Samuel Poulin, Nicolas Poulin, Evan Fitzpatrick et Thomas Grégoire auront un grand rôle à jouer dans les succès du Phoenix de Sherbrooke lors de l'an 6 de l'organisation.

Une boîte à surprises

CHRONIQUE / On me la pose chaque jour. À l'épicerie, dans le vestiaire de hockey, au travail, au Palais des sports : « Et puis, le Phoenix sera bon cette année? » Difficile à dire. Surtout parce que je préfère attendre de voir toutes les équipes afin de porter un jugement. Parce que sur papier, oui le Phoenix semble redoutable. Mais est-ce que le gâteau lèvera cette fois?
Dès l'arrivée d'Evan Fitzpatrick devant le filet sherbrookois, j'aimais penser que la saison 2017-2018 sera remplie de succès pour les Oiseaux. Arrivé à maturité dans la LHJMQ, Fitzpatrick pourrait disputer sa dernière campagne avant de faire le saut chez les professionnels. Et un bon gardien de 19 ans peut permettre à une équipe de gagner un championnat à lui seul, ou presque.
Les premiers mois permettront au directeur général Jocelyn Thibault de se faire une idée : sera-t-il acheteur une fois rendu aux Fêtes lorsque la période de transactions sera ouverte? Ou bien échangera-t-il ses meilleurs éléments de 19 ou 20 ans si le Phoenix se trouve une fois de plus dans la cave? Et ça, il ne peut pas se le permettre.
La perte de Luke Green, sur la touche pour au moins cinq mois, s'avère très douloureuse pour le Phoenix, qui a perdu l'un de ses deux généraux à la ligne bleue. Thomas Grégoire devrait connaître une aussi bonne saison sur le plan offensif et se montrera encore plus efficace en défensive. Mais il sera entouré d'une brigade peu expérimentée.
Il est là, le point d'interrogation : au-dessus des défenseurs sherbrookois. Vincent Lampron et Connor Senken sont les seuls à pouvoir se vanter d'avoir une saison d'expérience derrière la cravate. Mais ils jouaient un rôle secondaire avec leur équipe respective. Yann-Félix Lapointe a énormément progressé. Olivier Crète-Belzile deviendra l'un des meilleurs défenseurs du circuit dans un futur rapproché. Ils doivent toutefois encore prouver ce qu'ils savent faire, tout comme le jeune Alexandre Joncas et le défenseur de 19 ans Jean-Mathieu Lavoie, qui arrive des États-Unis.
À l'attaque, le Phoenix n'a jamais profité d'une aussi belle profondeur. Trois trios pourront contribuer à l'offensive et la quatrième ligne remplira un rôle très précis : déranger l'adversaire tout en remplissant des missions défensives.
Personnellement, je m'attendais au retour du capitaine Hugo Roy. Car il aura de bien meilleures chances de décrocher un contrat dans la LNH intéressant s'il connaît une bonne saison à son année 20 ans. Ce qui devrait être le cas.
Appuyé par un Nicolas Poulin en santé, par deux Européens ayant une année d'expérience dans le circuit et par un Samuel Poulin qui semble dynamiser l'attaque sherbrookoise, Hugo Roy ne doit pas être inquiet sur le plan offensif.
Surtout que le petit Evan MacKinnon s'est complètement transformé durant l'été en devant un joueur rapide, intelligent et, surtout, confiant.
Les Kevin Gilbert et Félix Robert amèneront une certaine énergie et aideront à remplir le filet.
Finalement, la venue de Mathieu Olivier change bien des choses. Un leader plus volubile anime le vestiaire. Le genre de joueur qui saura réveiller sa troupe au moment opportun. Avec ses poings, avec ses points et en se levant sur le banc. Tout un ajout du directeur général Jocelyn Thibault.
Deuxième dans sa division
La division Ouest a déjà été plus redoutable, avouons-le. L'Armada de Blainville-Boisbriand possède tous les outils pour occuper la pôle position. Ensuite, le Phoenix a la chance de se hisser au second rang.
Parce que les meilleurs jours des Huskies sont derrière eux. Parce que les Voltigeurs de Drummondville présentent un jeune alignement. Puis les Foreurs de Val-d'Or ne sont plus les mêmes avec la perte de nombreux joueurs étoiles. Et les Olympiques de Gatineau ont perdu leur mordant avec le départ possible de Vitaly Abramov.
Ailleurs dans la LHJMQ, les Tigres de Victoriaville forment l'équipe à battre dans la division Est, et le Titan (oui oui, le Titan!) d'Acadie-Bathurst devrait dominer la division des Maritimes avec les Mooseheads d'Halifax.
Ce qui constitue une chance en or pour le Phoenix de faire partie du premier tiers du classement. Ce top 6 est accessible. Mais parfois, la ligne est mince entre le milieu de classement et les derniers rangs. Est-ce que les Sherbrookois sauront jouer à la hauteur de leur talent? La réponse dans les prochains jours, puisqu'ils amorceront leur saison ce week-end en Abitibi, là où il est désormais possible de ramener deux victoires en Estrie.
« Et puis, le Phoenix sera bon cette année? »
Oui, si les malheurs peuvent cesser, et je vous invite à le constater par vous-même. Mais le Phoenix demeure une boîte à surprises. Reste à voir si elles seront bonnes ou mauvaises.