La sélection de Daniel Audette en 2012 aura marqué le passage de Patrick Charbonneau avec le Phœnix.

Patrick Charbonneau de retour à ses premiers amours

Bâtir une équipe de hockey de A à Z. Le rêve de tous les jeunes passionnés de hockey. Ce rêve, Patrick Charbonneau l’a vécu. Le défi : partir de rien et tenter de gagner la coupe trois ou quatre ans plus tard. Le premier directeur général du Phœnix de Sherbrooke n’aura finalement pas réussi à gagner ce fameux championnat. Ce sera son plus grand regret.

Après une carrière de gardien de but dans les rangs professionnels, Patrick Charbonneau s’est lancé dans le recrutement pour ensuite se retrouver à la tête du Phœnix de Sherbrooke, la nouvelle équipe d’expansion dans la Ligue de hockey junior du Québec. Son congédiement lui aura finalement permis de retourner à ses premiers amours en devenant recruteur pour les Maple Leafs de Toronto.

Patrick Charbonneau file aujourd’hui le parfait bonheur. À l’Est du Canada et des États-Unis, il tente de trouver les perles rares âgées de 20 ans et plus, n’appartenant à aucune équipe professionnelle.

Un travail qui lui permet d’habiter encore Sherbrooke et de profiter d’environ trois mois de congé lors de la saison morte.

« J’adore cette ville. Elle est dynamique et rayonne sur le plan sportif aussi. Depuis que je suis recruteur pour les Leafs, je garde un très bon contact avec le monde du hockey, mais j’ai aussi la chance de passer du meilleur temps de qualité avec ma famille même si je suis souvent sur la route », explique-t-il exactement trois ans après son départ du Phœnix.

Pris par surprise

Deux semaines avant Noël 2015, il apprenait que le propriétaire Jocelyn Thibault le remplaçait au poste de directeur général. L’entraîneur Judes Vallée était aussi congédié alors que Stéphane Julien prenait les commandes. La plaie a pris quelque temps à se cicatriser.

« Je n’avais jamais été congédié dans ma carrière. Je crois avoir été échangé une fois puis c’était à ma demande. Ce n’est pas un sentiment agréable. Surtout que la nouvelle m’avait pris par surprise. Je savais évidemment que ça pouvait arriver comme pour chaque directeur général ou entraîneur. J’aurais espéré pouvoir aller jusqu’au bout, mais je ne garde que de bons souvenirs du Phœnix de Sherbrooke. »

De grandes décisions

Même s’il adore le défi de dénicher le joueur exceptionnel qui s’est développé sur le tard, Patrick Charbonneau admet que celui de construire les bases du Phœnix de Sherbrooke était de taille.

« J’avais croisé Jocelyn lors d’un tournoi impliquant des équipes du Québec. J’étais alors directeur de la Centrale de recrutement de la LHJMQ et aussi responsable des équipes du Québec. Jocelyn était alors entraîneur des gardiens de but pour l’une des formations du Québec. On se connaissait bien déjà, il savait que je connaissais parfaitement les joueurs du junior majeur et du midget AAA. Le lien s’est créé. »

Il a assisté à presque toutes les étapes de création de l’équipe. Le choix des couleurs, l’embauche du personnel, etc.

« Les gens pensent que j’ai fait trois ans et demi avec le Phœnix, mais en réalité, j’étais là un an avant le premier repêchage », rappelle l’homme de 43 ans.

L’été 2012, l’été le plus occupé de sa vie. Il y avait alors le repêchage d’expansion et ensuite le repêchage annuel au Colisée de Québec.

« J’avais comme but de sélectionner dans chaque équipe des joueurs assez matures d’environ 18 ans en moyenne. Il y a eu beaucoup de travail derrière plusieurs de ces acquisitions. Il ne faut pas croire que ce fut facile d’obtenir des gars comme Alex Comtois et Jacob Gervais-Chouinard. Durant cette période, il fallait prendre de grandes décisions pour l’avenir du club. »

Patrick Charbonneau a ainsi effectué un travail à la George McPhee, le DG des Golden Knights de Vegas, en prenant de nombreuses ententes avec ses homologues. S’en est suivi la sélection de Daniel Audette, le premier espoir du Phœnix, et ensuite l’acquisition de Carl Neill, l’un de ses meilleurs coups selon lui.

« On espérait mener à terme un groupe de joueurs et je crois avoir toujours pris la meilleure décision pour l’organisation à ce moment précis où il fallait faire des choix », estime Patrick Charbonneau.

Encore un attachement

Après s’être donné corps et âme pour le Phœnix, difficile de couper subitement les ponts. Patrick Charbonneau admet être encore attaché quelque peu à son ancienne organisation.

Il est d’ailleurs possible de le voir à l’occasion dans les gradins du Palais des sports, toujours au même endroit, lors des parties du Phœnix.

« Je crois que l’équipe s’en va dans la bonne direction. Ils ont de bons jeunes, maintenant ils doivent espérer qu’ils répondent aux attentes et que la recette soit gagnante, ce qui n’est jamais acquis d’avance. »

Parmi toutes les autres destinations, le recruteur des Leafs avoue aussi aimer particulièrement ses visites dans la région de Boston.

« Je me promène pas mal, mais Boston possède un cachet particulier avec entre autres toutes ses équipes sportives professionnelles. »

Tous ces voyages, il les fait dans un seul but : à défaut d’avoir gagné la coupe à Sherbrooke, il espère voir ses Leafs y parvenir à Toronto. Et force est d’admettre qu’ils sont bien partis.