Alex-Olivier Voyer et Patrick Guay ont hâte de retrouver leur ami et frère, Nicolas Guay.

Pas de famille ni d’amis

La série entre les Voltigeurs de Drummondville et le Phœnix de Sherbrooke laisse place à un duel entre deux frères, mais aussi deux très bons amis. Le capitaine des Voltigeurs, Nicolas Guay, retrouvera en deuxième ronde son jeune frère Patrick et son camarade de longue date, Alex-Olivier Voyer.

Dès le départ, les trois hockeyeurs de la région le confirment : en séries, la famille ou l’amitié n’existe plus.

« Nicolas et moi, on est à la base très orgueilleux, avance Alex-Olivier Voyer. On va à la patinoire extérieure juste nous deux l’hiver et ça peut finir n’importe comment. On verra cette fois comment ça va aller durant cette série! »

« Je risque de me retrouver sur la glace quelques fois en même temps que mon frère, confirme la recrue du Phœnix Patrick Guay. Je vais tout de même vouloir jouer mon style de jeu, qu’il soit sur la glace ou non. C’était déjà excitant en saison et j’ai l’impression que cet affrontement passera au prochain niveau parce que tout est toujours plus gros en séries. Ce sera encore plus spécial pour Alex, Nic et moi. »

« Oui, c’est excitant d’affronter un ami et mon frère, confie Nicolas Guay. Mais au final, ça ne change rien pour moi. Ça reste une partie de hockey. À vrai dire, j’aime mieux me concentrer sur mon équipe que sur la présence de Pat et Alex. Ce n’est pas parce que je refuse d’attiser la flamme ou de mettre de l’huile sur le feu. Ça ne me dérangerait pas de le faire. »

Son frère cadet admet que les deux frangins ne se lanceront pas dans une guerre de mots.

« Ce n’est pas dans ma nature. Personnellement, je n’ai pas tendance à parler à l’adversaire sur la glace, donc je ne crois pas qu’il y aura une bataille verbale. Même au dernier souper de famille, on n’a pas abordé le sujet de cette série, ou presque pas. »

Entre Alex-Olivier Voyer et Nicolas Guay, la confrontation risque d’être toutefois physique ou mentale. Mais entre les deux frères, Patrick Guay croit qu’ils ne s’en tiendront qu’au hockey.

Nicolas Guay refuse de s’arrêter à cette confrontation contre son frère cadet et son bon ami d’enfance.

« Ça fait bizarre encore de l’affronter, parce que l’écart d’âge est grand. Il a plus d’expérience que moi et il a de belles habiletés. On travaille fort tous les deux ensemble l’été pour se développer au maximum, mais là on doit s’affronter. Mes parents seront entre l’arbre et l’écorce. D’ailleurs, que je sois sur la glace ou non, je ne veux pas voir mon frère marquer! »

Favoris et sous-estimés

Certains experts classent les deux formations dans des catégories différentes. D’une part, les Voltigeurs ont tout misé sur l’année actuelle. De l’autre, le Phœnix se veut encore jeune et poursuit sa construction en espérant atteindre les sommets l’an prochain ou dans deux ans.

« On sait que des surprises peuvent survenir en séries, indique Voyer. On n’a qu’à regarder les duels de la première ronde. Qui aurait pu deviner que l’une des pires équipes de la LHJMQ (les Cataractes de Shawinigan) aurait pu battre deux fois la meilleure équipe (les Huskies de Rouyn-Noranda)? On croit pouvoir faire encore mieux contre les Voltigeurs. On n’est vraiment pas favoris. Les Voltigeurs ont donné tous leurs choix au repêchage pour aller chercher des vedettes. Malgré tout, on croit pouvoir rivaliser en respectant le système. »

« Notre édition est probablement la meilleure équipe pour laquelle j’ai pu jouer jusqu’à maintenant dans ma carrière, fait remarquer Nicolas Guay. La chimie est tellement bonne en plus. C’est très spécial d’être le capitaine de tous ces excellents joueurs. Il faudra éviter de se battre soi-même en tombant dans l’indiscipline. »

« En saison, une équipe peut s’en sauver grâce à son talent, poursuit l’aîné de la famille Guay, mais pas en séries, ce qui nous porte à croire que tout peut arriver contre le Phœnix. On respecte beaucoup notre prochain adversaire. On sait que les attentes sont grandes envers nous, mais peu importe l’étiquette de favoris ou de sous-estimés, on ne s’arrête pas à ça. »

Rappelons que le Phœnix n’a jamais gagné cette saison contre les Voltigeurs.

« Ils nous connaissent bien et on les connaît bien aussi, soutient Voyer. Ce serait le bon moment de les vaincre. C’est la loi de la moyenne! L’émotion se fera sentir dès la première mise en jeu. J’ai super hâte que ça commence. Ce sera probablement les matchs les plus importants de ma carrière. Je n’avais jamais gagné en première ronde à Rimouski dans le passé. Ce sera crucial. Grâce à une victoire contre Drummondville, tout le monde en retirera des bénéfices au plan personnel et pour l’organisation aussi. On commencera toutefois par gagner un match avant de rêver à une participation à la troisième ronde parce que le défi sera grand. »

Une rivalité à bâtir

Même si les deux formations s’affrontent régulièrement, on ne sent pas nécessairement d’animosité entre les deux clubs. Pour l’instant, du moins.

« C’est peut-être le début d’une grande rivalité, croit Nicolas Guay. On connaît bien sûr la Bataille de la 55, mais elle pourrait prendre de l’ampleur grâce à cette série. On se trouve seulement à 45 minutes de route d’un aréna à l’autre. Depuis que Sherbrooke est revenue dans la LHJMQ en 2012, la rivalité tarde à s’installer même si l’on sent que l’ambiance est de mieux en mieux durant les parties. »

« Cette série risque d’attirer des spectateurs dans les deux amphithéâtres et on se souvient de notre partie numéro 5 contre l’Armada à Sherbrooke, durant laquelle les spectateurs étaient nombreux et ont eu leur mot à dire dans notre victoire. On souhaite pouvoir compter sur l’appui de nos fans », conclut Voyer.