Performer pour se faire remarquer

Une cinquantaine de jeunes sportifs rêvant aux Jeux olympiques ont pris part, samedi, au Camp des recrues RBC. Devant des entraîneurs et des représentants de différentes délégations, les athlètes âgés entre 14 et 25 ans ont démontré l’étendue de leurs capacités physiques.

Sabrina Guérin, gestionnaire haute performance à Freestyle Canada, scrutait à la loupe les sportifs qui tentaient de se dépasser lors du test Léger-Navette. « C’est l’occasion pour les gens des fédérations de voir s’il y a des athlètes intéressants. Il y a moins d’athlètes qu’à l’habitude, mais nous avons vu des athlètes de qualité. Il y a beaucoup d’athlètes en basket-ball et en aviron. Comme on est dans une école où on offre du sport-étude [NDLR L’événement était présenté à l’école du Triolet], beaucoup d’étudiants sont en forme », analyse celle qui a compétitionné durant près d’une décennie.

Particulièrement pour le ski acrobatique, un camp d’entraînement comme celui-ci est très important pour le recrutement. « En ski acrobatique, l’une des portes d’entrée, ce sont les anciennes gymnastes, les anciens trampolinistes, les anciens plongeurs et tous ceux qui ont un bagage acrobatique. Ça leur donne une opportunité de faire une deuxième carrière », affirme-t-elle.

L’ambiance est particulière dans le gymnase. « Tout le monde s’encourage. Ce n’est pas nécessairement une compétition l’un contre l’autre, mais ça demeure des athlètes. Tout le monde veut être le meilleur et c’est aussi ce qu’on recherche chez un athlète », décrit Mme Guérin.

Comment peut-on comparer des adolescents de 14 ans à des adultes de 25 ans ? « Ce ne sont pas les mêmes critères et les fédérations ne recherchent pas des gens du même âge. Il y a des brackets de standards qu’on s’attend pour chacun des groupes d’âge. On vient ici, on tente notre chance et on espère qu’une fédération va nous regarder ou nous recruter. Ensuite, on va suivre un entrainement spécifique. Quand tu viens ici, tu n’as rien à perdre », répond Mme Guérin.  

Encouragements d’une Olympienne

De son côté, l’Olympienne Lizanne Murphy, qui a joué au basket-ball durant plusieurs années, aurait aimé pouvoir participer à ce genre programme lorsqu’elle était jeune. « Ça se passe tellement vite ! Parfois, on a seulement besoin d’une chance. Quelqu’un qui nous voit et qui croit en nous pour nous donner l’opportunité de nous donner une carrière. Un programme comme celui-là aurait fait en sorte que j’aurais été identifiée beaucoup plus tôt. Il n’y avait pas de programme de développement, alors je suis arrivée directement dans le programme olympique », se rappelle-t-elle. 

Déjà des résultats

À peine quelques années après le début du Camp des recrues, Marion Thénault et Cassandra Savoie, respectivement en ski acrobatique et en hockey, prouvent que l'événement porte ses fruits. Celles-ci ont participé en 2017 à ce Camp des recrues, ce qui leur a permis d’attirer les regards vers elles et de se faire un lot de contacts. « Juste après, j’ai fait le camp d’initiation et j’ai aimé ça, explique Marion. J’ai eu une année pour me préparer. Après, j’ai été admise dans l’équipe nationale de développement et j’ai fait tout le circuit nord-américain avec eux cette année. Ç’a vraiment été une année fructueuse ! » considère la Sherbrookoise, qui aimerait faire le circuit de la coupe du monde dans les prochaines années dans le but de se classer pour les Jeux olympiques. 

Cassandra Savoie, Sherbrookoise d’adoption, a gagné l’édition 2017 du Camp des recrues. Celle-ci a pu assister aux Jeux olympiques. « Ça m’a permis de rencontrer des athlètes et de voir comment ils sont traités. On est allés dans la maison canadienne, on a eu un souper et on s’est fait présenter. Je ne le réalise pas encore. Le niveau de jeu était différent. Je ne suis pas seulement allée au hockey, je suis allé voir plusieurs sports. Je me dis que ça peut être moi, ça donne une tape dans le dos », avoue-t-elle. 

+

De basketteuse à rameuse

Après avoir participé au Camp des recrues en 2018 en tant que basketteuse, une jeune athlète, Catherine Lizotte, est de retour comme rameuse. C’est à la suite des résultats de l’an passé que l’étudiante a abandonné sa passion pour pratiquer un tout autre sport. 

Catherine Lizotte, native de Saint-Jérôme, a même déménagé au Lac-Brome pour poursuivre dans son nouveau sport. « L’an passé, j’ai fait le Camp des recrues à Saint-Jérôme. Un entraîneur m’a approchée et m’a demandé si je voulais essayer l’aviron. Je ne connaissais pas ça du tout. Je suis allé essayer et j’ai fait les tests haut la main. Sauf que je devais choisir entre le basket-ball et l’aviron. On m’a dit que je pourrais me rendre loin dans l’aviron », raconte celle qui a dû googler le nom du sport après son premier Camp des recrues, puisqu’elle ne le connaissait pas du tout.  

En pleine année scolaire, alors qu’elle n’avait que 16 ans, Catherine a déménagé dans les Cantons-de-l’Est. « J’ai sauté dans le bassin et j’ai déménagé avec Marilou Duverney-Tardif, une rameuse pour l’Équipe Québec à Knowlton. J’ai changé dans le milieu de mon secondaire cinq, car j’avais l’âge limite pour commencer l’aviron. Je suis contente de mon choix. C’est un gros changement, j’ai laissé toute ma vie à Saint-Jérôme », dit celle qui est rendue à 17 ans. 

Pourquoi est-elle revenue faire les tests un an plus tard ? « L’aviron est vraiment dispendieux. C’est environ 2000 $ en plus des autres frais d’inscriptions. Il y a les nationaux qui coûtent 1500 $ et si on fait les Championnats du monde, c’est 3000 à 5000 $. Il y a une bourse qui se donne ici, alors je viens me dépasser et voir si je peux avoir la bourse. Mes tests ont bien été, c’est bien meilleur que l’an passé », explique-t-elle. 

Malgré tout, elle ne regrette aucune décision. « Je m’ennuie énormément du basket, c’est ma passion, mais je ne regrette pas du tout mon choix. L’aviron, c’est un sport d’équipe, mais surtout individuel », résume-t-elle.