Le Phœnix n’a pas baissé les bras mercredi malgré la domination du Titan lors des trois derniers matchs. À la fin, les gardien Brendan Cregan et Evan Fiztpatrick se sont mutuellement félicités.

Le Phoenix en vacances

Le Phœnix a fait preuve de résilience, mais a dû s’avouer vaincu mercredi face au Titan d’Acadie-Bathurst. Maintenant en vacances, les Sherbrookois ont remercié les 2795 partisans présents au Palais des sports pour leur appui à la suite d’une défaite de 3-2 en prolongation. Le Titan a ainsi complété son balayage pour accéder au troisième tour des séries éliminatoires.

Liam Murphy a joué les héros après un peu plus de cinq minutes de jeu en prolongation.

Lire aussi: Acculé au pied du mur

« On a tous un sentiment de fierté, admet l’entraîneur sherbrookois Stéphane Julien. C’est une déception de perdre en quatre parties au deuxième tour. Plusieurs facteurs expliquent notre élimination. Par contre, les gars ont tout donné jusqu’à la fin. C’était un match excitant pour les partisans. Le Phœnix a connu sa meilleure saison à vie, il a gagné une première ronde et les gars peuvent être très fiers de ce qu’ils ont accompli. »

Le Titan s’est présenté avec la ferme intention de mettre fin à cette série de façon expéditive. La formation de Mario Pouliot a complètement dominé les locaux, mais grâce au gardien Brendan Cregan, le Phœnix a pu regagner son vestiaire avec une égalité de 0-0 après 20 minutes de jeu.

« Brendan a tenu notre équipe dans le match en étant très solide. Il a effectué des arrêts importants en première période, ce qui nous a permis de garder un certain rythme », a noté son entraîneur.

Dès la reprise du jeu, Ethan Crossman a fait bouger les cordages derrière Cregan. Le Phœnix et son gardien en ont eu plein les bras par la suite, mais un seul but séparait les deux formations après 40 minutes.

Un spectacle signé Samuel Poulin

Les espoirs s’amenuisaient de minute en minute en troisième période jusqu’à ce que Samuel Poulin profite d’un avantage numérique pour niveler la marque.

Les arbitres ont par la suite raté une punition flagrante sur un geste d’accrochage d’Evan Fitzpatrick, ce qui a permis à Jeffrey Truchon-Viel de redonner l’avance aux siens avec seulement trois minutes à faire au match.

Mais Samuel Poulin, encore lui, a envoyé les deux équipes en prolongation en ayant le meilleur sur Fitzpatrick pour une deuxième fois lorsqu’il restait deux petites minutes à jouer.

« On ne voulait pas que ce soit la dernière partie de notre groupe actuel, a confirmé Samuel Poulin. On a poussé le match jusqu’à sa limite et on a beaucoup mieux joué ce soir. On est fiers de notre fin de parcours. Je suis émotif en voyant mon frère Nicolas quitter l’équipe puisqu’il a terminé son stage junior, tout comme Hugo Roy et Mathieu Olivier. Il ne reviendra pas l’an prochain et de le voir dans cet état, ça m’a donné les larmes aux yeux. Je suis content de mes deux buts, mais tout le monde a bien fait. Surtout Brendan. »

Notons que Samuel Poulin a disputé la dernière série avec une blessure et des bandages à l’épaule. Mathieu Olivier endurait une douleur intense aux côtes. Beaucoup d’autres joueurs du Phœnix ont dû jouer également avec des blessures, comme Nicolas Poulin, qui a regardé sa troupe en étant assis au banc des siens.

Un plan de match respecté par le Titan

Malheureusement pour les Oiseaux, le Titan a mis fin au débat, accédant ainsi au carré d’as.

Si le Titan était le favori pour gagner cette série, peu d’experts avaient prédit une victoire en quatre parties.

« On a joué selon notre identité, a avancé l’entraîneur d’Acadie-Bathurst, Mario Pouliot. Notre plan était précis et on l’a respecté. Le Phœnix est très rapide, donc on voulait mettre de la pression sur leur jeune défensive, surtout avec la perte de Luke Green. Thomas Grégoire a joué énormément et il a été exceptionnel. Le Phœnix ne pouvait pas utiliser sa vitesse grâce à notre pression et il faut avouer que nos joueurs sont aussi très rapides. »

« La différence entre ce match et les trois derniers est surtout en défensive, estime Stéphane Julien. Brendan a été excellent, notre avantage numérique aussi. Notre jeu en supériorité numérique a été ordinaire lors des trois premiers matchs. 

eilly a été très bon en première ronde et si je l’ai retiré à trois reprises lors de cette série contre son ancienne équipe, c’était pour ne pas l’embarasser et non pas parce qu’il ne faisait pas le travail. Tout le monde peut sortir d’ici la tête haute. »

Stéphane Julien dresse un portrait tout de même positif des dernières séries et se dit fier de son équipe, qui a connu la meilleure saison de l’histoire de l’organisation.

Fitzpatrick gagne son duel

Les amateurs ont eu droit à un scénario digne d’un film d’Hollywood en assistant aux retrouvailles entre le Phœnix et le gardien Evan Fitzpatrick en séries. Échangé au Titan en plein milieu de la saison contre le portier Reilly Pickard, Fitzpatrick a gagné son duel contre ses deux bons amis gardiens, mais aussi contre tous ses anciens coéquipiers.

« J’ai évidemment beaucoup d’amis dans le vestiaire du Phoenix, dit-il. Ils peuvent être fiers. Du moins, moi je suis fier d’eux. Présentement, j’ai l’impression de vivre un rêve. Notre route se poursuit avec le Titan. On a connu un peu de difficulté contre les Saguenéens de Chicoutimi au premier tour et on a ensuite battu le Phoenix en quatre. Malgré l’ajout de plusieurs membres au sein de l’équipe, nos joueurs sont proches l’un de l’autre et on peut aller loin en séries. »

« Evan a été brillant dans cette série, a confié le pilote du Titan, Mario Pouliot. Les deux gardiens ont vécu un moment spécial en affrontant leur ancienne équipe. Fitz a énormément de succès avec nous et il a prouvé qu’il peut faire le travail en série. La transaction a été bonne pour Reilly Pickard et Evan Fitzpatrick, mais aussi pour les deux équipes. »

Le Titan possède la formation pour se rendre jusqu’en finale et avait misé tous ses jetons sur la saison actuelle en échangeant ses choix au repêchage en retour de joueurs bien établis.

« On est très excités à l’idée de passer au troisième tour. Sherbrooke est revenu de l’arrière à deux reprises ce soir. On a eu droit à tout un match avec une fin spectaculaire en prolongation. Je crois que j’ai perdu ma voix tellement que j’ai crié sur la glace après le but de Murphy. C’était incroyable! » soutient Fitzpatrick.

Son ami de longue date Brendan Cregan a pris la relève de Pickard lors de ce quatrième et dernier match. 


« J’ai aimé mon expérience en séries, admet Cregan. Notre équipe a fait un travail remarquable ce soir. C’est dur d’accepter la défaite. On est très fatigués présentement. J’ai l’impression d’avoir donné une chance à mon équipe de gagner. On a joué avec un sentiment d’urgence, mais surtout avec l’énergie du désespoir. On l’a fait pour soi-même, mais aussi pour nos coéquipiers. Personne ne voulait que ça s’arrête. Les plus jeunes apprendront beaucoup de choses grâce à cette série. On a bâti quelque chose de solide pour le futur. »