Nicolas Poulin, Mathieu Olivier et Hugo Roy tournent la page sur leur carrière dans le hockey junior. De nouveaux défis les attendent chez les professionnels ou dans le circuit universitaire.

Des leaders au cœur gros comme le Palais

Ils étaient les leaders du Phœnix. La locomotive de l’équipe. Le cœur de la formation. Les trois joueurs de 20 ans Hugo Roy, Nicolas Poulin et Mathieu Olivier ont disputé leur dernier match dans la LHJMQ mercredi. Et c’est avec le cœur gros comme le Palais des sports qu’ils ont tourné la dernière page de cette aventure.

À entendre tous les membres du Phœnix, l’organisation n’avait jamais misé sur un groupe aussi soudé que celui de cette année. Roy, Poulin et Olivier faisaient partie des maillons forts de la chaîne. Bref, si le Phœnix a réussi à connaître la meilleure saison de sa jeune histoire et gagner une première ronde de séries, c’est entre autres grâce à eux.

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Derrière chacun de ces trois joueurs se cache une histoire. Celle du capitaine Hugo Roy est particulière.

L’exemple à suivre

Échangé par le Drakkar de Baie-Comeau, Hugo Roy constituait un élément secondaire dans cette transaction effectuée par le DG Patrick Charbonneau, amenant Alexis Vanier à Sherbrooke contre Simon Desbiens. Trois ans plus tard, il a finalement conclu son séjour avec le Phœnix avec une fiche de 130 points en 216 parties.

« Mon parcours peut inspirer d’autres joueurs, comme les plus jeunes de l’organisation qui visent une place au sein de l’équipe l’an prochain, a confié l’attaquant de Cookshire-Eaton après la défaite de 3-2 en prolongation contre le Titan d’Acadie-Bathurst, menant à l’élimination en quatre matchs de son équipe. J’ai commencé mon junior AAA à 17 ans avec les Cougars de Champlain. J’ai travaillé le plus fort que je pouvais, surtout l’été, et j’ai eu ma chance. Quand je regarde des gars comme Nathaël Roy, qui se trouve dans la même situation que moi auparavant, je me dis que je dois être une source de motivation pour eux. Il ne doit pas lâcher et les autres non plus. »

Ce dernier sera éternellement reconnaissant d’avoir obtenu la confiance de ses coéquipiers, entraîneurs et directeurs généraux. Ce qui lui a permis de devenir capitaine. L’entraîneur Stéphane Julien le répétait souvent. S’il y avait un exemple à suivre, c’était celui de Roy.

Le capitaine s’est dit déçu de la tournure des événements contre le Titan, mais fier de son équipe.

« C’est décevant. On veut toujours en faire plus. J’ai passé trois ans avec le Phœnix. Il m’a donné la chance d’évoluer dans la LHJMQ. Il m’a fait confiance en me nommant capitaine. J’ai pu jouer devant parents et amis durant tout mon junior et je ne pouvais pas demander mieux que ça », a souligné celui qui avait promis de remplir sa mission, celle de gagner au moins une ronde de séries avant son départ vers l’Université Concordia en attendant un contrat chez les professionnels.

Une bougie d’allumage contre un 2e choix

On pourra classer la transaction de Mathieu Olivier comme l’une des meilleures du directeur général Jocelyn Thibault. Échangé contre un choix de 2e ronde, Mathieu Olivier a quitté les Cataractes de Shawinigan, équipe en pleine reconstruction, afin de jouer un rôle majeur à Sherbrooke.

Olivier aura disputé 300 matchs en saison et exactement 50 parties de séries pour un total de 350. Il a profité de sa dernière année pour doubler sa meilleure production en obtenant 49 points, sans parler des 90 minutes de punition liées à son rôle de protecteur.

« Le hockey pour moi n’est pas fini grâce à l’offre que j’ai reçue des Admirals de Milwaukee dans la Ligue américaine, confie celui qui appartient aux Predators de Nashville. Mais dans mon état, ce sera difficile de rejoindre l’équipe immédiatement. Je pourrai continuer mon rêve chez les professionnels. Ça frappe fort par contre ce soir. J’ai pleuré toutes mes larmes lorsque le Titan a marqué pour nous éliminer. »

L’attaquant de 20 ans a terminé son hockey junior comme il l’a commencé à Moncton : en guerrier.

« Je pensais avoir des côtes cassées, mais finalement il n’y a pas de fracture. C’est plutôt une grosse contusion qui s’approche de la fracture. Je ressens une pression sur les poumons donc mon souffle était restreint. C’est ça le hockey de séries. J’ai été formé comme ça et mes mentors m’ont permis de devenir ce genre de joueurs. »

« Je n’aurais pas pu jouer la deuxième partie de la série contre le Titan, mais j’ai tout tenté, poursuit-il. On m’a obligé de rester dans les gradins et c’était la bonne décision. Je voulais aider mes coéquipiers à revenir de l’arrière dans cette série et c’est la raison pour laquelle je suis revenu plus rapidement. »

À la suite de sa défaite de mercredi, Olivier gardait un goût amer de cet affrontement contre Acadie-Bathurst.

