David Perron vivra le Match des étoiles en famille. Une première pour le Sherbrookois, qui rêvait de vivre un jour cette expérience.
David Perron vivra le Match des étoiles en famille. Une première pour le Sherbrookois, qui rêvait de vivre un jour cette expérience.

Perron se souvient de Nolan et Heatley

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
Pour David Perron, le Match des étoiles de la LNH, c’est le souvenir de voir à l’œuvre les Mario Lemieux, Joe Sakic et compagnie. C’est aussi Owen Nolan qui se prend pour Babe Ruth en 1997 en pointant l’endroit où il marquera. Ou bien encore les quatre buts de Dany Heatley en 2003. Mais cette année, ce sera au tour du Sherbrookois d’écrire l’histoire.

Non, l’attaquant des Blues de St Louis n’a pas l’intention de se mesurer à Shea Weber au lancer le plus puissant. Ni de battre de vitesse Connor McDavid. Ce qu’il souhaite, c’est d’abord de gagner la partie ainsi que le titre du joueur du match, mais également de participer à la toute nouvelle épreuve du lancer de précision à partir des gradins.

« Je vais laisser le tir le plus puissant à Shea! Et je n’ai aucune chance contre Connor! On s’entend que côté vitesse, je tente simplement de me tenir dans la moyenne. Sinon, je traîne une blessure au poignet, donc je serai limité un peu. La nouvelle épreuve sera spectaculaire. J’aimerais bien en faire partie. L’épreuve d’agilité avec la rondelle pourrait être amusante. Rien n’est encore décidé en fait. J’ai l’impression que les capitaines feront leurs choix ce vendredi, juste avant le début du week-end du Match des étoiles », laisse entendre le numéro 57 des Blues.

Rappelons que le Sherbrookois a été choisi au deuxième scrutin — les partisans étaient appelés à voter pour leurs joueurs préférés — après avoir vécu la déception d’être ignoré lors du premier tour de sélections.

« J’y tenais tellement. Je voulais participer à ce match parce que j’avais l’impression que cette saison, je méritais ma place. J’étais en train de manger au resto, tout seul à St Louis, quand j’ai reçu un appel de mon DG Doug Armstrong. J’étais très heureux. Parce que lorsque le dévoilement des premiers joueurs s’est fait, Doug m’a amené en retrait pour m’annoncer que notre gardien Jordan Binnington, notre capitaine Alex Pietrangelo et mon coéquipier Ryan O’Reilly avaient été choisis, mais pas moi. Bien qu’ils méritent tous leur place, avec la saison que je connais, je m’attendais à être nommé. Mais mon DG m’a dit que l’équipe serait avec moi pour m’aider à obtenir ma place. J’ai reçu tout un appui de la part de la communauté de St Louis. C’était impressionnant à voir. »

C’est qu’en plus, le Match des étoiles aura lieu chez lui, au St Louis Enterprise Center, samedi.

« Ce sera exceptionnel. J’y serai avec mes enfants, mes parents et ma famille. Mon entraîneur Craig Berube sera derrière le banc et j’espère pouvoir jouer avec Ryan O’Reilly, avec qui j’ai développé une belle complicité sur la glace. Depuis qu’on évolue ensemble, la combinaison semble parfaite », fait remarquer David Perron tout juste en arrivant à sa résidence de Magog afin de profiter d’une partie de son congé.

Première participation, troisième présence

S’il s’agit de sa première participation au vrai Match des étoiles, il s’agira de sa troisième visite à l’événement.

« J’ai pris part au match des recrues à Montréal à ma première année dans la LNH et la saison suivante, il y avait un affrontement entre les recrues et les joueurs de deuxième année à Atlanta : j’y étais. J’espérais un jour pouvoir jouer la vraie partie des étoiles. C’est tellement de souvenirs de jeunesse. On regardait tous ce match quand on était plus petits! »

Reconnu pour la magie de ses mains, David Perron avoue ne pas avoir encore pensé à une feinte signature ou bien à une autre idée spectaculaire pour faire lever la foule.

« Je n’ai absolument rien préparé, lance-t-il en riant. Je suis juste content d’être de la partie. C’est quand même impressionnant de voir qu’un petit marché comme St Louis est capable de gagner la coupe, accueillir un match des étoiles et voir quatre de ses joueurs être invités en plus d’un entraîneur, tout cela dans la même année. C’est un rêve de plus que je vivrai. Et ce, sans parler du fait que mes coéquipiers et moi, on a encore faim pour une autre Coupe Stanley! »

Des fans rassurés

En ayant obtenu 49 points, dont 21 buts, en 49 matchs, David Perron a rassuré certains fans qui craignaient le voir s’asseoir sur ses lauriers après avoir gagné la Coupe Stanley.

Au lendemain de sa conquête, Perron avait confié que même s’il ne marquait plus un seul but dans sa carrière, l’important était d’avoir gagné la Coupe Stanley. Plusieurs amateurs avaient pris cette citation au pied de la lettre.

« C’est le mauvais côté des médias et des réseaux sociaux. J’étais déçu de la réaction de certains amateurs parce qu’il ne fallait pas voir ça d’une façon négative. C’était ma façon de montrer à quel point c’était important pour moi. J’ai répliqué à ma manière en connaissant l’un de mes meilleurs débuts de saison. »

La bonne formule

David Perron est le premier à l’admettre : cette classique est davantage un événement marketing qu’autre chose.

« C’est un match pour les médias et les fans. Mais je crois sincèrement que la formule est la bonne. C’est excitant de voir des parties à trois contre trois. Puis j’ai de la misère à croire que lors de l’affrontement final, les joueurs ne patineront pas à plein régime. On veut gagner cette partie et aussi, le prix est quand même gros pour le joueur du match. On veut tous gagner la voiture! Mais avant tout, on se sentira comme des enfants sur la glace en jouant avec les meilleurs au monde. »