Les jeunes joueurs du Phœnix ont tout donné contre un adversaire plus mature. Vendredi soir, après la défaite en deuxième prolongation face aux Voltigeurs à Drummondville, les Sherbrookois semblaient avoir déjà hâte à la prochaine saison, qui pourrait enfin être la bonne.

Perdre avec caractère

Jocelyn Thibault reprochait une chose à son équipe lorsqu’il a pris la barre du Phœnix de Sherbrooke en décembre 2015 en tant que directeur général : son équipe manquait de caractère. Plus de trois ans plus tard, les joueurs du Phœnix ont prouvé que le problème d’attitude était chose du passé.

« On a montré que notre groupe a du caractère. Que ce soit durant la saison, quand on se relevait de certaines mauvaises séquences, ou encore contre les Voltigeurs en séries », a confié Benjamin Tardif vendredi à la suite de son élimination en cinq matchs contre les Voltigeurs de Drummondville.

Une défaite de 3 à 2 en deuxième prolongation a mis fin abruptement aux espoirs des Sherbrookois en quart de finale.

« On n’a rien à se reprocher, a avancé le jeune capitaine Samuel Poulin. Les gars ont bien respecté le système de jeu dans les trois dernières parties. Les Voltigeurs ne sont pas faciles à affronter cette année. Ils comptent sur des joueurs talentueux arrivés à maturité. Plusieurs sont déjà repêchés dans la Ligue nationale. Le Phœnix forme encore une jeune équipe. On se développe pour les prochaines années. Avec le groupe que l’on avait, on a vraiment tout donné. »

« On ne perdra pas beaucoup de joueurs la saison prochaine, rappelle Benjamin Tardif. Il n’y a que nos vétérans de 20 ans qui nous quitteront. Plusieurs jeunes seront encore meilleurs l’an prochain. On n’a qu’à penser à Patrick Guay, qui n’avait que 16 ans cette année. Ou encore Sam, qui n’a que 17 ans. »

La victoire contre les Huskies de Rouyn-Noranda en séries l’an dernier agencée à cette défaite au deuxième tour contre les Voltigeurs cette année auront certainement offert de belles expériences au jeune groupe de joueurs.

« On a mis beaucoup d’expérience dans notre sac à dos, a confirmé le gardien Dakota Lund-Cornish, qui a vu ses adversaires diriger 72 tirs en sa direction vendredi soir. On sera encore plus prêts pour la prochaine saison! »

Tout est possible

Il faut avouer que plus la série contre les Voltigeurs avançait, plus le Phœnix gagnait en respect.

« Au début, on était peut-être intimidés par ces joueurs repêchés en première ronde ou en deuxième ronde dans la LNH, précise Benjamin Tardif. Après la deuxième partie, on a compris qu’ils pouvaient aussi commettre des erreurs. On est tous humains. On va avoir appris de ça. Il était peut-être un peu trop tard par contre. Cette saison, on a aussi compris que tout est possible quand on respecte le système de jeu et que tout le monde fournit l’effort nécessaire. »

Les deux premiers matchs à Drummondville, des défaites de 9 à 4 et 7 à 1, ont été le tournant de la série, tout comme la victoire échappée au deuxième match à domicile selon l’entraîneur Stéphane Julien.

« En ayant été plus opportunistes au quatrième match de la série, à la maison, on aurait eu droit à une confrontation bien différente. Pour ce qui est de la deuxième partie, c’était une erreur de parcours », explique le pilote sherbrookois, qui a d’ailleurs précisé que Félix Robert a terminé le dernier match des séries avec une côte cassée.

« Il a reçu un double-échec qui est demeuré impuni. »

Tout comme Bobby Dow et Michael Kemp, Ryan DaSilva a vu sa carrière prendre fin chez les juniors.

« On a eu ce que l’on méritait pour être franc. Deux buts ont été refusés après tout. Et Lund-Cornish a permis à l’équipe de rester en vie jusqu’à la deuxième prolongation. C’est dommage, mais on peut être fiers quand même. On n’affrontait pas une mauvaise équipe, loin de là, donc une défaite en deuxième prolongation, ce n’est pas gênant. Ça ne nous prenait qu’un seul bon tir pour gagner ce match après tout. Chose certaine, je pourrai dire que je n’ai pas terminé ma carrière chez les juniors sur une partie banale. »