L’Aleximontois Jacob Rabouin a disputé un premier match en carrière dans son patelin, ce dimanche à Shawinigan.

Poulin et Robert torturent les Cataractes

Shawinigan — Ce n’est jamais une bonne idée de provoquer une bagarre dans une cabine téléphonique si ton rival est plus puissant! Les jeunes Cataractes en ont fait la douloureuse expérience dimanche après-midi, baissant pavillon 9-4 face au Phoenix de Sherbrooke dans ce match retour du week-end des rivalités.

Le Phoenix ne se balade pas en tête du classement général par hasard, ses leaders sont très dangereux. Même s’il bénéficiait du dernier changement de trio, Daniel Renaud a néanmoins décidé d’attaquer le match force contre force. Mauvaise idée! Félix Robert a eu besoin de 10 secondes pour verser le premier sang, une scène qui allait bien représenter ce qui attendait les 2800 personnes réunies au Centre Gervais Auto.

Imaginez, le premier trio du Phoenix a récolté 18 points au cours du match. Pardon? Oui, oui, 18!

Robert et son pote Samuel Poulin ont torturé la défensive shawiniganais en amassant respectivement sept et huit points. Quand il s’est aperçu que ses meilleurs éléments n’arrivaient pas à rivaliser avec Robert-Poulin-Voyer, Renaud a tenté de s’ajuster, sans succès. Le train s’était élancé, il n’y avait plus rien pour l’arrêter.

Les Cataractes ont quand même été dans le coup durant 40 minutes, gracieuseté de leur attaque massive qui a produit trois buts. Après deux périodes, c’était l’égalité 4-4, un scénario semblable à vendredi. Lors de la confrontation initiale, le Phoenix a eu besoin de tout son petit change pour récolter les deux points à l’enjeu. Cette fois, le suspense s’est évaporé après quelques instants seulement en troisième et le Phoenix a empilé cinq buts sans réplique au cours de cet engagement où il n’y avait aucun souci à se promener dans l’enclave des locaux. «Il y a un trio qui a décidé de prendre les choses en main. C’est l’un des meilleurs trios de la ligue», faisait valoir le pilote des Cataractes, irrité de devoir expliquer pourquoi il n’avait pas plutôt choisi de tenter de le freiner avec des éléments plus défensifs. «On s’est rapidement ajusté de ce côté mais ça n’a pas plus fonctionné. La perte de Jérémy Martin au cours du match a fait mal. En défensive, sans Jordan (Lepage) on a essayé des choses, on a placé des gars dans des situations où ils ne sont pas habitués…»

Renaud a quand même relevé que son groupe avait tenu tête au Phoenix pendant cinq périodes sur une possibilité de six en fin de semaine. «Maintenant, si on aspire nous aussi à faire partie des clubs de tête, il va falloir être en mesure d’aller rechercher le momentum quand il bascule de l’autre bord. Les deux premiers buts en troisième ont fait mal. Mais dans le junior, un écart de deux buts, ça se comble. La chaîne a plutôt débarqué», se désolait-il.

Mavrik Bourque n’arrivait pas non plus à expliquer pourquoi son équipe avait perdu le nord en troisième. Auteur d’un but et deux passes, l’adolescent de 17 ans n’a pas fait grand mystère de la leçon à retenir de ces deux défaites encaissées face au Phoenix. «On a affronté une équipe qui a travaillé durant 120 minutes en fin de semaine. C’est ce qu’on doit reproduire.»

julien a haussé le ton

Dans l’autre vestiaire, Stéphane Julien était heureux de la conclusion, mais pas tellement du déroulement du match. Il a dû hausser le ton au deuxième entracte. «On avait vu un peu d’indiscipline depuis le début de la saison mais aujourd’hui, ça n’avait aucun sens. À un moment donné, j’avais Parent-Poulin-Voyer au banc des pénalités en même temps. Je ne peux pas répéter ce que j’ai dit entre la deuxième et la troisième, sauf que je peux dire qu’on s’est dit les vraies choses, ensemble. Fallait corriger le tir sinon, ça aurait pu mal tourner. J’ai évidemment aimé la réaction du groupe. C’était beau à voir en troisième!»

Julien ne cachait pas son admiration pour le travail abattu par Poulin, Voyer et Robert. «On les a réunis pour la première fois durant les séries l’an dernier. Depuis, ça marche! Robert est un travailleur infatigable, les deux autres dominent grâce à leur physique. La combinaison fait des dégâts. Elle nous donne une chance de l’emporter à chaque soir.»