victoire était importante pour nous, avance Benjamin Tardif. On voulait montrer au Titan que cette année, c’est le Phœnix qui allait gagner lors de nos duels. »

Les Oiseaux n’auront pas beaucoup de temps pour savourer cette victoire, puisqu’ils renoueront avec l’action samedi après-midi contre les puissants Mooseheads de Halifax.

« Il faudra être encore plus prêts samedi parce que les Mooseheads forment une équipe bien différente de celle du Titan », confirme St-Laurent.

« Ce sera un bon défi, renchérit Voyer. On affrontera beaucoup de joueurs de talent. Mais l’ambiance est bonne au sein de l’équipe et on connaît du succès, donc on arrivera confiants face à l’une des meilleures équipes du circuit. »

Ce qu'ils ont dit

Noah Dobson du Titan : « Collectivement, nous n’étions pas assez bons ce soir. Heureusement que notre gardien a donné la chance à notre équipe de rester dans le match jusqu’en troisième période. Personne n’est content ce soir. Notre club a vécu beaucoup de changements dernièrement, mais ce n’est pas une excuse. »

Evan Mackinnon, ancien Phœnix : « Le Phœnix a vraiment été meilleur que nous en troisième période. On se concentre surtout sur notre progression cette année, mais cette défaite, on ne l’aime pas. Certains diront que c’est normal parce que le Titan a gagné la coupe Memorial l’an dernier et que plusieurs bons éléments sont partis, mais on doit travailler encore plus fort et le succès suivra un jour. »

Alex-Olivier Voyer : « Enfin... Je suis vraiment content, admet l’attaquant sherbrookois. Je ne me stressais pas avec ça parce que j’avais de bonnes chances. Ce but était le clou dans le cercueil du Titan, donc il est encore plus satisfaisant. Mais je suis surtout content pour Thomas ce soir. Il a obtenu son premier blanchissage dans la LHJMQ. La défensive a bien joué et l’offensive a bien fait. Bref, tout le monde est content ce soir. »

Benjamin Tardif : « La ligne à Félix Robert, Samuel Poulin et Édouard St-Laurent a eu énormément de chances et après le deuxième but, tout a débloqué. Je suis soulagé d’avoir marqué deux buts ce soir. Ça fait du bien parce que je ne collectionnais pas les points comme je l’espérais depuis le début de la saison, mais je suis surtout content de voir notre équipe enchaîner les bonnes parties, parce qu’il y a quelques défaites que nous n’avons pas bien digérées en début de campagne. »

Édouard St-Laurent : « Il fallait continuer à travailler fort. On n’a jamais été inquiets. Du moment que toute l’équipe s’appliquait sur les détails, tout s’est mis à bien aller. »

Phoenix

Thomas Sigouin rassure le Phœnix

SHERBROOKE — Thomas Sigouin a dû faire preuve de patience et le gardien du Phœnix de Sherbrooke récolte présentement ce qu’il a semé. Après avoir accordé seulement deux buts dans une défaite de 3-1 contre les Saguenéens de Chicoutimi, Sigouin a obtenu sa première victoire dans la LHJMQ dimanche à Gatineau. Ce fut suffisant pour convaincre son entraîneur de lui redonner le filet jeudi soir lors de la visite au Palais des sports des champions en titre, le Titan d’Acadie-Bathurst.

À la fin de son premier match dans le junior majeur la saison dernière, Thomas Sigouin rageait : la défaite de 5 à 2 contre l’Océanic de Rimouski avait laissé un goût amer. Malgré une performance tout de même appréciable, le gardien alors âgé de 17 ans se disait déçu du résultat de la partie, sa seule dans la LHJMQ lors de la campagne 2017-2018. 

« Je n’étais pas prêt au junior majeur, confie celui qui a été repêché en 7e ronde en 2017. Cette année, j’ai eu le temps de m’adapter au niveau de jeu et j’ai pu profiter d’un camp d’entraînement de deux mois avant de jouer ma première partie. »

Thomas Sigouin a terminé sa saison avec les Filons du Cégep de Thetford Mines dans le circuit collégial avec une impressionnante moyenne de buts alloués de 1,85 et un taux d’efficacité de .937 en 26 parties. 