« On s’est battus jusqu’à la fin. Le Titan a du talent. Sur papier, c’est la meilleure équipe de la LHJMQ avec l’Armada de Blainville-Boisbriand. On n’a pas pu lever notre niveau de compétition aussi haut que celui du Titan. Personnellement, je ne suis pas content d’avoir perdu en quatre. Mais je dois regarder le portrait global de mon expérience dans la LHJMQ et pas seulement le résultat de cette série », souligne celui qui faisait régner le respect aux quatre coins de la LHJMQ depuis cinq ans.

Une fin crève-cœur pour Nicolas Poulin

Lors du deuxième repêchage de l’histoire du Phœnix, Nicolas Poulin est devenu un choix de 5e ronde. S’il n’avait jamais montré son intérêt pour le circuit américain, il aurait bien sûr été repêché plus tôt. Mais le hasard a fait en sorte qu’il s’est retrouvé à Sherbrooke, là où il a amassé 130 points en 214 matchs de saison et 10 points en 22 rencontres éliminatoires.

« Je ne peux pas dire que c’était le match le plus facile pour moi ce soir. Honnêtement, j’espérais pouvoir jouer cette partie et je pensais y arriver. On a gelé ma blessure, on a mis de la glace, on a mis du bandage. On a tout fait ce qu’il était possible de faire. C’est triste de voir que je n’ai pas pu disputer ma dernière partie dans le junior. J’aurais aimé terminer ma carrière autrement. Je tenais par contre à rester sur le banc avec mes coéquipiers. Ça voulait dire beaucoup pour moi! »

Blessé plus souvent qu’à son tour, Nicolas Poulin laisse derrière lui son frère cadet afin de poursuivre sa carrière et ses études à l’Université McGill.

« On a laissé beaucoup d’énergie dans la série de sept matchs contre les Huskies. Ça se voyait. On a travaillé fort contre Rouyn pour passer en deuxième ronde. Mais les pointages n’étaient pas représentatifs lors de ce deuxième tour. C’est spécial ce soir. Je vais retenir surtout notre dernière saison lorsque je penserai à mon hockey junior. Mes quatre dernières années n’ont pas toujours été réjouissantes à cause des insuccès de l’équipe et des blessures. Cette fois, c’était magique de passer la première ronde et d’accéder au deuxième tour avec notre groupe de gars, et surtout, avec Sam », a conclu Poulin, tout en ayant certainement une pensée pour ses deux bons amis et coéquipiers d’autrefois, Mikaël Sabourin et Vincent Deslauriers.

Les chemins se séparent pour les frères Poulin

L’une des bonnes nouvelles de la saison 2017-2018 du Phœnix est certainement la progression de la recrue Samuel Poulin, qui a terminé les séries éliminatoires au premier rang des buteurs de son équipe grâce à ses cinq buts. Malgré ses deux filets lors du dernier match des séries, Samuel Poulin a vu sa première saison prendre fin : les chemins se séparent donc pour lui et son frère aîné Nicolas.

« J’ai vécu une année mémorable avec mon frère. C’est difficile de partir d’ici même si je le fais la tête haute. C’est probablement la dernière fois que je jouais avec Sam. Ça me rend très triste et je vais me souvenir de tous ces moments pour le restant de mes jours », a confié l’aîné, Nicolas.

Nicolas Poulin ne semble d’ailleurs pas du tout inquiet pour l’avenir de son frère. « La saison a mal commencé pour lui, mais tout roule pour lui ces temps-ci. De savoir que j’ai pu contribuer à ça, c’est incroyable. Ça me soulage de le voir être rendu là et il peut voler de ses propres ailes. Je peux partir en paix. Il est prêt pour ce qui l’attend. »

« C’était la seule année que nous pouvions jouer ensemble. J’étais très émotif. J’aurais voulu aller chercher une victoire ce soir parce que les joueurs de 20 ans ont toujours été là pour nous », a souligné Samuel Poulin.

Tous les recruteurs du Phœnix ont obtenu une prolongation de contrat de deux ans. Les actionnaires se rencontreront prochainement afin de discuter cette fois du contrat des entraîneurs Stéphane Julien et Pascal Rhéaume. Or, Brad MacCharles a déjà annoncé qu’il ne devrait pas être présent la saison prochaine afin d’aider les gardiens de but.

Il s’agissait probablement mercredi du dernier match de Marek Zachar (96 points en 125 matchs) à Sherbrooke, puisqu’il est plutôt rare de voir des joueurs européens évoluer dans la LHJMQ à l’âge de 20 ans. Les amateurs risquent également d’avoir vu pour une dernière fois Kolby Johnson et Quinn Hanna avec le Phœnix.