L’entraîneur Stéphane Julien, les assistants Benjamin Tardif, Samuel Poulin, Alex-Olivier Voyer et Félix Robert ainsi que le directeur général Jocelyn Thibault participaient à la séance de présentation des joueurs vendredi soir lors d’un 5 à 7 tenu à la Cage aux sports de Sherbrooke.

Pas de capitaine

C’est sans capitaine que le Phœnix de Sherbrooke commencera sa saison 2018-2019. Une semaine jour pour jour avant le début du calendrier, l’organisation a annoncé vendredi soir que son groupe de leaders sera formé de quatre assistants.

Le jeune Samuel Poulin, considéré comme le prochain capitaine par les partisans, s’est vu remettre la lettre A maintenant brodée sur son gilet. Âgé de 18 ans, Benjamin Tardif a aussi été nommé assistant, tout comme les attaquants de 19 ans Félix Robert et Alex-Olivier Voyer. 

« Les quatre joueurs choisis auraient tous pu être capitaine, mais je ne voulais pas leur donner cette pression supplémentaire cette saison : en groupe, le travail sera encore mieux fait », estime l’entraîneur Stéphane Julien, qui a pris cette décision. 

Ce n’est pas la première fois que le Phœnix se retrouve sans capitaine. Après avoir remis le C à Alexandre Comtois lors de la première saison et Jonathan Deschamps à la seconde campagne, un comité de leaders avait été formé en 2014-2015. Par la suite, Carl Neill était nommé capitaine lors de l’an 4. En quittant la formation en 2016, Neill a laissé son poste vacant et il aura fallu attendre jusqu’au 10 janvier 2017 avant de voir Hugo Roy prendre le relais, devenant ainsi le quatrième capitaine de la jeune histoire du Phœnix.

Nicolas Poulin, Thomas Grégoire et Mathieu Olivier l’appuyaient dans ses fonctions.

« Il faut se souvenir que notre capitaine et nos trois assistants de la dernière saison ne sont plus avec nous, rappelle Stéphane Julien. Ils ont tous fini leur stage junior, sauf Thomas Grégoire qui a fait le saut chez les professionnels. On a aussi 14 nouveaux joueurs. Donner le titre de capitaine à un joueur qui n’était pas dans le groupe de leaders l’an dernier, je ne crois pas que c’était la meilleure idée. »

Le bon choix, croient les joueurs

À l’âge de 17 ans, Samuel Poulin prend encore du galon chez le Phœnix en devenant assistant. Celui qui sera admissible au prochain repêchage de la LNH vivra une année importante et tout indique que l’organisation a refusé de lui ajouter une pression supplémentaire en évitant de le nommer capitaine à un si bas âge.

« L’entraîneur dit que l’on est quatre capitaines, d’autres diraient que l’on est quatre assistants, mais d’une façon ou d’une autre, notre rôle revient à exercer notre leadership au sein de l’équipe. Ça nous enlève une certaine pression, mais ce n’est qu’une lettre. Ça ne changera pas notre façon de jouer », assure Poulin.

« Ça ne nous dérange pas de ne pas avoir de capitaine, avoue Félix Robert. C’était le choix à faire. On est quatre joueurs avec une lettre, mais plusieurs autres auraient pu en avoir une aussi. Pour moi, c’est un bel honneur. Peu importe la lettre qui est brodée sur notre gilet, on fera le travail qui doit être fait. »

Tous semblent en effet appuyer Stéphane Julien dans son choix.

« Je crois que c’était la bonne décision, estime Benjamin Tardif. C’est l’organisation qui avait le dernier mot après tout. De toute façon, on veut tous les quatre aller dans la même direction en continuant ce qui a été bâti l’an dernier. Notre but est de garder l’équipe bien unie et aller de l’avant en connaissant une belle saison. »

« On est quatre bons vétérans, affirme Alex-Olivier Voyer. En fait, on est quatre personnes différentes : Ben a une bonne éthique de travail et montre l’exemple dans le gym. Il n’a pas peur de faire de l’extra. Roby impressionne par sa fougue sur la patinoire et l’énergie qu’il amène. Il est toujours souriant. Samuel est encore jeune, mais il amène du leadership à sa façon et deviendra un très bon vétéran et un bon joueur dans cette ligue. Pour ma part, je suis dans la LHJMQ depuis longtemps, je connais la game et je m’entends bien avec tout le monde. Je suis capable d’avoir du plaisir et d’être sérieux quand c’est le temps. »

De jeunes leaders

Aucun joueur de 20 ans ne portera de lettre cette saison, un fait plutôt rare dans la LHJMQ.

À 17, 18 et 19 ans, les quatre joueurs pourraient même revenir avec le Phœnix l’an prochain, ce qui garderait le groupe intact. 

« Jocelyn Thibault et son équipe veulent bâtir pour le futur et on était prêts à remplir ce rôle-là dès maintenant. Ce n’est qu’un pas dans la bonne direction. On est jeunes, mais on a eu de bons modèles de leadership dans le passé », conclut Samuel Poulin.

Un capitaine à Noël ?

L’entraîneur Stéphane Julien a déjà prouvé dans le passé qu’il n’a pas peur de modifier son groupe de leaders durant la saison et il n’écarte pas l’idée de nommer un capitaine durant la période des Fêtes.

« Je ne suis pas fermé à l’idée de nommer un capitaine durant la saison. Rendu aux Fêtes, peut-être que nous allons en avoir un, je ne le sais pas. Si les gars se rattachent davantage à l’un d’entre eux et qu’il y en a un qui affiche un sens de leadership un peu plus fort, on pourrait nommer un capitaine. Mais d’ici Noël, rien ne changera. »

Le pilote sherbrookois admet avoir consulté ses joueurs avant de prendre cette décision.

« J’ai rencontré tous les joueurs la semaine dernière. J’ai voulu avoir leur opinion en ce qui concerne le choix du prochain capitaine. Plusieurs noms ressortaient et c’était souvent les mêmes. Notre noyau de leaders est bon et quatre d’entre eux ont atteint le niveau suivant. On souhaitait y aller étape par étape. J’aurais pu nommer les quatre joueurs capitaine. Je n’aurais pas eu de problème avec ça. »

Ce dernier admet que son groupe de leaders est plutôt jeune.

« Ce qui est bien aussi, c’est qu’à part Voyer, tous nos leaders ont été repêchés par notre organisation. Ils ont appris avec nous. Je le répète souvent, mais la présence de notre capitaine et de nos trois assistants l’an dernier a été très bénéfique pour nos jeunes. Nos quatre nouveaux sont tous différents. Voyer est verbomoteur. Il est capable de s’exprimer dans le vestiaire et il a le respect des joueurs. Robert est très déterminé, Tardif est discipliné, il fait tout pour avoir du succès et il est respecté pour ça. Finalement, Poulin agit comme un professionnel. Les quatre prendront de l’expérience en ayant une lettre sur leur chandail cette saison et on verra pour la suite », résume Julien.