« Même s’il n’avait pas une excellente équipe devant lui, il était le meilleur du circuit... avec les gardiens des Cougars », informe en souriant son entraîneur actuel Éric Roy, qui supervisait les gardiens de but du Collège Champlain la saison dernière. 

Sigouin affiche présentement des statistiques que pourraient lui envier tous les gardiens du circuit : une moyenne de 1,51 et un taux d’efficacité de .954, mais seulement après deux matchs évidemment.

« Thomas a un style non conventionnel, souligne l’entraîneur-chef Stéphane Julien. Il utilise ses réflexes et son instinct sans se fier seulement à la technique. Il ressemble un peu à Dominik Hasek par sa combativité. »

« Il possède un style comme celui des années 1980 et pour être franc, je ne déteste pas ça », admet Éric Roy.

Le directeur général Jocelyn Thibault remarque d’ailleurs que cette façon de garder les buts revient à la mode dans la LNH.

« Avec la réduction des équipements, les gardiens doivent utiliser davantage leurs réflexes pour arrêter les rondelles », constate celui qui a disputé 14 saisons devant les buts de la LNH.

Un parcours différent

Avec une rotation à trois gardiens incluant le vétéran de 20 ans Brendan Cregan et la recrue Thommy Monette, sans parler de sa blessure au bas du corps, Thomas Sigouin a dû attendre jusqu’à la neuvième partie de la saison avant d’être utilisé. On peut dire que le gardien a saisi la balle au bond.

« Quand tu as ta chance, il faut que tu en profites, surtout s’il y a trois gardiens dans l’équipe. Mais dès le départ, on savait que parfois on se retrouverait sur le banc ou même dans les gradins. »

Né en Abitibi, Thomas Sigouin a un parcours aussi particulier que son style.

« À ma première année bantam, j’ai été retranché du AA, informe le joueur originaire d’Amos. J’ai dû aller jouer dans le bantam CC. L’année suivante, j’ai fait le saut dans le AA et ensuite, j’ai été coupé au camp du midget AAA. Je me suis donc dirigé vers le Collège Clarétain avec l’équipe des moins de 18 ans. Par la suite, j’ai rejoint les Filons. Ce sera la troisième année que je serai loin de la maison. Je commence à être habitué. »

D’ailleurs, pour une raison qu’il ignore, une rumeur laisse entendre qu’il aurait commencé à pratiquer le hockey il y a seulement quatre ou cinq ans. Même le Phœnix croyait qu’il avait commencé à jouer à l’âge de 13 ans.

« Je ne sais pas d’où ça vient, lance Thomas Sigouin en riant. Les recruteurs du junior majeur me posaient souvent la question. Je joue pourtant au hockey depuis l’âge de sept ans! »

Chose certaine, son entraîneur Éric Roy estime qu’il a un beau projet entre les mains.

« Le verre est loin d’être plein, il présente un beau potentiel et il peut vraiment s’améliorer encore. » 

Hockey

Le Phoenix de Sherbrooke s'offre un premier gain sur la route

Le Phœnix de Sherbrooke a remporté de belle façon sa première victoire sur la route cette saison, dimanche après-midi, en écrasant les Olympiques, à Gatineau, par la marque de 7-1.

C’est le Slovaque Olivier Okuliar qui a été la grande vedette du camp sherbrookois avec deux buts et autant de passes.

Benjamin Tardif (1-2) et Bobby Dow (1-2) se sont également illustrés lors de cette rencontre à sens unique, qui a permis au jeune gardien Thomas Sigouin de signer un premier gain dans la LHJMQ. Le jeune homme a bloqué 29 des 30 lancers dirigés vers lui. Seul Shawn Boudrias a réussi à le déjouer, en deuxième période.

Félix Robert, Julien Anctil et Taro Jentzsch ont aussi fait bouger les cordages.

