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Jean-Guy Rancourt
La Tribune
Jean-Guy Rancourt
L'ampleur de la troisième vague ne fait plus aucun doute et le portrait est on ne peut plus clair: le hockey n'aura pas la bénédiction de la Santé publique et du gouvernement caquiste pour un retour au jeu. Fini!
L'ampleur de la troisième vague ne fait plus aucun doute et le portrait est on ne peut plus clair: le hockey n'aura pas la bénédiction de la Santé publique et du gouvernement caquiste pour un retour au jeu. Fini!

Pas de miracle pour la semaine sainte

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On a beau être en pleine semaine sainte, je ne crois plus aux miracles. Lequel me demanderez-vous? Celui d'une saison, aussi courte soit-elle, dans la Ligue de hockey midget AAA du Québec.

Je suis malheureux de l'écrire, car croyez-moi, il ne se trouve pas un journaliste au Québec qui est plus connecté et qui apprécie autant le produit de la Ligue midget AAA que votre humble serviteur.

L'ampleur de la troisième vague ne fait plus aucun doute et le portrait est on ne peut plus clair: le hockey n'aura pas la bénédiction de la Santé publique et du gouvernement caquiste pour un retour au jeu. Fini! Le cadenas est barré à double tour. Je rejoins l'ancien Cantonnier et actuel entraîneur Éric Bélanger des Chevaliers de Lévis qui déclarait à mon patron Sébastien Lajoie cette semaine qu'il ne croyait plus à une reprise.

Les dirigeants du circuit Lévesque ont maintenant le devoir de se préoccuper du sort des hockeyeurs de 15 ans qui devaient donner leurs premiers coups de patin cette saison dans la ligue. Chaque année lors du repêchage de la LHJMQ, l'entièreté ou presque des quatre ou cinq premiers tours est l'affaire des adolescents de 15 ans qui sont réclamés par les formations du circuit Courteau.

Ceux qui me lisent sur une base régulière savent que je me suis toujours opposé à la présence des patineurs de 16 ans dans la LHJMQ. Je me questionne même sur les rares cas de ceux qu'on identifie comme exceptionnels. Il me semble qu'on a l'élastique un peu long quand vient le temps de les identifier. Ça me fait penser au discours des équipes quand, dans un souci de bien paraître, elles répètent à l'unisson que le joueur sélectionné est celui qui était dans leur mire tout en ajoutant qu'on ne croyait pas qu'il serait encore disponible au moment de parler. Faut pas charrier!

Disons que je suis de l'école de ceux qui croient qu'il vaut mieux pour le développement d'un adolescent de le laisser dominer dans une ligue inférieure et demeurer dans son groupe d'âge. Bon! Je m'éloigne de mon sujet. Que les joueurs de 15 ans (qui ont 16 ans pour la plupart au moment du repêchage) soient réclamés à la prochaine séance de sélection, je peux vivre avec. Mais de grâce, laissez-les jouer au moins une saison complète dans le midget AAA avant de les lancer dans la gueule du loup avec et contre des hockeyeurs de 18, 19 et 29 ans qui n'ont jamais cessé de jouer au hockey avec contact physique.

Pour être plus clair, les joueurs nés en 2015 évoluaient tous dans la division bantam AAA en 2019-2020. La saison 2020-2021 devenait donc leur première dans le midget, mais celle-ci se résume qu'à des entraînements qui tournaient autour des habiletés individuelles. Zéro situation de match, je ne vous l'apprends certainement pas. Comment peut-on penser qu'un jeune serait prêt mentalement et physiquement à passer du bantam AAA au junior majeur dans de telles conditions? Leur demander de graduer junior majeur sans être passé par le midget AAA serait un désastre, voire suicidaire pour ces joueurs nés en 2005.

Je suis pas mal certain que les dirigeants de la Ligue midget AAA en viennent déjà à la même conclusion. Je serais très déçu, voire révolté, si les équipes de la LHJMQ allaient dans la direction contraire et n'en feraient qu'à leur tête.

Rester debout

Pas facile en temps de pandémie pour un journaliste attaché à la couverture régionale de trouver du matériel pour alimenter les lecteurs. Quand tu songes d'écrire sur ta saison de ski de fond et les quelque 1 200 kilomètres parcourus à travers 65 sorties, c'est que les sujets manquent cruellement. J'ai passé mon tour. Qui cela pourrait intéresser? Je suis pas mal plus habile pour parler des autres que de moi-même.

Le vide, le syndrome de la page blanche, je commence à en avoir marre. Mais tout comme Bianca Andreescu qui a trouvé ses repères après une absence des courts de tennis qui s'est étirée sur presque un an et demi, il faut croire à des jours meilleurs, ne pas désespérer.

D'ailleurs, pas question pour moi de me plaindre de mon sort. Dans ma parenté un peu lointaine, un garçon dans la jeune vingtaine, amoureux des sports, est décédé d'un cancer généralisé le mois dernier. Jusqu'à son dernier souffle, ses proches m'ont mentionné qu'il était interdit de pleurer, de seulement être triste, en sa présence. Il était généralement la personne la plus joyeuse de la pièce. Jamais il ne s'est plaint.

Sa liberté, ça faisait longtemps qu'il en était privé, qu'on lui avait volée. Mathieu, c'était son prénom, aurait eu droit de crier à l'injustice. Il est resté droit comme un chêne. Comme tout le monde j'ai hâte de retrouver une vie normale, Mais, ce virus invisible, aussi déplaisant et lourd à supporter soit-il, ne m'empêchera pas de respirer, bouger, rire. Je suis à des lunes du calvaire vécu par Mathieu. Il faut rester debout.