Patrick Dom, directeur du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec.
Patrick Dom, directeur du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec.

Pas de tournoi pee-wee à Québec en 2021

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Cette fois, Toto ne l’aura pas, son tour du chapeau, et les «pee-wee du Carnaval» ne débarqueront pas à Québec pendant 12 jours. Pour la première fois en 62 ans, l’organisation du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec a annoncé lundi matin que l’événement n’aurait pas lieu en 2021, COVID-19 oblige.

Le directeur général du tournoi, Patrick Dom, avait répondu «Maison de fous, bonjour!» à l’appel du Soleil, réalisant bien le genre de 24 heures qu’il allait vivre après avoir fait la fameuse annonce. «Ce sera une longue journée! Nous sommes le premier grand événement d’hiver à annoncer son annulation... on n’est pas cave, on le sait que le monde est fâché, que le monde est frustré...», a-t-il déclaré.

Dom jure que la question a été abordée à plusieurs reprises durant l’été avec le conseil d’administration et que la date butoir a été repoussée le plus possible. «On avait beau savoir qu’on s’en allait vers ça, quand on a voté pour dire qu’on annulait, ça a donné un coup en dedans.»

Déficit prévu

L’incertitude quant à l’état de la pandémie et des mesures sanitaires en vigueur du 10 au 21 février aurait placé les organisateurs devant une décision inévitable. «Si la limite est encore de 250 spectateurs par événement, moi, je ne vis pas avec ça. Et s’il n’y a pas de spectateurs, je n’ai pas de commanditaires. Là, je suis rendu avec 60 % de mes revenus perdus», analyse-t-il.

Patrick Dom calcule que tenir le tournoi, en formule internationale ou seulement pancanadienne, en respectant toutes les mesures sanitaires aurait provoqué un déficit de 950 000 $. «C’est simple, ça aurait coûté plus cher de tenir l’événement que le déficit de 400 000 $ qu’on aurait en ne le tenant pas et en gardant quand même en poste tous nos employés!», illustre-t-il

Et c’est exactement ce que fera l’organisation. «Si on avait voulu minimiser les pertes au maximum, on aurait simplement mis nos six employés au chômage pour revenir l’an prochain, mais on a plutôt décidé de tous les garder et de faire le rattrapage qu’on n’avait pas eu l’occasion de faire par le passé. On a identifié 177 points sur lesquels on va travailler cette année», poursuit le DG, mentionnant au passage la création d’une plate-forme de réservation en ligne. avec Élisabeth Fleury

Pour la première fois en 62 ans, l’organisation du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec a annoncé lundi matin que l’événement n’aurait pas lieu en 2021, COVID-19 oblige.

Éviter de dénaturer

Il avoue également qu’il n’aurait pas voulu dénaturer le Tournoi en le tenant à tout prix. «Si tu fais le Carnaval et qu’il n’y a pas de Bonhomme, pas de palais de glace, ce n’est plus vraiment le Carnaval...», illustre-t-il.

«Le problème est qu’un tournoi comme le nôtre, tu ne peux pas organiser ça deux mois d’avance. On aurait dû déjà avoir commencé et il y avait juste des inconnues. Après discussions avec le gouvernement, la direction de la santé publique et les différents intervenants, nous avons constaté qu’il n’était pas possible d’obtenir des réponses exactes.» 

Outre les limitations quant aux foules, l’incertitude subsistait quant à la réouverture des frontières, à la reprise des activités du hockey mineur, à la possibilité ou non de tenir des tournois, aux éventuelles demandes d’inscriptions dans les circonstances actuelles, à l’obligation de quarantaine, à l’imposition du port du masque et de la distanciation physique de deux mètres et au désir des familles d’accueil de recevoir des jeunes de pays étrangers.

Risques et conséquences

«En plus de nos 2 500 joueurs et 230 000 spectateurs, nous comptons chaque année sur 400 bénévoles et 450 familles d’accueil qui sont en majorité des personnes plus âgées. Considérant les risques que le coronavirus pose pour leur santé, nous croyons qu’il est impossible et trop dangereux de compter sur la participation active de tous ces bénévoles», résume Patrick Dom.

L’annulation aura aussi un impact important sur l’industrie touristique de la ville de Québec puisque le tournoi parvenait à attirer des gens dans la capitale pendant une période généralement creuse. L’organisation estime que le Tournoi international de hockey pee-wee de Québec a généré des retombées de près de 14,5 millions $ en 2019, notamment pour les restaurants et les hôtels qui profitent de la manne touristique.

Legault comprend

En point de presse lundi matin, le premier ministre François Legault a dit comprendre la décision du Tournoi tout en compatissant pour les jeunes hockeyeurs qui seront privés de ce rendez-vous annuel.

«Évidemment, je trouve ça très malheureux pour les jeunes, mais en même temps, il ne faut pas non plus étirer l’élastique», a-t-il résumé. «Il y a deux considérations pour un événement sportif majeur: il y a la participation des joueurs et la participation des spectateurs. Pour l’instant, on est à 250 personnes maximum pour ce genre de spectacle, même si c’est du hockey», a expliqué le premier ministre.

«Je peux comprendre que les organisateurs se disent qu’il y a des bonnes chances que les équipes américaines ne puissent pas venir et qu’on ne pourra pas avoir le nombre de spectateurs qu’on veut habituellement, alors on est peut-être mieux de sauter une année. Mais ça me fait de la peine parce qu’on a vu de grands joueurs au Tournoi pee-wee de Québec qui ont fait la Ligue nationale», a-t-il conclu.