Vincent et Julien Anctil ne multiplient pas les présences sur la patinoire, mais attirent quand même l’attention des recruteurs en ce début de saison.

Phoenix : les Anctil éveillent la curiosité des recruteurs

SHERBROOKE — Même s’ils n’ont pas le temps de jeu d’un Shea Weber, les jumeaux Anctil tentent de profiter de chaque occasion pour se faire valoir. En ce début de saison, les frères Julien et Vincent attirent l’attention des recruteurs, curieux de voir ce que peuvent faire ces deux anciens de la LHPS repêchés en troisième ronde cet été par le Phœnix de Sherbrooke.

Leur entraîneur Stéphane Julien l’avoue : après un départ difficile, Vincent et Julien Anctil connaissent une belle progression, et ce, même si cette évolution ne se transcrit pas nécessairement en une récolte de points exceptionnelle.

« Vincent et Julien partent de loin, admet Stéphane Julien. La marche est haute entre la LHJMQ et la LHPS. Ils ont l’avantage d’avoir un physique imposant et de pouvoir améliorer leur capacité physique rapidement. Tout ce qui touche le côté organisationnel a nécessité une adaptation. Ils pratiquent plus souvent, ils jouent plus de matchs, ils voyagent davantage tout en ayant choisi un programme difficile au cégep. Ceux qui arrivent du midget AAA sont plus habitués à ce rythme de vie. J’espérais qu’ils améliorent leur bagarre à un contre un et leur vitesse aussi. Parce qu’ils l’ont eu facile l’an dernier et cette fois, ils jouent contre des adversaires plus lourds, plus forts et plus talentueux. »

« On savait que le défi allait être imposant, soutient Julien Anctil. On a quand même fait le saut dans la meilleure ligue junior au pays. Mon frère et moi, on souhaite devenir des joueurs professionnels plus tard et on travaille fort chaque jour pour atteindre notre plein potentiel. On fait du temps supplémentaire dans le gym, sur la glace et lors des séances vidéo aussi. Toutes ces minutes rapporteront plus tard. »

Julien Anctil a obtenu cinq points dont trois buts cette saison tandis que Vincent a touché la cible à une reprise. Des statistiques qu’ils souhaitent améliorer au fil du temps.

« Je ne dois jamais lâcher même si je joue moins parfois, confie Vincent. C’est une étape difficile à passer. Je jouais dans un calibre inférieur, j’étais dans les meilleurs de la ligue et quand je suis arrivé à Sherbrooke, je m’attendais à manquer des parties et à rattraper un certain retard. J’ai gagné ma place chez le Phœnix et maintenant, je dois me battre pour un poste de régulier. »

Les deux frères se retrouvent effectivement sur le quatrième trio depuis le début de la saison. Julien a obtenu plus de temps de jeu récemment à la suite de l’absence temporaire de Taro Jentzsch (Championnat mondial) et de la blessure à Félix Robert. Si Julien n’a raté que quatre matchs, Vincent a visité plus souvent les gradins en étant laissé de côté lors de 15 des 31 matchs de l’équipe.

« Plusieurs recrues passent par là et deviennent ensuite des piliers pour leur équipe, rappelle Vincent. C’est ce que l’on souhaite faire aussi. C’est ça, le cycle du junior. Les vétérans quitteront un jour et ce sera aux jeunes à prendre la place. »

« Julien joue au centre et aime fabriquer les jeux alors que Vincent est un joueur de style nord-sud. Je remarque vraiment une grosse progression de Julien. On est contents de tous les aspects de son jeu. Vincent a moins joué et est un peu victime de la présence de nos deux joueurs en extra. Il a peut-être perdu le rythme à cause de ça, mais il a aussi progressé en général, donc je suis content de ce que je vois de sa part. »

De quoi satisfaire les deux attaquants.

« C’est motivant de savoir que notre entraîneur trouve que notre jeu s’améliore, mais on ne doit pas lâcher, soutient Vincent. En jouant sur le troisième ou quatrième trio, on donne tout ce que l’on a et on amène de la vitesse, de l’énergie et une présence physique tout en contribuant offensivement, mais en étant responsable en défensive. »

« Ça donne le goût d’en faire encore plus », ajoute Julien.

Sous les projecteurs

Depuis le début de la saison, les deux frères attirent l’attention des éclaireurs, qui espèrent les voir dans l’alignement lorsqu’ils se déplacent aux parties du Phœnix.

« Leur physique éveille l’intérêt des recruteurs, croit Stéphane Julien. Au début de la saison, on parlait aussi beaucoup des jumeaux Anctil repêchés en troisième ronde et qui brûlaient la ligue dans la LHPS. Dans une autre équipe, les deux frères auraient eu plus de temps de jeu en début de saison. Ici, on mise sur une bonne profondeur. Si on les a repêchés, c’est pour les voir dans notre alignement à 17 ans et lorsque l’occasion se présentera, ils pourront la saisir comme le fait Julien sur le troisième trio présentement avec l’absence de quelques attaquants. »

Julien et Vincent estiment toutefois qu’ils ont encore quelques points à travailler pour impressionner leur entraîneur et les recruteurs.

« Les meilleurs joueurs de la LHJMQ bougent constamment leurs pieds sur la glace et protègent bien la rondelle, fait remarquer Vincent Anctil. Je dois travailler à chaque pratique et faire attention aux détails pour atteindre le niveau espéré : être plus fort sur mon bâton, gagner les bagarres à un contre un, etc. »

Plus les jours avanceront, plus les jumeaux s’habitueront à cet intérêt porté envers eux par les amateurs, les journalistes et les recruteurs.

« On a assimilé le fait que maintenant, on évolue dans la LHJMQ et que tout est plus gros : il y a quelques milliers de personnes dans les gradins et on joue dans de gros amphithéâtres. Encore aujourd’hui, je suis surpris de la réaction forte des gens à la suite d’un but ou d’un beau jeu. Mais c’est moins stressant. On gère mieux la pression et on a moins peur de faire des erreurs », assure Julien Anctil.

« C’était un choc au début, renchérit Vincent. On se sentait comme des vedettes quand on mettait le pied sur la glace. Cet effet doit sûrement être ressenti par les autres aussi. Après le camp, je crois que cet effet s’est estompé quelque peu. »

Puisque les jumeaux avaient bien fait lors de leur première partie contre l’Armada, le club junior de leur région natale, ils ont gagné la confiance de leur entraîneur, qui fera appel à leurs services lors de la visite de la formation de Blainville-Boisbriand mercredi soir au Palais des sports. Brendan Cregan sera alors le gardien partant.