Pendant que le gardien du Titan Evan Fitzpatrick se montrait parfait sur 23 tirs, Reilly Pickard concédait quatre buts sur 28 lancers.

Acculé au pied du mur

Autre amphithéâtre, même résultat. Les 3241 partisans venus appuyer le Phœnix mardi soir n’ont rien eu à se mettre sous la dent : le Titan a servi le même traitement à leurs favoris en l’emportant cette fois par la marque de 5-0.

Les Sherbrookois se retrouvent dans les câbles et tenteront d’éviter le balayage mercredi lors du quatrième et peut-être dernier match de cette série de deuxième tour dans la LHJMQ.

« On a essayé, mais à un certain moment, on s’est retrouvés à la limite de ce que les joueurs peuvent donner comme énergie, a expliqué Stéphane Julien, entraîneur du Phœnix. Une certaine fatigue mentale s’est installée mais ce n’est pas une raison de lâcher. Il y a trop de choses qui peuvent arriver dans le monde du hockey. Ça ne prend qu’une étincelle pour changer le momentum. »

Si le Titan n’a fait bouger le filet de Reilly Pickard qu’à une occasion en première période grâce à Jeffrey Truchon-Viel, la formation d’Acadie-Bathurst a explosé en deuxième période en comptant trois buts, l’œuvre de Mitchell Balmas, Marc-André LeCouffe et German Rubtsov en désavantage numérique.

Alors que le Phœnix envoyait Brendan Cregan devant le filet afin de remplacer Pickard en troisième période, Evan Fitzpatrick se montrait parfait tout au long du match. Rubtsov a ajouté un cinquième but pour ainsi confirmer la victoire du Titan.

« Lorsqu’on a sorti Reilly du match, c’était pour éviter l’humiliation et une fois arrivé à un certain point, on doit faire des changements, explique Julien. Avec Brendan Cregan devant le filet, est-ce que le pointage aurait été pareil? Probablement. »

Trouver l’énigme

Le Phœnix devra puiser dans sa réserve d’énergie pour espérer faire mieux mercredi soir au Palais des sports.

« Ça paraît qu’ils ont eu trois jours de plus pour se reposer, a confié Stéphane Julien. Physiquement, je vois qu’ils sont plus forts. On perd beaucoup de batailles à un contre un. C’est une question de caractère maintenant. Pour battre le Titan, on doit être à cent pour cent dans tous les aspects. »

Et le Phœnix est justement loin d’être parfait dans toutes les facettes du jeu.

« On doit aller davantage au filet afin de voiler la vue d’Evan Fitzpatrick et il faut le déranger, ce que personne n’a fait lors des trois premiers matchs », a affirmé Marek Zachar, qui s’est fait voler un but à plus d’une occasion.

Pendant ce temps, le Titan est fier de la façon dont il s’est présenté à Sherbrooke.

« Ce soir, on était affamés et on possédait souvent la rondelle, observe le pilote de Bathurst, Mario Pouliot. On a pourchassé le Phœnix lorsqu’il était profondément dans sa zone. On l’a forcé à effectuer des jeux sous pression. On se dirige dans la bonne direction. On voulait jouer un match complet de 60 minutes et on a utilisé notre rapidité. Notre désavantage numérique était très bon et Fitz a fait un gros arrêt en première période. On a dû écouler deux punitions de quatre minutes et on est allé chercher notre momentum de cette façon. »

Reilly Pickard se disait déçu de la tournure des événements, mais il refuse de jeter la faute sur l’attaque anémique du Phœnix.

« Ce n’est pas la faute des joueurs, dit-il. Ça doit commencer avec moi et finir avec moi. Je dois faire les arrêts. Je savais que le Titan allait nous dominer durant quelques séquences et je dois bloquer la rondelle au bon moment pour permettre à mon équipe de rester dans la partie. Je n’ai pas fait ça ce soir. »

Le Phœnix a rendu hommage aux Broncos de Humboldt mardi soir. Une minute de silence a été respectée par les deux équipes et les amateurs avant le match. Les joueurs du Phœnix affichaient aussi un collant des Broncos sur leur casque.   —

Fitzpatrick relève le défi

Evan Fitzpatrick espérait revenir à Sherbrooke par la grande porte et il y est parvenu mardi soir en blanchissant le Phœnix. De son côté, Reilly Pickard tente de repousser la redoutable attaque du Titan, mais en vain.

« On joue contre la meilleure équipe du circuit selon moi, rappelle Pickard. Le Titan mise sur trois défenseurs qui se retrouvent dans le top cinq des meilleurs défenseurs de la LHJMQ, quatre trios solides et un bon gardien. On savait qu’il fallait offrir du hockey parfait et ce n’est pas le cas présentement. La bonne nouvelle est que ça prend quatre victoires pour gagner une série et le Titan en a trois. Demain est un autre jour. »

« Je suis très heureux de mon retour à Sherbrooke, admet l’ancien portier du Phœnix, Evan Fitzpatrick. J’ai dû me signaler dès le départ, ce qui m’a mis dans le match. Mes coéquipiers jouent du hockey inspiré. L’entraîneur nous demandait de jouer durant les 60 minutes de jeu et c’est que nous avons fait. On veut être meilleurs de jour en jour. On avait raté les éliminatoires l’an dernier et cette fois, c’est spécial de me retrouver ici, mais je me concentre surtout sur la tâche à accomplir. »

Le Phœnix refuse toutefois d’abandonner.

« Mon message au joueur est qu’il faut sortir la tête haute et revenir fort demain, soutient Stéphane Julien. Le vouloir est là. On pousse les joueurs à la limite. Ils affrontent une équipe arrivée à maturité. On ne s’avouera pas vaincus, et ce, jusqu’à la fin. »

Mais qu’est-ce que le Phœnix devra faire pour gagner ce match sans lendemain?

« Je veux voir du hockey inspiré de la part de mes joueurs, clame Julien. Il est important de se défendre jusqu’à la fin. Si notre équipe commence le match en force en laissant de côté les jeux individuels, on espère pouvoir aller chercher une victoire devant nos partisans. »

« On manque de hargne, révèle Pickard. Le Titan est toujours devant moi et crée des revirements. Ça fait trois matchs que Fitzpatrick n’est pas dérangé. Il a fait de bons arrêts par contre. On n’a pas marqué et si je fais plus d’arrêts, le pointage est plus serré et c’est plus motivant pour mes coéquipiers. »

Un choix crucial

La question que tous se posent : qui sera le gardien partant mercredi chez le Phœnix?

« Je n’ai pas terminé le match à trois reprises dans cette série. Si l’entraîneur opte pour Brendan demain, ce sera Brendan. Si c’est moi, je vais jouer dès que la rondelle rebondira sur la glace, c’est tout », résume Pickard.

« Montrer la porte de sortie à Pickard est évidemment notre but à chaque rencontre, estime Antoine Morand. Peu importe qui est le gardien, on se concentre sur notre style de jeu sans faire de fixation sur notre ancien coéquipier. Le jeu blanc doit être spécial pour Fitzpatrick. Il a tellement de caractère. Quand il est arrivé à Bathurst, il souhaitait faire la différence et je suis heureux de voir ce qui lui arrive. »

« Il y a encore de l’espoir, confirme le capitaine Hugo Roy. On mise cette saison sur un groupe tissé très serré. Ce n’est pas terminé. On a bien l’intention de rebondir. On n’a pas aidé notre gardien encore ce soir et Reilly n’a rien à se reprocher. Dans le monde du hockey, on a déjà vu une équipe revenir de l’arrière après avoir perdu les trois premiers matchs. Il faut y croire. »