Le gardien Reilly Pickard a dû affronter la puissante unité offensive de l’Armada lors de trois avantages numériques. Blainville-Boisbriand en a profité chaque fois.

La série de victoires s’arrête à neuf

BOISBRIAND — Neuf. Voilà le chiffre qu’il faudra retenir afin de se souvenir du nombre record de victoires consécutives du Phœnix. Il aura fallu un match contre l’équipe meneuse au classement, l’Armada, afin de voir cette série victorieuse être freinée.

« Ça ne nous affecte pas, mais on aurait aimé aller chercher la dixième, admet Kevin Gilbert. La partie de dimanche à Gatineau est encore plus importante. Il faudra continuer de travailler fort pour espérer demeurer devant Gatineau au classement. »

Les Sherbrookois avaient tout fait pour gagner cette fameuse dixième partie. En fait, presque tout, sauf être disciplinés. Résultat : l’Armada a profité de ses trois avantages numériques pour battre Reilly Pickard, en route vers une victoire de 4 à 3 sur sa propre patinoire.

À l’inverse, le Phœnix n’a pas su être opportuniste avec un homme en plus, ne profitant d’aucune de ses quatre attaques à cinq pour déjouer Mikhail Denisov, qui a fait face à 34 tirs contre 23 pour Pickard.

« Notre équipe garde les jeux simples en avantage numérique, ce qui fait notre force, constate Alexandre Alain, auteur d’un tour du chapeau. Le Phœnix a vraiment bien fait et toutes les équipes souhaitent battre les meneurs au classement. On le ressent. Le Phœnix était prêt, nous aussi. Il a toute une offensive et on a offert un bon spectacle. »

Du hockey de rattrapage

Sherbrooke n’a jamais eu l’avance dans ce match. Alexandre Alain a été le premier à faire bouger les cordages suivi de Nicolas Poulin. Drake Batherson a donné l’avance aux locaux avant la fin du premier tiers. Notons que l’Armada a perdu deux défenseurs en première période : Pascal Corbeil et Antoine Crête-Belzile.

Nicolas Poulin a nivelé la marque en deuxième période alors qu’il ne restait que deux secondes au tableau. Alain a par la suite compté ses deuxième et troisième buts avec un homme en plus. Même si Marek Zachar a ramené son équipe dans le match alors que Pickard était au banc des siens, le Phœnix a dû s’avouer vaincu.

« La rondelle est souvent restée devant leur filet lors de nos supériorités numériques, fait remarquer Stéphane Julien. On aurait facilement pu ajouter le but qui nous manquait, surtout en troisième. Et on a été mauvais en désavantage numérique. Mais dans l’ensemble, ce fut un bon match. Les deux équipes patinaient vite. C’était très intense. On aurait pu gagner ce match. »

Ce dernier n’a pas voulu blâmer ses joueurs pour leur indiscipline.

« Les détails ont fait la différence. Des pénalités en zone offensive ou pour avoir eu un homme en trop sur la glace, ça devient par contre coûteux. Tout comme les erreurs, entre autres celles devant Alex Barré-Boulet et Alexandre Alain. Mais ce n’est pas uniquement l’indiscipline qui a causé notre défaite. »

Kevin Gilbert soutient cependant que les mauvaises punitions ont fait la différence.

« L’Armada est dangereuse en avantage numérique. Elle compte sur de gros joueurs. Il aurait fallu éviter le banc de punition même si on ne l’a visité qu’à trois reprises seulement. On avait le momentum. On était intenses et toujours les premiers sur la rondelle. La punition pour avoir eu six joueurs sur la glace a fait mal. C’était une erreur de concentration. On aurait pu l’éviter, comme celles en zone offensive. C’est une leçon pour nous. »

« Notre équipe garde les jeux simples en avantage numérique, ce qui fait notre force », précise pour sa part Alexandre Alain.

Deux équipes satisfaites

Le pilote de l’Armada, Joël Bouchard, avait bonne mine à la suite de cette victoire. Un fait plutôt rare.

« Tout le monde a bien bataillé. Je suis fier de mes joueurs. Ils voulaient gagner et ça paraissait. Dernièrement, ce fut plus difficile d’aller chercher l’émotion durant nos parties, mais ce soir, ils ont vraiment bien fait ça. »

Et pas question pour le Phœnix de retourner à Sherbrooke la tête basse.

« On ne peut pas être déçus du résultat, souligne Stéphane Julien. On affrontait la meilleure équipe de la ligue et elle n’est pas là pour rien. Les gars se sont bien battus durant toute la partie. On a dominé la majorité du match et ça nous permet de bien nous situer. »

« Les derniers matchs nous ont permis de faire le plein de confiance et l’ambiance dans la chambre est excellente, rappelle Gilbert. Perdre 4-3 contre la meilleure équipe du circuit, ce n’est pas honteux. On continuera d’être positifs. »