Il y aura passation du pouvoir au sein de l'équipe féminine de volleyball du Vert & Or de l'Université de Sherbrooke. Le vétéran Benoit Fontaine tirera sa révérence, laissant la direction de l'équipe à ses anciennes joueuses Annie Martin et Annie Lévesque.

Passation des pouvoirs historique

Cette fin de semaine à Montréal, Denis Fontaine amorcera une huitième et dernière année à titre d'entraîneur-chef de la formation féminine de volleyball de l'Université de Sherbrooke. Le vétéran entraîneur quitte l'esprit tranquille, lui qui cèdera les rênes à deux de ses anciennes joueuses, Annie Martin et Annie Lévesque.
La saison 2018 sera donc historique pour l'équipe féminine de volley de l'U de S, puisque pour la première fois de son histoire, elle sera dirigée non pas par une femme, mais pas un tandem tout féminin.
Cette année 2017-18 en sera une de transition pour le trio, qui se connaît d'ailleurs déjà fort bien.
« La motivation est toujours présente. Je vais rester impliqué dans le volleyball, je suis toujours le président de l'Envolley, qui s'occupe du volleyball en région. J'ai d'autres projets de vie, j'estime que je suis prêt à tourner la page », a dit Denis Fontaine, quelques minutes avant l'entraînement de son équipe, jeudi soir au centre sportif de l'Université de Sherbrooke.
« C'est une décision difficile. Quand tu passes autant d'années, avec autant de passion, dans un sport, le vide est là. Faire le point final, ce n'est pas facile. J'ai pris cette décision sereinement. Et les deux Annie savent que je ne serai pas loin si elles ont besoin de moi l'an prochain. »
Au-delà des victoires, des défaites, Denis Fontaine retient d'abord et avant tout les gens qui l'ont côtoyé lors de cette aventure.
« Je vais me rappeler beaucoup des gens qui m'ont accompagné, des entraîneurs, des adjoints, des préparateurs physique. On va au-devant de la critique, comme entraîneur-chef, mais on est toujours soutenu par ces alliés de premier ordre. Je pense à Sébastien Grenier, Marc-André Hotte, Frédéric Charbonneau. Je vais me rappeler des gens qui m'accompagnaient et qui faisaient des dynamiques intéressantes. »
« J'ai aussi eu le privilège de côtoyer des athlètes qui ont une rigueur, un engagement exceptionnel envers leur sport. Malheureusement, ce n'est pas reconnu à sa juste valeur. Le volley est très en santé en région, on n'a pas d'inquiétude chez les filles. C'est un des sports les plus pratiqués au monde et en Estrie, on a plus de 150 équipes. On est performants dans toutes les catégories. Malheureusement, il n'a pas encore sa place. »
« En terminant, je suis content de voir que des femmes vont diriger une équipe féminine. C'est important. »
Un tandem qui a eu du succès
Annie Lévesque a défendu les couleurs du Vert & Or entre 1999 et 2005. Membre de l'équipe canadienne senior de 2001 à 2008, elle agit à titre d'adjointe à l'entraîneur depuis sa retraite de la compétition internationale.
Quant à Annie Martin, elle a porté le vert de 2000 à 2005. Son étoile s'est frayé une place au firmament du Panthéon des sports de Sherbrooke mercredi soir, alors qu'elle est devenue la plus jeune intronisée en trois cohortes d'intronisation.
Elle a été membre pendant 10 ans, de 2002 à 2012, de l'équipe nationale de volleyball de plage. Elle a terminé au cinquième rang aux Jeux olympiques d'Athènes en 2004 et elle a participé aux Olympiades de Londres en 2012.
Les deux Annie ont remporté le championnat universitaire canadien en volleyball en 2003 à Québec et en 2005 en Saskatchewan.
« On veut être coentraîneuses, être impliquées à 100 % chacune. On trouve qu'on a des forces qui se complètent bien, ça va être payant pour l'équipe. On aime enseigner et partager ce qu'on a appris », a dit Annie Lévesque et qui revient au coaching après une pause de trois ans.
« J'ai renoué avec le volley, avec Annie, et Denis, l'an dernier. C'est là que le projet a pris forme. On voyait tous les choses de la même manière. Dès que Denis nous a glissé qu'il avait l'intention de quitter, ça a pris forme lentement. »
« C'est important qu'une femme, ou des femmes dans notre cas, prennent la direction de l'équipe. Je trouve qu'il n'y a pas assez de femmes qui s'impliquent dans le coaching. Les hommes amènent une énergie différente, mais nous, on apporte autre chose, on a le côté enveloppant, encadrant, très humain », a dit Annie Martin.
Au sein du circuit universitaire, qui compte désormais six équipes (Montréal, Québec, Sherbrooke, McGill, Ottawa, UQAM), accéder aux séries sera tout un défi.
« La parité est là. Une participation aux séries se décide bien souvent à la dernière minute, c'est très intéressant. Notre objectif demeurera de développer l'équipe à son plein potentiel. On va avoir une meilleure idée de l'équipe qu'on a sous la main après le tournoi préparatoire de cette fin de semaine », a lancé Annie Martin.