« Thomas a eu un très bon camp d’entraînement avec nous, mais il s’est blessé au genou par la suite. Quand tu le regardes jouer, ce n’est rien de très technique, mais il est là pour arrêter la rondelle, peu importe la façon. Il compétitionne. J’ai aimé ses deux derniers matchs, ça nous rassure beaucoup, car il n’avait disputé qu’un seul match dans la LHJMQ l’an passé. Il a fait de gros arrêts en première période et il nous a donné confiance pour la suite du match », a indiqué l’entraîneur-chef du Phœnix, Stéphane Julien.

L’attaque sherbrookoise s’en est donné à cœur joie contre une équipe qui complétait une séquence de sept matchs en 12  jours.

« Enfin, ça a débloqué pour nous à l’attaque. Vendredi, on méritait un meilleur sort et aujourd’hui (dimanche) notre travail a été récompensé. On avait beaucoup de vitesse, on a amené beaucoup de rondelles au filet et on a été opportunistes. C’est comme ça qu’on veut jouer. »

Parmi les points positifs, la tenue de l’avantage numérique fait sourire Stéphane Julien. Avec deux buts inscrits en quatre occasions de marquer face aux Olympiques, Sherbrooke montre maintenant le deuxième meilleur pourcentage d’efficacité de la LHJMQ, avec 32,4 %, derrière l’Océanic de Rimouski (40,5 %).

Par contre, la tenue de l’unité en désavantage numérique n’est pas aussi reluisante. Sherbrooke ne peut faire mieux qu’un taux d’efficacité de 71,1 %. Seules deux équipes font pire que Sherbrooke présentement (Saint John, 70,7 % et Shawinigan à 64,7 %).

« Le jeu sur les unités spéciales, c’est ce genre de détails qui changent les matchs. Si notre avantage numérique va bien, notre désavantage numérique nous a fait perdre le match de vendredi face à Chicoutimi. On a du travail à faire de ce côté, les équipes s’ajustent à notre façon de jouer. Mais contre Gatineau, on a très bien fait, c’est la preuve que lorsque les gars appliquent le système, on peut avoir du succès. Pour terminer parmi les meilleures équipes, on veut viser un pourcentage d’efficacité cumulatif de 105 %. »

Le trio formé de Dow, Okuliar et Tardif a été de la dynamite pour le Phœnix, dimanche.

« Nos deux joueurs européens connaissent de bons moments. Le trio formé de Dow, Tardif et Okuliar, a été excellent, les gars ont mis l’effort. Quand Dow est arrivé, il n’avait pas patiné depuis deux semaines. On commence à lui enseigner les bases du système et j’ai vraiment aimé ses trois derniers matchs. Il est fort, il a de la vitesse et on peut lui faire confiance dans plusieurs situations. C’est un ajout très intéressant à notre formation », a dit Stéphane Julien.

Les Olympiques, eux, semblaient à bout de souffle, dimanche, lors de leur troisième match en autant de jours.

Ils ont résisté au Phœnix pendant deux périodes, mais les visiteurs ont ouvert les vannes avec trois buts en 50 secondes au début de la troisième période. C’en était fait des Gatinois, qui se sont inclinés devant une maigre foule annoncée de 1393 spectateurs.

« Nous avons eu les meilleures chances de compter, mais leur gardien nous a frustrés. La fatigue mentale s’est fait sentir aujourd’hui. Nous avons manqué d’émotions en troisième période. C’est un peu normal. Nous n’avions pas l’énergie pour être les premiers sur la rondelle. Nous manquions de fougue », a expliqué l’entraîneur-chef Éric Landry.

Poirier était excité

C’est l’ancien gardien des Cantonniers de Magog, Rémi Poirier (31 arrêts sur 38 lancers), qui a amorcé le match pour les Olympiques.

Natif de Granby, Poirier était fébrile à l’idée d’affronter l’équipe qu’il appuyait dans sa jeunesse.

« Je n’étais pas trop nerveux. J’étais excité. Bon, ça ne s’est pas passé comme je le voulais, mais j’ai aimé mon expérience. J’ai résisté pendant deux bonnes périodes. Je n’avais pas joué depuis un mois et demi, mais j’avais confiance en mes moyens. Je comprends que les gars étaient fatigués. Je voulais juste les aider à rester dans le coup », a dit celui qui sera opéré jeudi pour un blocage à un rein. Avec Jean-François Plante du journal Le Droit