Le Phoenix a dirigé 36 tirs vers le gardien des Tigres James Povall au cours de ce match riche en émotions et en rebondissements.

Comme à Hollywood

Cette histoire est probablement l'une des plus belles de la courte existence du Phoenix. Tirant de l'arrière par deux buts avec une seule minute à jouer dans la partie, le Phoenix a nivelé la marque pour ensuite voir Yaroslav Alexeyev clore le débat en prolongation, et ce, quelques jours après le décès de son père.
Le joueur russe avait quitté l'équipe dans le but de rejoindre sa famille en Russie et à son retour à Sherbrooke, Alexeyev a joué les héros en offrant deux précieux points à son équipe, qui en avait grandement besoin.
« Yaro est revenu de la Russie tard mardi soir, explique l'entraîneur Stéphane Julien à la suite de ce gain de 6 à 5 contre les Tigres de Victoriaville. Pour avoir joué longtemps en Europe, je sais que ce n'est vraiment pas évident quand on vit un triste événement et que l'on se trouve à des milliers de kilomètres de nos proches. Malgré le deuil, il a réagi comme un professionnel ce soir. »
Après son but, le Russe a pointé vers les hauteurs du Palais des sports et tous ses coéquipiers l'ont rejoint avec autant d'émotions sur leur visage.
« C'était un super match pour nous, admet Alexeyev. Quand j'ai marqué, j'ai regardé vers le ciel et j'ai pensé à mon père. Je suis très content. »
« Lorsque j'ai vu Yaro sur la glace avec moi en prolongation, j'avoue que j'ai pensé à lui, confie le capitaine Hugo Roy, auteur de deux buts. Je me suis dit que s'il marquait, ce serait la plus belle chose qui pouvait lui arriver. Avec ce qu'il a vécu, c'est vraiment spécial. Le destin fait bien les choses. On aurait dit un scénario de film un peu trop poussé. »
« C'était vraiment spécial de le voir marquer, ajoute de son côté Cody Donaghey, qui a amorcé l'élan offensif du Phoenix en toute fin de rencontre grâce à un but en avantage numérique. Tout le monde a fait preuve de caractère et le but de Yaroslav était la cerise sur le sundae. Il a été motivé par son père et on est tellement heureux pour lui. Il semblait très ému. »
Un point tournant
Nicolas Roy a été le premier à déjouer James Povall. La réplique des Tigres est venue d'Austin Eastman au milieu de la première période et Jason Imbeault a redonné au Phoenix une avance d'un but.
Au second tiers, Eastman en a rajouté, mais Hugo Roy a compté le premier de ses deux buts pour ensuite voir Maxime Comtois niveler la marque.
Les Oiseaux disputaient un bon match jusqu'à ce que Luke Green, Johnatan Legault et Julien Bahl fassent preuve d'indiscipline.
Bradley Lalonde en a profité pour amener le pointage à 4-3 en faveur des Tigres. Le but d'Alexandre Goulet aurait finalement pu scier les jambes des Sherbrookois.
Or, Donaghey en a profité pour réaliser son premier filet dans l'uniforme bleu et crème. Et alors qu'il ne restait que six secondes à jouer, Hugo Roy a forcé la tenue de la prolongation. On connaît la suite.
« C'est le genre de match que notre club avait besoin pour bien terminer la saison, observe Stéphane Julien. Les deux points seront très utiles. Ça nous donnera beaucoup de motivation et de confiance. »
« On affrontait un adversaire coriace, renchérit Hugo Roy. Les deux points étaient difficiles à aller chercher et il y avait beaucoup d'émotions ce soir. Cette partie peut nous donner un bel élan et devenir le point tournant de notre fin de saison. On a marqué six buts et on avait besoin de ce genre de match pour sortir de notre léthargie offensive. »
« On dirait que l'histoire était déjà écrite d'avance, résume Donaghey. Tout cela peut avoir un effet monstre sur notre équipe. Battre les Tigres de cette façon, c'est très motivant et ça prouve que notre club peut surprendre les meilleures équipes de la ligue. »
Evan Fitzpatrick a bloqué 28 tirs dans cette victoire permettant aux Oiseaux d'occuper le 16e rang, le dernier offrant une participation en séries.