Jérémy Jacques a bien fait à ses quatre premiers matchs dans la LHJMQ.

Jouer dans la NCAA : « Une question de circonstances »

SHERBROOKE — Jérémy Jacques rêvait à la NCAA. Jusqu’à ce qu’il se rende compte que le chemin pour y accéder est parfois rempli d’embûches. S’il se dit convaincu d’avoir eu les capacités pour atteindre son but, le nouveau défenseur du Phœnix de Sherbrooke admet que le contexte n’était pas favorable.

« Jouer dans la NCAA, c’est une question de circonstances. Dans mon cas, je voulais jouer au hockey, mais je ne jouais pas assez aux États-Unis. À 17 ans, j’étais encore jeune pour occuper un rôle important dans mon équipe de la USHL. Le timing était mauvais. »

S’il a visité le Palais des sports l’an dernier lors de la pause estivale, c’est non seulement parce qu’il n’avait rien à perdre, mais aussi parce que les obstacles commençaient déjà à se dresser devant lui. 

Échangé par le Steel de Chicago aux Black Hawks de Waterloo, le défenseur a ensuite subi une fracture au bras. Le hockeyeur de 17 ans s’était même déjà engagé auprès de l’Université du Nebraska-Oklahoma, membre de la division 1 dans la NCAA, mais il pensait souvent à la LHJMQ. 

« J’avais toujours ma visite du Palais des sports en tête. Je l’avais beaucoup aimée », souligne celui qui était classé au 8e rang des meilleurs espoirs admissibles au repêchage de 2017 de la LHJMQ, et ce, même s’il conseillait à toutes les organisations de ne pas « gaspiller de choix » pour lui. Moncton avait finalement osé au 23e rang. 

« J’avais un plan et il ne s’est pas passé comme je le pensais et parfois, ce n’est pas une mauvaise chose de ne pas respecter le plan et de s’adapter à la situation. Aujourd’hui, la LHJMQ était l’option idéale pour moi, mais si un jeune est bien encadré et se retrouve dans un milieu qu’il apprécie aux États-Unis, ça demeure une belle alternative. »

Un départ précipité 

À son arrivée au Palais des sports le lundi 22 octobre dernier à 7 h du matin, Jérémy Jacques a aussitôt pris place dans l’autobus, direction Abitibi, en ne connaissant pas la moitié de ses coéquipiers.

« Jocelyn Thibault m’a appelé pour me demander de jouer contre les Foreurs et les Huskies. J’étais content : jouer au hockey, c’est tout ce que je demandais. La première personne que j’ai croisée est Jaxon Bellamy, que je connaissais très bien déjà. Il m’a ensuite présenté à quelques joueurs et on s’est rendus immédiatement dans l’autobus. Tout le monde était bien occupé à préparer le départ, mais une fois rendu dans l’autobus, c’était bizarre dans les premières minutes de me retrouver dans le bus du Phœnix. »

Il faut avouer que Jacques n’a pas perdu de temps avant de célébrer grâce aux deux victoires en Abitibi.

« Le retour à Sherbrooke a été bien agréable. Disons que c’est toujours plus agréable de s’intégrer à une équipe dans un contexte de victoires. J’ai eu droit à une petite initiation, comme les autres recrues, en chantant du karaoké dans le cadre du Rookie Idole. »

Mis à part l’entraînement matinal tenu à Val-d’Or. Jérémy Jacques n’a toujours pas pratiqué avec le Phœnix. Il était d’ailleurs absent mardi matin afin de compléter des changements en ce qui concerne son milieu scolaire.

« J’ai bien aimé mes quatre premières parties. J’ai senti une progression dans mon jeu. Olivier Picard m’utilisait dans de bonnes situations. Je m’attendais à ce calibre de jeu. Le premier match au Palais des sports restera gravé dans ma mémoire. Par contre, ce n’était pas le résultat espéré contre les Voltigeurs. J’avais vu deux parties au Palais auparavant, mais c’était la première fois que je jouais dans cet amphithéâtre. L’ambiance était incroyable. Mais bon, des défaites de ce genre (6-2), ça peut arriver durant une saison de hockey. »

« Jérémy n’avait joué qu’un match cette saison dans la USHL et n’avait pas pratiqué depuis deux semaines, rappelle le directeur général Jocelyn Thibault. J’ai aimé sa mobilité, sa prise de décisions et son calme. Il a aussi grandi depuis la dernière fois que je l’ai vu jouer. À 6’3, il devient l’un de nos plus grands joueurs. Je suis convaincu qu’il aura sa place au sein du top 4 à court ou moyen terme. »