Jimmy Waite a rejoint les Saguenéens de Chicoutimi lors du repêchage de la LHJMQ en 1986. Dans la Ligue nationale, il a disputé 106 parties, principalement avec les Blackhawks de Chicago.

Pas de traitement de faveur pour Jimmy Waite

Pendant que son frère aîné Stéphane se faisait un nom comme entraîneur des gardiens de but, Jimmy Waite se tapait le travail ingrat d’affronter le caoutchouc noir dans l’uniforme des Cantonniers de Magog au milieu des années 1980. Étrangement, Jimmy Waite avait comme professeur son propre frère qui remplissait la fonction d’instructeur des gardiens de but à l’époque chez les Cantonniers.

Au hockey mineur, on voit régulièrement un père diriger son enfant, mais un frère, c’est plutôt inhabituel. On ne peut pas dire que Stéphane Waite a placé son frère sur un piédestal. « Il a fallu que je gagne ma place. Je n’ai jamais eu de cadeau. Même qu’à mon premier camp d’entraînement à 15 ans, Stéphane et Jacques Grégoire, qui dirigeait les Cantonniers, n’avaient pas retenu mes services. Mon père ne l’avait tout simplement pas pris. Il avait sermonné Stéphane en lui disant que j’avais été le meilleur gardien du camp et que je ne méritais pas d’être traité de la sorte. Un peu plus tard au mois d’octobre, on a décidé de me rappeler et je ne suis jamais retourné dans un niveau inférieur. Stéphane et moi rions encore de la crise de mon père. Il nous arrive encore de l’agacer », a mentionné Jimmy Waite.

Celui-ci a été devant le filet des Cantonniers lors des campagnes 84-85 et 85-86. À sa première saison, Jimmy Waite partageait le filet avec le Magogois Steve Proulx. « Steve était le vétéran. Stéphane l’a traité ainsi et il a obtenu plus de départs que moi. J’étais à l’aise avec ça, d’autant plus que Steve accomplissait de l’excellent boulot. Je ne sais pas si certains s’imaginaient que Stéphane serait tenté de me favoriser sans que cela paraisse trop, mais ce ne fut jamais le cas. Les faits le prouvent », d’enchaîner Jimmy Waite.

Celui-ci est revenu avec les Cantonniers à 16 ans et c’est après sa deuxième saison à Magog que les Saguenéens de Chicoutimi l’ont réclamé tôt en deuxième ronde lors du repêchage de la LHJMQ en 1986. « Dans les années 1980, à moins d’être un surdoué, les équipes du junior majeur ignoraient les joueurs de 15 ans et optaient surtout pour les 16 ans. Les 15 ans revenaient dans le midget AAA », fait valoir celui qui a disputé 106 parties dans la Ligue nationale, principalement avec les Blackhawks de Chicago, formation avec laquelle il agit maintenant comme instructeur des gardiens de but.

 « J’ai sauvé l’honneur de la famille, ajoute Jimmy Waite dans un éclat de rire. Stéphane a vite compris qu’il n’avait pas d’avenir au hockey comme joueur. Il s’est concentré sur le travail d’entraîneur. Avant de remplir le même rôle que Stéphane, j’ai au moins goûté à l’action sur la glace. »

Du jeu ouvert

Jimmy Waite avoue qu’il envie les jeunes gardiens de but aujourd’hui. « Il n’y a pas une position au hockey qui a progressé autant que celle de gardien de but. J’aurais aimé être encadré comme les jeunes aujourd’hui, mais nous n’étions pas rendus là dans les années 1980 et 1990. J’ai grandi en me faisant dire de rester debout. C’était le conseil qui sonnait le plus souvent aux oreilles des gardiens. Avec le résultat qu’on se faisait battre par des tirs bas. Vous savez comme moi que le jeu était pas mal plus ouvert il y a 30 ans. La trappe n’était pas encore venue au monde et des chances de marquer, on en voyait des dizaines et des dizaines à chaque partie. C’est plus tranquille de ce côté-là de nos jours, mais en revanche, la qualité des lancers est de beaucoup supérieure. »

Revenant sur son passage avec les Cantonniers, Jimmy Waite se rappelle le sentiment de fierté qui l’avait envahi la première fois qu’il a revêtu le chandail de l’équipe. « À ma dernière année bantam, dès que j’avais la chance d’aller voir jouer les Cantonniers je me pointais à l’aréna de Magog. J’observais Rock Marinier qui était leur gardien régulier et je rêvais de l’imiter dans le même uniforme. Lorsque mon rêve s’est réalisé, j’étais fou comme un balai. Mais je suis resté lucide en sachant que je venais à peine de faire un premier pas vers une éventuelle carrière. Je ne me suis jamais créé de faux espoirs. Le hockey est comme un entonnoir qui se referme. Plus on monte, plus l’opposition est de taille, voire féroce. Il ne faut jamais perdre ça de vue. Jouer midget AAA forge le caractère. J’ai été très bien préparé avec les Cantonniers et je réalise que le développement des joueurs est toujours la priorité de mon ancienne équipe midget AAA. Cela les honore. Les jeunes doivent profiter de cette chance unique. J’ai profité de la mienne », estime Jimmy Waite.

Avec Jimmy et Stéphane, les Waite ont assurément une place de choix au tableau d’honneur des Cantonniers.

Patrick Lalime retranché

Au début de la saison 1990-91, Roger Garneau dirigeait les Cantonniers. Au camp d’entraînement, Garneau et ses adjoints ont retranché un certain Patrick Lalime qui s’est finalement retrouvé avec les Forestiers d’Abitibi-Témiscamingue (aujourd’hui Amos). Martin Lafontaine et Hugo Lamelin formaient donc le duo de gardiens en ce début de saison à Magog. On connaît la suite, Lalime atteignant plus tard la Ligue nationale où il a connu une belle carrière. Garneau, personnalité fort connue à Magog, se fait encore agacer aujourd’hui, surtout par les amateurs de hockey. Bon joueur, Garneau n’hésite pas à jouer le jeu des amateurs et préfère en rire lui aussi.

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À deux reprises, l’ex-entraîneur du Canadien de Montréal Jacques Demers est venu faire son tour dans le vestiaire des Cantonniers, question de les inspirer. La première fois, c’était en décembre 1994, à peine quelques mois après la conquête de la dernière Coupe Stanley du Tricolore. Puis en 2000, lors de la coupe Air Canada disputée et gagnée par les Cantonniers à l’aréna Maurice-Richard à Montréal, Mario Durocher avait fait appel à Demers. On connaît tous les talents de motivateur de Jacques Demers.

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Plusieurs anciens porte-couleurs des Cantonniers ont fait ou continuent de faire carrière comme entraîneur au hockey. Qu’on pense à Martin Bernard, Jean-François Grégoire, Gordie Dwyer, Stephen Lebeau, Éric Veilleux, Jimmy Waite, Jean-François Labbé et combien d’autres.

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Patrick Guay, l’actuel porte-couleurs du Phœnix de Sherbrooke, détient un record d’équipe chez les Cantonniers qui risque d’avoir une longue durée de vie. Il s’agit de la marque de neuf buts gagnants établie l’an dernier.