Accompagné du président Denis Bourque, le directeur général du Phœnix, Jocelyn Thibault, a dressé un portrait positif de la dernière saison.

« On n’est plus une équipe d’expansion »

L’étiquette « d’équipe d’expansion » ne peut plus être appliquée au Phœnix. Après avoir atteint son objectif de gagner une première ronde à sa 6e saison, l’équipe peut désormais aspirer aux grands honneurs dans un avenir rapproché selon le directeur général Jocelyn Thibault.

« On forme maintenant une équipe normale comme les 17 autres : une équipe qui peut aspirer à de grandes choses et c’est ce qui me rend fier aujourd’hui, a lancé Thibault lors du point de presse de mercredi servant de bilan de saison. J’aime beaucoup la direction que nous avons prise récemment. Il fallait bien faire les choses dans tous les aspects. J’ai pris des décisions difficiles cette saison, mais toujours dans l’intérêt de l’équipe. Personne ne sera plus important que le Phœnix. Que ce soit moi, un entraîneur, un membre du personnel ou un joueur. Depuis les deux dernières années, cette mentalité m’a guidé dans mes décisions. »

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Les transactions d’Anderson MacDonald et d’Evan Fitzpatrick demeurent certainement l’un des faits saillants de la saison. Et même avant, le Phœnix avait déjà commencé à rebâtir son identité.

« Il fallait repartir sur des bases plus solides en ce qui concerne notre éthique de travail sur la glace, lors des entraînements ou dans le vestiaire. On avait un grand défi à relever. Cette mission était très importante. En fait, c’était une question de survie pour notre organisation. On a entamé ce parcours avec Stéphane Julien il y a environ deux ans et aujourd’hui, on n’est plus une équipe d’expansion », estime le DG.

« La saison dernière, on recommençait presque à zéro avec beaucoup de nouveau, renchérit aussitôt Jocelyn Thibault. Je souhaitais passer à travers ce virage en n’oubliant pas nos amateurs et en gagnant notre part de matchs afin de développer nos jeunes dans un environnement gagnant et nos leaders ont eu leur mot à dire là-dedans. Nos vétérans ont effectué un travail exceptionnel avec nos jeunes. »

C’est entre autres ce qui a permis au Phœnix de terminer la saison en beauté après un début plus difficile et de vaincre les Huskies de Rouyn-Noranda en séries. Un accomplissement qui aurait pu sembler irréaliste il n’y a pas si longtemps.

« On a failli ne pas atteindre notre objectif, rappelle Thibault. Il aura fallu un septième match afin d’atteindre le deuxième tour des séries. On avait besoin de ça. Nos partisans et nos joueurs aussi. On a dépensé beaucoup d’énergie lors de cette série contre les Huskies. Finalement, on est arrivés de Rouyn-Noranda aux petites heures du matin. En fait, on est arrivés le matin! Tous les joueurs ont sorti leur poche et ils ont dû la remettre aussitôt dans l’autobus afin de prendre la direction de Bathurst. On a eu à peine le temps de changer de linge. Contre le Titan, on semblait donc encore un peu étourdis à la suite de notre première série et je crois que nos joueurs apprendront de cette expérience. Ça fait partie du processus. »

« Bref, on a connu une saison incroyable dans presque tous les aspects », résume le président Denis Bourque.

Peu de transactions

Même s’il y aura beaucoup de changements au sein de l’alignement, il ne faut pas s’attendre à une pluie de transactions lors des prochains mois.

« Je ne crois pas beaucoup aux transactions, admet Jocelyn Thibault. J’ai un immense respect pour des équipes comme les Huskies de Rouyn-Noranda et les Mooseheads d’Halifax. Elles repêchent toujours bien et possèdent une belle culture et une belle identité. Elles sont constantes. Je crois qu’une organisation peut effectuer des transactions pour compléter l’équipe, mais le noyau demeure nos joueurs repêchés. Pour nous, c’est important de miser sur nos jeunes et de les développer. »

Encore une fois, le Phœnix promet d’être reconnu pour sa vitesse et son travail acharné.

