Thomas Sigouin, Brendan Cregan et Thommy Monette se partageront le filet afin de commencer la saison.

Trois gardiens dans l'équipe

Le Phœnix de Sherbrooke sort des sentiers battus en comptant sur trois gardiens cette saison. Si cette avenue semblait sinueuse il y a quelques semaines, les principaux intéressés admettent que la période d’adaptation est derrière eux.

Les recrues Thommy Monette et Thomas Sigouin appuieront le vétéran Brendan Cregan pour commencer la saison 2018-2019. Cregan sera d’ailleurs devant le filet vendredi pour le match d’ouverture des Cataractes de Shawinigan, le premier du Phœnix.

« Ce qui était le plus problématique, c’était durant les entraînements, explique l’entraîneur Stéphane Julien. Les trois gardiens veulent un maximum de tirs et même s’il n’y avait pas de chicane, je sentais que je devais intervenir. J’ai parlé souvent à mes trois gardiens. Je sentais dans leur langage corporel que je devais leur parler. C’est une première pour presque tout le monde. On pense que c’est possible de faire une rotation à trois avec ces trois types de personnes. Au final, ils auront tous reçu autant de tirs durant les entraînements. »

« Il a fallu s’adapter, confirme Thomas Sigouin. Je n’ai jamais été dans cette situation-là avant. Mais maintenant, ça va beaucoup mieux. Quand on a rencontré la direction, elle a expliqué aux trois gardiens qu’il allait toujours en avoir un dans les gradins et que ce ne sera pas toujours le même. Il faut s’attendre à rater quelques matchs. »

Pour Thommy Monette, il ne s’agit toutefois pas d’une première :

« En terminant la saison avec le Phœnix en compagnie de Brendan Cregan et Reilly Pickard, on était trois gardiens. Je me plaçais devant le filet quand les deux autres se reposaient, mais cette année ce sera égal. Je respecte la décision de l’organisation. On avait le choix de rester ou de quitter. On a choisi de rester, donc on doit assumer notre décision. C’est plate, mais ça fait partie de notre rôle. »

Cregan continue de surprendre

L’histoire de Brendan Cregan mérite d’être racontée. Après avoir été impliqué dans une transaction comme élément secondaire, le gardien n’ayant jamais été repêché dans la LHJMQ est arrivé en renfort.

« Je vais m’en rappeler comme si c’était hier, affirme Stéphane Julien. Evan Fitzpatrick et Justin Blanchette étaient blessés, il fallait rappeler deux gardiens dont Brendan. Durant la pratique du matin, je n’étais pas super confiant en regardant Brendan travailler, mais on a appris à le connaître : il est bon sous pression. Quand la partie commence, il fait le travail et va nous chercher des victoires. On ne l’a pas toujours mis dans des situations faciles. Il part de loin. Il ne s’était d’ailleurs jamais entraîné de sa vie avant d’arriver avec nous! »

« Dans les saisons dernières, je voulais simplement faire de mon mieux pour aider l’équipe, admet Cregan. Maintenant, je suis âgé de 20 ans et je dois apporter du leadership au sein de l’équipe. Mon travail ne se résume pas seulement à être gardien de but. J’ai aussi un rôle à jouer dans le vestiaire. Je parle un peu plus aux joueurs et je montre l’exemple sur la patinoire. »

Ce dernier aime bien son rôle de mentor.

« J’aime être avec Thommy et Thomas. On prépare le futur de l’organisation. J’ai plus d’expérience et je tente de partager ce que j’ai vécu dans la LHJMQ. »

« Pour ma part, je compte élever mon niveau de jeu d’un cran cette saison afin d’obtenir un maximum de départs, soutient Monette. À 17 ans, je suis content d’être dans la ligue. L’an dernier, j’y croyais à 16 ans. Mais cette année, je me sens prêt. »

« Je vois mon arrivée dans la LHJMQ comme un défi, ajoute de son côté Sigouin. Je dois m’adapter au calibre, mais je trouve ça motivant de jouer dans la plus grosse ligue. »

Une décision difficile

La situation actuelle a forcé la direction du Phœnix à prendre une décision que peu de formations osent prendre.

« En gardant uniquement les deux jeunes, qui n’ont qu’un seul match d’expérience dans le circuit, on aurait peut-être fait un bon choix, croit Stéphane Julien. Mais si les deux recrues avaient connu un mauvais début de saison, les partisans auraient accusé l’organisation de ne pas avoir gardé un joueur de 20 ans devant le filet. Il faut savoir que Brendan n’est pas seulement un joueur qui arrête les rondelles. Il est aussi un excellent leader dans le vestiaire. Il est très respecté de ses coéquipiers. Et heureusement, Thommy et Thomas ont de bonnes éthiques de travail. »

En consultant l’entraîneur de gardiens Éric Côté, les entraîneurs adjoints et le directeur général Jocelyn Thibault, Stéphane Julien devra donc jongler avec ses gardiens.

« Si notre équipe aligne quelques victoires, ça facilitera mon travail. On ne se cachera pas qu’en étant trois, nos gardiens ont un peu plus de pression de gagner pour garder le filet. Mais ça fait partie du jeu. Oui, on est là pour développer des joueurs, mais mon rôle est aussi d’aider l’équipe à gagner en mettant la meilleure équipe possible sur la glace », termine l’entraîneur.