De l’édition 2019-2020, il faudra surtout se rappeler d’une équipe qui avait le souci des détails et d’une éthique de travail incomparable.

Une édition à ne pas oublier

COMMENTAIRE / Ironiquement, il aura fallu un virus pour faire tomber au combat les Cantonniers de Magog une première fois en trois ans dans les séries de la Ligue midget AAA du Québec.

Champions en titre depuis 2018, la bande de Félix Potvin se dirigeait vers une 10e série gagnée d’affilée jusqu’à l’arrivée soudaine du coronavirus.

À défaut d’avoir été empêchés par la COVID-19 de s’approprier une troisième coupe Jimmy-Ferrari de suite, les Cantonniers peuvent toujours se vanter de n’avoir jamais été expédiés dans les boules à mites par une autre équipe du circuit Lévesque depuis maintenant trois ans.

Lorsque dans la prochaine décennie on reviendra sur les succès des Cantonniers sous la férule de Félix Potvin, il faudra placer l’édition 2019-2020 sur le même pied que les deux précédentes qui ont été couronnées championnes. Évidemment, qui peut prétendre avec exactitude que les Cantonniers auraient réussi le coup une troisième année de suite? Ils étaient bien partis avec aucun signe de faiblissement qui pointait à l’horizon. Toutefois il restait encore huit victoires à ajouter au compteur. Ce n’est pas négligeable. On se dirigeait vers une autre série palpitante contre Châteauguay en demi-finale. Un rendez-vous annuel entre ces deux formations.

De l’édition 2019-2020, il faudra surtout se rappeler d’une équipe qui avait le souci des détails et d’une éthique de travail incomparable. Lors des deux saisons précédentes, les Cantonniers comptaient sur des joueurs tels Patrick Guay, William Villeneuve, Charles Beaudoin, Simon Pinard, Rémi Poirier, Justin Robidas, Alexandre Doucet, Olivier Adam, Isaac Belliveau, Jacob Dion, et j’en passe, qui figuraient parmi l’élite de la ligue. On le savait dès le camp d’entraînement.

Nouveaux meneurs

Au mois d’août 2019, c’était plutôt tranquille à ce chapitre. Les vétérans venus compléter une deuxième saison dans le midget AAA campaient surtout dans des rôles de soutien en 2018-2019. Il leur fallait maintenant devenir les nouveaux leaders. Ils n’ont pas essayé de jouer à la vedette. Les Mathys Poulin, Justin Bergeron, Félix Paquet, Zackary Michaud, Julien Bourget, Mathis Zakorzermy ont montré une attitude irréprochable. Le mot influenceur est à la mode de nos jours. Ils en étaient pour leurs coéquipiers. Il y a aussi le très talentueux Tristan Roy qui est revenu au bercail après les Fêtes. Lui on savait ce dont il était capable.

Avec de tels vétérans comme chefs de file, les recrues ont acheté le modèle sans maugréer. Quand on voit Zackary Michaud, meilleur compteur de l’équipe, continuer à bloquer des rondelles avec une priorité de six ou sept buts en fin de partie, l’effet d’entraînement est automatique. C’était ça les Cantonniers. Jamais de demi-mesure chez les recrues comme les vétérans.

Cette équipe de no name est demeurée au sommet de la ligue du premier au dernier jour du calendrier régulier. Ils ont ravi leurs partisans et convaincu les incrédules qu’une équipe unie, dont le seul objectif demeure la progression de l’équipe, peut abattre tous les obstacles, sans exception. 

L’édition 2017-2018 savait fabriquer des buts; celle de 2018-2019 pouvait se placer au-dessus de la mêlée de toutes les façons. Cette saison, on a eu droit au modèle parfait de ce que représente une équipe avec un mental et un moral d’acier. Une bande d’adolescents qui n’ont jamais reculé, qui connaissaient leurs limites, les acceptaient, et savaient que tout passait par le travail collectif. Que jouer en unité de cinq plutôt que de miser sur deux ou trois vedettes était loin d’être un désavantage. Tous ont mis l’épaule à la roue. Pas de place pour du nombrilisme.

Un modèle pour les plus jeunes

En cette période de l’année où le mot propagation est malheureusement à la mode pour les raisons que l’on sait, permettez-moi d’ajouter que s’il y a une façon de jouer au hockey qui devrait se répandre chez nos jeunes et leurs entraîneurs, c’est celle des Cantonniers 2019-2020. Tout reposait sur le collectif, la patience, l’acharnement au travail, une confiance à toute épreuve. C’est le courant qu’il faut suivre pour avoir du plaisir sur une surface glacée. Ils venaient à l’aréna radieux. À l’opposé, j’ai rarement vu une bande de gars accepter aussi mal la défaite.

Ils étaient beaux à voir ces adolescents. Du bonbon! Ce serait dommage qu’ils sombrent dans l’oubli parce que le coronavirus s’est introduit sournoisement dans nos vies.    

Je ne pouvais vous laisser sans un dernier mot sur le coach Potvin. Voilà trois ans de suite qu’il fait des Cantonniers une équipe championne même s’il doit rebâtir presque à zéro chaque automne. Exploit rarissime.

En terminant, Félix Potvin a communiqué avec moi pour demander à ses joueurs, son personnel hockey, la direction, les parents, les familles de pension et les partisans de l’équipe de prendre soin de leur santé.