Est-ce que le Phoenix gagnera son pari en envoyant son gardien de 18 ans Evan Fitzpatrick (à gauche) devant les buts lors des séries 2016? L'expérience du gardien des Cataractes de Shawinigan Philippe Cadorette fera-t-elle la différence dans la série face au Phoenix de Sherbrooke?

En série contre les Cataractes: le jeune ou le vétéran

Deux équipes aux réalités bien différentes s'affronteront dans la série opposant les Cataractes des Shawinigan au Phoenix de Sherbrooke. Surtout devant le filet.
D'un côté, les Cataractes de Shawinigan (2e au classement général) ont transigé avant la date limite des échanges afin de pouvoir compter sur un gardien de 20 ans en Philippe Cadorette. De l'autre, le Phoenix de Sherbrooke (15e) a misé sur le jeune Evan Fitzpatrick afin de se rendre jusqu'au bout.
Il suffit de regarder leur dossier pour avoir un aperçu de la saison de leur club respectif. Pendant que Cadorette était dominant à l'image des Cataractes, Fitzpatrick se montrait peu constant, ce qui explique en partie la saison en dents de scie des Sherbrookois.
Admissible au prochain repêchage de la LNH, Fitzpatrick n'a qu'une expérience de 89 parties dans la LHJMQ, dont trois en séries éliminatoires. Pour sa part, Cadorette a gardé trois fois plus de matchs que son rival. C'est d'ailleurs avec une expérience de 60 rencontres en séries qu'il entamera les éliminatoires 2016 vendredi à Shawinigan.
Ironie du sort, plusieurs rumeurs envoyaient Cadorette à Sherbrooke cette saison alors que le vétéran évoluait encore dans la Ligue de la côte Est avec les Admirals de Norfolk. Un séjour peu fructueux pour l'ancien gardien du Drakkar de Baie-Comeau, ce qui explique son retour dans la LHJMQ.
« On a confiance en notre gardien : il fait souvent les gros arrêts, a résumé le capitaine Anthony Beauvillier après la victoire de 5 à 2 vendredi dernier. Philippe est un 20 ans dominant. On l'a amené à Shawinigan pour arrêter les rondelles et il le fait très bien. On est habitués de le voir faire son travail soir après soir. »
Celui qui disputera ses dernières séries dans le junior majeur a déjà son plan de match en tête :
« Je vais me montrer agressif en tentant d'être le plus gros possible devant mon but et en me positionnant devant la zone réservée au gardien. Tout ce que je souhaite, c'est de donner une chance à mon équipe de gagner chaque match contre le Phoenix. »
Sherbrooke semble aussi déjà savoir quoi faire pour le déjouer.
« Il faudra mettre du trafic devant lui, avance le meilleur marqueur des Oiseaux, Guillaume Gauthier. C'est l'un des meilleurs gardiens dans le circuit. Il est difficile à battre soir après soir. On fera toutefois encore du vidéo pour analyser son jeu. »
Même son de cloche du côté de l'entraîneur Stéphane Julien :
« On ne mettait pas assez de circulation devant lui lors de notre dernier match contre Shawinigan. Parce que lorsqu'il voit les rondelles, il les arrête. On devra le faire bouger davantage pour créer des chances de marquer. »
Bon sous pression
Si Evan Fitzpatrick a offert des prestations inégales en 2015-2016, il a toutefois prouvé dans le passé qu'il pouvait bien gérer la pression en levant son jeu d'un cran lors des moments importants. Comme lors du Match des meilleurs espoirs BMO présenté cette saison à Vancouver.
« Ce qui s'est passé en saison ne compte plus aujourd'hui, rappelle Fitzpatrick. C'est ce qui est bien avec le hockey. Dès qu'une partie se termine, on doit penser à la prochaine et on a la chance de se reprendre rapidement. »
Reste à voir s'il donnera raison à Jocelyn Thibault et l'ancien directeur général Patrick Charbonneau, qui ont pris un pari risqué en début de saison.
Force est d'admettre que ses coéquipiers ne l'ont pas toujours appuyé. L'indiscipline des Sherbrookois et leur difficulté en avantage numérique ont d'ailleurs nui au rendement du Phoenix dernièrement.
« Si on retrouve notre efficacité en avantage numérique et qu'on évite le banc de punition, ça aidera beaucoup. Parce qu'à forces égales, on se débrouille très bien », précise Gauthier. 
La réplique de Cadorette?
« On devra fermer le jeu dans notre zone pour freiner les gros joueurs offensifs du Phoenix », résume celui qui a déjà avoué que les gros canons sherbrookois seront à surveiller si les Cataractes souhaitent passer au deuxième tour, ce qui serait une formalité selon de nombreux experts et amateurs.