« C’est ça, notre identité. Je devrai aussi ajouter un peu de poids à notre équipe afin de rivaliser contre les formations plus fortes physiquement. On souhaitait également améliorer notre défensive cette saison tout en étant un club intéressant à voir jouer offensivement. On y est parvenus, je crois », avance le directeur général.

Le prochain objectif

Sans nécessairement donner de dates précises, le Phœnix espère certainement atteindre son apogée dans deux ou trois ans tout en étant très redoutable d’ici là.

« On a eu la chance de repêcher Samuel Poulin. C’est un privilège pour l’organisation. On doit prendre le temps de bien analyser l’équipe et bien la bâtir autour d’un joueur de ce calibre, et ce, sans lui appliquer de pression supplémentaire. Son arrivée au sein de l’équipe m’a motivé à ajouter des joueurs comme Jaxon Bellamy, âgé de 16 ans aussi. C’est en ajoutant des joueurs nés en 2000, 2001 et bientôt 2002 que nous allons pouvoir connaître du succès à la fin de notre cycle », termine Thibault.

Pas de profit chez le Phoenix

Le président Denis Bourque a avoué lors du point de presse que le Phœnix n’était pas profitable depuis son arrivée dans la LHJMQ,

« On ne fait pas tout cela pour l’argent. On le fait par passion et afin de nous impliquer dans la communauté tout en espérant développer de bons jeunes. On vise les séries chaque année afin d’attirer un maximum de spectateurs au Palais des sports. On n’a pas encore fait notre bilan financier de la saison. Est-ce que c’est meilleur ou pire que la saison dernière? Je ne le sais pas. On a tout de même attiré 15 000 spectateurs de plus que l’an dernier entre autres grâce à nos cinq parties en séries à domicile. On a certainement amélioré notre situation, sans dire qu’elle était mauvaise. Chose certaine, Sherbrooke est Phœnix et on le sent plus que jamais. »

Le joueur défensif  de l’année, Thomas Grégoire (centre de la photo), le joueur offensif de l’année, Nicolas Poulin (à droite), le joueur le plus utile, Mathieu Olivier (à gauche), et le coup de cœur de l’année, Mathieu Olivier.

Rôle de capitaine : Samuel Poulin attendra

Si le Phœnix bâtit autour de Samuel Poulin, ce dernier devra patienter avant d’arborer le C sur son chandail. Le candidat qui partira avec une longueur d’avance afin de devenir le prochain capitaine? Thomas Grégoire.

Âgé de 20 ans l’an prochain, le défenseur Sherbrookois pourrait faire le saut chez les professionnels la saison s’il obtient un contrat. Mais si Grégoire est de retour, il pourrait disputer une dernière saison dans la LHJMQ à titre de capitaine de l’équipe.

« Je souhaite que Thomas Grégoire se taille une place chez les professionnels, mais s’il revient, il aura certainement un rôle de leader important à jouer », a confié le directeur général Jocelyn Thibault.

« Pour plusieurs raisons, ce ne serait pas une bonne idée d’offrir le poste de capitaine à Samuel l’an prochain, observe l’entraîneur Stéphane Julien. Il pourrait très bien remplir ce rôle. Mais je ne souhaite pas lui donner ce mandat à son année d’admissibilité au repêchage de la LNH. Ça demande beaucoup d’énergie. Je suis certain qu’il deviendra capitaine dans le futur. Or, je n’ai pas pris ma décision finale. »

Julien admet que Grégoire part avec une longueur d’avance :

« Il assume déjà un rôle important et il le faisait même avant la dernière saison. Des joueurs comme Benjamin Tardif et Olivier Crête-Belzile sont aussi très respectés au sein de l’équipe. Ils ont le potentiel d’intégrer le groupe de leaders. »