Patrick Guay

Patrick Guay, l’aubaine du repêchage

COMMENTAIRE / Jocelyn Thibault et l’état-major du Phœnix de Sherbrooke affichaient des sourires radieux samedi en montant sur l’estrade du Centre Gervais auto de Shawinigan pour annoncer leur tout premier choix de l’encan 2018 de la LHJMQ. Dans tous les scénarios que Thibault a pu imaginer, je suis persuadé qu’il ne lui est jamais venu à l’idée que le Magogois Guay, catalyseur de l’attaque des Cantonniers de Magog et champions de la Ligue midget AAA du Québec, serait encore disponible à ce rang.

Je pense à ce directeur gérant qui parlait plus tôt en première ronde et qui essaie de nous faire avaler qu’il n’a pas tenu compte du facteur du joueur local dans son choix. Foutaise! Guay termine une saison de 63 parties, incluant les séries et la Coupe Telus, avec une fiche incroyable de 44 buts et 54 passes pour 98 points, et ce n’est pas suffisant pour certaines équipes. Voyons donc! Sur le plan des statistiques, Guay était tout fin seul.

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Regardons maintenant son éthique de travail. J’ai rarement vu un joueur s’arracher le cœur comme lui pour vouloir s’améliorer. Sur la patinoire extérieure de la maison familiale l’hiver, en salle, dans un aréna l’été, Guay est en mode hockey 24 heures sur 24 ou presque. Il faut parfois l’arrêter. Et il joue comme il s’entraîne.

Tant mieux pour le Phœnix si certaines équipes ont dormi au gaz. Ils viennent de mettre la main sur un bijou qui va leur rapporter des dollars aux guichets et des points au classement.

Cependant, aussi bien vous le dire. Je ne connais pas les plans de l’entraîneur Stéphane Julien à l’endroit de Guay, mais celui-ci n’est pas un joueur de 3e ou 4e trio. Pour jouer à son plein potentiel, Guay doit être assis dans la bonne chaise et sa place est sur une des deux premières unités et en avantage numérique.

On m’a souvent répété qu’il y avait plus d’action dans les gradins que sur la glace aux joutes locales du Phœnix. Attendez-vous à ce que ça change avec Guay dans les parages.

Le show des Cantonniers

Le 6 juin 2017, j’écrivais dans La Tribune que Patrick Guay, William Villeneuve, Marshall Lessard et Charles Beaudoin seraient des choix de première ronde au repêchage 2018. Ils n’avaient pas encore disputé un seul match midget AAA.

Or, je n’avais pas vu venir Simon Pinard, Jérémy Lapointe et Isaac Belliveau, sélectionnés tôt en 2e ronde. Pensez-y! Il y avait 25 joueurs repêchés au tableau et sept d’entre eux provenaient des Cantonniers de Félix Potvin. Les Magogois n’ont pas eu assez de voler le spectacle sur la glace, ils en ont fait autant en-dehors.

Cela est passé sous le radar parce qu’ils ont été réclamés en 2e ronde, mais Pinard (Blainville-Boibriand), Lapointe (Baie-Comeau) et Belliveau (Rimouski) ont aussi été les premiers choix de leur nouvelle organisation puisque ces trois équipes ne parlaient pas en première ronde.

Les gagnants sont…

Si vous me demandez mon avis sur l’équipe qui a connu le meilleur repêchage, je vous en nommerai deux. Les Sea Dogs de Saint John doivent déjà saliver en pensant qu’ils aligneront les deux meilleurs défenseurs du circuit midget AAA la saison dernière, soit William Villeneuve des Cantonniers et Jérémie Poirier des Grenadiers de Châteauguay. Ce dernier peut changer l’allure d’un match à lui seul. Il l’a fait contre Magog en demi-finale. Attendez de les voir ensemble à 18 ans. Il y a des équipes qui doivent déjà envier les Sea Dogs.

Finalement, j’ajouterai que les Foreurs de Val-d’Or de Pascal Rhéaume ont eu passablement de flair en faisant de William Provost, Marshall Lessard des Cantonniers, Jérémie Biakabutuka et Lucas Mercuri leurs quatre premiers choix. Voilà quatre joueurs qui ne peuvent pas manquer leur coup.