Kolby Johnson a perdu certains amis dans la tragédie touchant les Broncos de Humboldt : « Ça aurait pu nous arriver et nous ne sommes toujours pas à l’abri. »

Tragédie d'Humboldt : «C'est comme un cauchemar»

Tout comme la planète hockey au grand complet, Kolby Johnson est en deuil. Le dur à cuire du Phœnix connaissait quelques victimes de la tragédie touchant les Broncos de Humboldt : « C’est comme un cauchemar. »

Né à Rosetown en Saskatchewan, Johnson a évolué avec certains joueurs des Broncos et en a affronté quelques-uns.

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« J’ai joué dans le junior majeur à Prince George pour les Cougars et à Prince Albert avec les Raiders. J’ai côtoyé l’un des joueurs des Broncos chez les Raiders et heureusement, je l’ai texté et j’ai su qu’il était en vie. Mais d’autres de mes amis n’ont pas eu la même chance. En Saskatchewan, on finit toujours par se croiser dans le hockey mineur. Je ne comprends pas pourquoi on leur a volé la vie! »

Depuis ce drame, Kolby Johnson prend davantage le temps de dire à ses proches qu’il les aime. L’ambiance au sein de l’équipe a aussi quelque peu changé.

« On s’imagine parfois ce qui arriverait si l’autobus avait un gros accident. Cette fois, c’est arrivé. Et c’est le seul véhicule routier qui est plus gros que notre autobus qui est entré en collision avec l’autobus des Broncos. Je ne réalise pas encore tout ce qui est arrivé. J’avais fermé mon téléphone durant la partie de vendredi. Quand je l’ai ouvert, j’avais une tonne de textos. Je ne comprenais rien. Quand j’ai appris la nouvelle, j’étais dévasté : certains de mes amis sont morts, d’autres sont hors de danger heureusement. »

« Que l’on soit proche ou loin de cette équipe, ça touche tout le monde, croit l’entraîneur du Phœnix, Stéphane Julien. Ce n’est pas facile à vivre. Nos joueurs se rapprochent entre eux avec ce drame. »



« On y pense souvent quand on est dans l’autobus. »
Stéphane Julien

Ces images d’horreur demeureront dans la tête de plusieurs, et ce, pour longtemps.

« On y pense souvent quand on est dans l’autobus, ajoute Julien. Surtout le soir lors des tempêtes de neige. On a confiance en nos chauffeurs, mais parfois ça peut être les autres véhicules qui causent un accident. Aujourd’hui, je pense surtout aux parents qui voient leur fils partir sur la route pour pratiquer un sport qu’ils aiment. C’est tragique et le monde du hockey est en deuil. »

Stéphane Julien estime d’ailleurs que certaines choses devront changer : « Depuis longtemps, la LHJMQ aurait dû agir afin de modifier les règles et réduire le nombre de longs voyages. Il faut penser à l’école et à l’aspect financier. On doit adopter un système plus logique. »

Chose certaine, Kolby Johnson a vécu un moment particulier lors de la partie de samedi à Bathurst. Laissé de côté plus souvent qu’à son tour, Johnson a été appelé en renfort à la suite de la blessure à Mathieu Olivier.

« La minute de silence a été très émotive. D’ailleurs, j’aimerais dire au partisan qui a crié de mettre fin à cette minute de silence afin de commencer la partie qu’il a manqué énormément de respect. Mais bref, je me suis présenté sur la glace en pensant aux joueurs et aux autres membres des Broncos. J’ai joué ce match-là pour eux. On a perdu, c’était difficile pour tout le monde, mais ce n’est qu’un jeu. On tient à la victoire, mais on a la chance de pouvoir jouer au hockey et d’être en vie. On est privilégiés. Ce genre de tragédie aurait pu nous arriver et nous ne sommes toujours pas à l’abri », résume le joueur du Phœnix avec beaucoup d’émotions dans la voix.