Thomas Sigouin a convaincu les entraîneurs du Phœnix qu’il était prêt à retrouver son poste devant le filet.

Thomas Sigouin revient de loin

Dix mois après avoir subi une grave blessure au genou lors d’un match, le gardien de but Thomas Sigouin a traversé une période difficile durant laquelle il devait se limiter au rôle de spectateur alors que ses coéquipiers allaient au combat match après match. Deux opérations plus tard, le portier d’Amos se dit gonflé à bloc.

Âgé de 19 ans, Thomas Sigouin tenait à saisir la dernière chance qui se présentait à lui. Avec la présence de l’Européen Samuel Hlavaj, du vétéran Dakota Lund-Cornish et du jeune William Desmarais, Sigouin admet que le défi était grand.

« Quand j’ai vu que le Phœnix avait repêché un gardien européen cet été, ça ne changeait rien pour moi. Je devais me battre pour gagner un poste peu importe l’identité des autres gardiens. Mais lors des derniers mois, c’était difficile mentalement. Ça m’a permis de forger mon caractère. Pendant que je regardais mes coéquipiers jouer, j’aurais voulu être à leur place, mais je me disais que c’est moi qui allais être là l’an prochain. J’ai pensé quelques fois que ma carrière était terminée. On ne se le cachera pas, je n’ai joué que cinq matchs dans la LHJMQ après tout et je suis déjà rendu à 19 ans. Disons que j’avais hâte de tester ma jambe et de constater une progression. »

La bonne nouvelle pour lui : il avait laissé une bonne impression l’an dernier en étant magistral à ses quatre premiers départs. Son taux d’efficacité la saison dernière : ,945. Sa moyenne de buts accordés : 1,61.

Lorsqu’il a enfin pu retoucher à la glace, Sigouin voyait enfin la lumière au bout du tunnel. Mais sa guérison n’a pas été une partie de plaisir.

« C’était comme si je commençais à jouer au hockey. Pendant que les autres progressaient en étant sur la glace, moi je devais me réhabiliter. Cet été, je trouvais ça tellement long avant de pouvoir rechausser les patins. »

Même qu’à un certain point, le portier n’était plus certain de pouvoir y arriver.

« J’avais un camp de planifié cet été depuis l’an dernier. Je voyais la date se rapprocher un peu trop rapidement et jamais je n’aurais pensé être prêt à temps. Je n’étais même pas capable de courir. Un bon matin, je me suis levé et mon genou n’était plus douloureux. J’ai recommencé à ajouter de la masse musculaire dans ma jambe. Mais je dois avouer que ce camp était les deux semaines les plus dures de ma vie. On aurait dit que je recommençais tout à zéro. Mais je me suis rétabli beaucoup plus vite que je pensais. »

Thomas Sigouin n’a jamais cessé d’aiguiser ses réflexes et de garder la forme, mais en entraînant seulement le haut de son corps. Et ce, même pendant que ses coéquipiers disputaient un match sur la glace du Palais des sports.

« Je ne pouvais pas rester là sans rien faire. Maintenant, je suis prêt à aider mon équipe à aller chercher le plus de victoires. Je vais tout donner, comme j’ai tout donné pour me rétablir de ma blessure », conclut-il.

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Anthony Munroe-Boucher et Mirco Fontaine.

Deux recrues réussissent l’impossible

Toutes les recrues présentes au camp de sélection du Phœnix tenaient le même discours: percer l’alignement de l’édition 2019-2020 était une mission presque impossible. Maintenant arrivé à maturité, le Phœnix affichait déjà complet, en comptant la présence du gardien Samuel Hlavaj et de l’espoir de première ronde Israel Mianscum. Mais deux recrues ont effectué tout un tour de force en gagnant leur place à la surprise générale.

Le premier : Anthony Munroe-Boucher, choisi au 8e tour lors du dernier encan de la LHJMQ. Le second : Mirco Fontaine, un défenseur de 19 ans qui n’a jamais été repêché dans le junior majeur. 

« On le savait qu’il n’y avait pas beaucoup de places disponibles cette année, avance Anthony Munroe-Boucher. Quand j’ai regardé l’alignement, je me demandais sincèrement s’il y avait une place pour moi cette saison. Ça m’a poussé à mettre les bouchées doubles à l’entraînement et durant les pratiques. J’ai essayé de causer la surprise et lors des parties préparatoires, je crois avoir bien fait les choses. En ayant connu une bonne saison dans le midget AAA, ça m’amenait à croire un peu plus en mes chances. »

L’ancien attaquant des Élites de Jonquière s’attendait à rejoindre les Lions du Cégep Champlain St-Lawrence. Mais plus le camp avançait, plus les bons mots de son entraîneur Stéphane Julien lui donnaient espoir. 

« Je suis quand même conscient que j’aurai à vivre une année de transition. Encore une fois, ça va m’amener à vouloir travailler encore plus fort pour gagner un poste de partant, que ce soit cette année ou dans les prochaines saisons. Je sais que ce sera difficile de percer l’alignement partant match après match. Quand j’ai vu que Jérémy Rainville était échangé, je me suis mis à y croire davantage, mais le Phœnix aurait aussi pu transiger pour aller chercher un nouvel attaquant. »

Pour sa part, le Sherbrookois Mirco Fontaine savait qu’il s’agissait de sa dernière chance.

« J’ai déjà 19 ans et j’avais l’impression de partir avec une prise à mon compte à cause de ça. Je me suis présenté au camp pour une troisième année de suite en me disant que je n’avais plus rien à perdre. Je savais que les chances étaient minimes, mais je n’ai jamais arrêté d’y croire lors des trois dernières années. »

Le défenseur évoluait l’an dernier pour les Cougars du Collège Champlain et avait été rappelé d’urgence par le Phœnix pour disputer deux parties dans la LHJMQ :

« Je me rendais compte durant les parties que j’étais de calibre pour jouer dans la LHJMQ. Les entraîneurs seront peut-être portés à me laisser dans les gradins à cause de la belle profondeur en défensive en début de saison, mais je vais tout de même me battre pour obtenir du temps de glace. » Jérôme Gaudreau