Evan MacKinnon et le Phoenix de Sherbrooke ont pu célébrer lors du match ultime disputé mardi à Rouyn-Noranda.

Après les Huskies, le Titan

Le Phœnix peut dire mission accomplie. Stéphane Julien et sa troupe ont vaincu les Huskies de Rouyn-Noranda par la marque de 3-1 lors du match ultime mardi à l’aréna Iamgold et passent ainsi au deuxième tour des séries, du jamais vu depuis le retour du hockey junior en Estrie.

Le défi était énorme : gagner les deux derniers matchs de la série contre les Huskies, dont la septième et ultime partie à Rouyn-Noranda. Et c’est avec des cris de joie et de fierté que les Sherbrookois ont quitté l’Abitibi, déjà prêts à reprendre la route vers Bathurst pour y affronter le Titan et un gardien qu’ils connaissent très bien : Evan Fitzpatrick.

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« Je suis très fier de mes joueurs, a lancé Julien. C’est un travail d’équipe. Plusieurs personnes ont travaillé fort afin d’atteindre enfin la deuxième ronde des séries, tant au deuxième étage que sur la glace. Ce soir, les gars voulaient vraiment aller chercher la victoire et c’est arrivé. Les partisans ont été bruyants, mais on a pris les devants et soudainement, on n’entendait plus la foule. Atteindre le deuxième tour est une belle réalisation pour l’organisation. On peut mettre ça derrière nous maintenant et créer un peu plus d’histoire dans la courte existence du Phœnix. »

S’il y a quelqu’un qui sait tout ce qui se cache derrière cet exploit, c’est bien le directeur général et copropriétaire Jocelyn Thibault :

« On ne le réalise pas encore, parce que notre équipe veut déjà gagner la deuxième ronde. On a atteint un objectif, mais on a un nouveau but déjà. On a établi un plan de match il y a longtemps pour que le Phœnix devienne une équipe élite. Je donne beaucoup de crédit à Stéphane Julien, nos recruteurs et nos joueurs. On a pris des décisions audacieuses dans le passé pour rebâtir notre vestiaire et le cœur de l’équipe. On a du caractère et on l’a vu en fin de saison et lors de la première ronde. Maintenant, nos rêves n’ont plus de limite et tout peut arriver. »

Harvey bombardé

Les Huskies ont pris les devants en première période à la suite d’un tir de punition offert à Tommy Beaudoin, qui a déjoué Reilly Pickard grâce à une magnifique feinte.

La réplique est venue de l’attaquant Evan MacKinnon en deuxième période. Ce dernier a accepté une passe parfaite de Nicolas Roy lors d’une attaque à deux contre un.

Félix Robert a marqué le but gagnant peu après et Nicolas Poulin a semé la consternation à l’aréna Iamgold en logeant la rondelle dans une cage laissée presque déserte par Samuel Harvey, qui a bloqué 41 tirs.

« C’est l’un des plus importants buts de ma carrière, a confié Robert. Le sentiment est incroyable. Ça fait du bien. »

« On peut être fiers de nous, a affirmé MacKinnon. J’ai marqué au bon moment et tout le monde est tellement heureux. C’est loin d’être terminé. »

L’euphorie

Même s’il était possible de sentir toute l’euphorie dans l’autobus lors du chemin du retour vers Sherbrooke durant la nuit de mardi à mercredi, les joueurs du Phœnix se retenaient pour ne pas trop célébrer, sachant que le chemin se poursuit dès vendredi. Ce sera d’ailleurs une formule 2-2-1-1-1. Les premiers matchs à Sherbrooke seront mardi et mercredi.

« Pour la première fois, on passe en deuxième ronde et on mise sur une équipe dont la chimie est parfaite, ce qui n’a pas toujours été le cas dans le passé, a indiqué le vétéran Kevin Gilbert. Je crois sincèrement que notre édition est la meilleure de l’histoire du Phœnix, surtout grâce à cette chimie. On travaillera fort en misant sur nos forces pour battre le Titan maintenant. Le sentiment est incroyable. C’est un beau moment pour nous. »

Ce qu’ils ont dit

Nicolas Roy, attaquant du Phoenix
«Je crois avoir disputé ma meilleure partie de la série. J’ai mérité mon temps de glace. Ça fait du bien d’avoir réalisé un beau jeu et d’éliminer les Huskies. Maintenant, on connait bien le gardien qui se retrouvera sur notre chemin. On tentera d’exploiter les faiblesses de Fitzpatrick. On est excités à l’idée de passer au deuxième tour. Je suis fier de ma gang.»
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Reilly Pickard, gardien du Phoenix
«C’est tellement bien tout ce qui arrive à l’organisation. Certains ont joué avec des blessures et tout le monde a fait face à la musique. Je serai de retour à Bathurst, mais ce ne sera pas une série Pickard contre Titan. Ce sera la deuxième meilleure équipe du circuit contre la dixième. On arrivera là-bas sans pression. Il n’y aura aucune haine entre mon ancien club et moi, ce sera juste excitant.»
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Thomas Grégoire, défenseur du Phoenix
«Tout le travail remonte jusqu’au premier match de la saison 2012-2013. Tout a été bâti depuis le premier jour. On peut s’en réjouir.»
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Nicolas Poulin, attaquant du Phoenix
«Ce n’est pas que l’affaire de 24 joueurs. Tout le monde a contribué à cette victoire au premier tour. Je n’ai jamais vu une équipe aussi sur la coche à l’extérieur de la patinoire et sur la glace que la nôtre depuis mon arrivée il y a quatre ans.»
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Mathieu Olivier, attaquant du Phoenix
«Il y avait un peu de nervosité, mais on s’est montrés patients et notre focus sur la septième partie a été maintenu. C’est probablement la série la plus en montagne-russe que j’ai vécue. C’est tellement difficile de gagner à Rouyn et on savoure tout ça.»
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Samuel Harvey, gardien des Huskies
«C’est dommage. On avait de plus grandes ambitions. Cette série nous laisse un goût amer. Surtout avec les événements de dimanche à la fin du match 6. Ce soir, j’aurais voulu arrêter le tir sur le troisième but. On va toutefois penser à l’épisode du coup de bâton durant tout l’été.»
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Gilles Bouchard, entraîneur des Huskies
«On s’attendait à un meilleur match de notre part. On a manqué d’énergie. Certains joueurs étaient maganés. Sherbrooke est la meilleure équipe depuis les Fêtes, et ce, grâce à sa vitesse. C’est cette même vitesse qui a battu notre club durant la série. Je ne veux pas mettre l’accent sur l’avantage numérique que nous aurions dû avoir au match 6 à Sherbrooke en prolongation. Le destin a décidé que nous allions perdre. On a été battus par une équipe meilleure que nous.»
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Hugo Roy, capitaine du Phoenix
«C’est un beau moment pour nous. L’organisation attend ça depuis six ans. En tant que capitaine, je m’étais donné comme mission de permettre au Phoenix de gagner une ronde. J’y suis parvenu.»
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Pascal Rhéaume, assistant-entraîneur du Phoenix
«Le mot sacrifice résume bien notre série. On a dominé notre adversaire. Les vétérans ont bien préparé les plus jeunes. Gagner ici, ce fut toujours difficile. Dans la tête de plusieurs, les Huskies allaient nous battre. Mais notre caractère et l’expérience de certains joueurs nous mènent en deuxième ronde.»