Un père et une fille à la ligne de départ du triathlon Ironman de Cozumel, c’est ce qu’ont vécu le député d’Orford Gilles Bélanger et sa fille Geneviève. Malgré son agenda chargé, Gilles Bélanger s’est permis ce voyage éclair de l’Assemblée nationale au Mexique avec sa complice, sa fille, pour accomplir un exploit sportif inspirant dans des conditions loin d’être optimales.

Pari gagné pour Geneviève et Gilles Bélanger

Le député Gilles Bélanger et sa fille Geneviève avaient convenu il y a quelques années de relever un nouveau défi père-fille. C’est ainsi que le triathlon Ironman de Cozumel est apparu sur leur radar.

Gilles Bélanger et sa fille ont donc pris la route du Mexique entre deux sessions parlementaires du paternel à l’Assemblée nationale. Au moment de cette promesse, Gilles Bélanger ne savait pas encore que sa vie prendrait une tournure insoupçonnée avec l’invitation du futur premier ministre François Legault de joindre l’équipe de la CAQ et éventuellement de mériter la confiance des électeurs du comté d’Orford.

Avec les voyages hebdomadaires à Québec, les innombrables déplacements dans le comté, l’agenda politique de Gilles Bélanger s’est chargé de lui rappeler que le temps consacré à l’entraînement serait passablement réduit malgré tout son bon vouloir. 

Pendant ce temps, Geneviève Bélanger devait composer avec une blessure et des maux qui refaisaient surface. À un mois de la course, l’Ironman de Cozumel devenait une aventure plus qu’audacieuse pour les deux Bélanger, mais c’était mal les connaître si on croyait qu’ils allaient tourner le dos à leur défi, d’autant plus qu’un triathlon Ironman n’était rien de nouveau pour eux, mais dans des conditions optimales faut-il le préciser.

« J’étais quand même inquiète de voir mon père se lancer dans 3,8 km de nage, 180 km de vélo et 42 km de course à pied avec un entraînement qu’il a dû négliger par la force des choses. Et moi, je ne voulais pas ruiner ma saison automne-hiver avec une nouvelle blessure parce que je n’avais pas accumulé assez de kilomètres non plus à l’entraînement. On a foncé pareil », a révélé Geneviève Bélanger.

« Je me doutais bien que je soumettrais mon corps de 61 ans avec un surplus de poids par surcroit à une séance de torture en règle, surtout à la course à pied. Si je peux m’attribuer une qualité, c’est de savoir comment composer avec la douleur. Sur ce plan, j’étais ma meilleure police d’assurance », a confié Gilles Bélanger.

Résilience et volonté

Il était clair pour les deux Magogois que leur chrono ne devenait plus une priorité. La prudence et un bon dosage de l’effort étaient de mise. Geneviève Bélanger a finalement crié mission accomplie au bout de 10 h 28 min 56 s Gilles Bélanger a suivi sa fille à l’arrivée presque cinq heures plus tard, soit en un temps de 15 h 40 min 6 s, ce qui a eu l’heur d’émouvoir Geneviève.

« Presque 16 heures sur le terrain, sans jamais penser abandonner, ça prend toute une force mentale et une volonté de fer. Je sais jusqu’à quel point mon père n’a plus beaucoup de temps pour lui. Il est toujours là pour les autres. Il l’a prouvé une fois de plus en tenant sa promesse de faire ce triathlon Ironman avec moi malgré son peu d’entraînement. Il prenait le temps aussi d’encourager ceux et celles qui souffraient sur le parcours. C’est mon père tout craché. »

« Je suis heureux d’avoir renversé la tendance qui m’enlignait vers une vie de parlementaire typique, renchérit Gilles Bélanger, sourire en coin. Mes parents de 85 et 93 ans sont encore très autonomes. Je pense avoir hérité de leur bagage génétique. »

Geneviève Bélanger avait affiché ses couleurs avant le départ. « Je voulais m’amuser du début à la fin, profiter du moment présent et j’ai adopté cette approche. J’ai nagé en regardant les poissons et pédalé en observant la mer. À la dernière transition avant de partir à courir, la tentation était grande d’y aller à fond de train et de retourner à Kona au Championnat du monde. J’ai résisté et je ne regrette rien. J’ai pensé à long terme. Je n’avais pas ce qu’il fallait cette année en termes d’entraînement pour risquer le tout pour le tout. Je suis plus équilibrée dans ma vie. Fini l’époque où je priorisais seulement le sport. J’ai écouté ma petite voix intérieure qui me répète que le bonheur est un festin de petites miettes », relate Geneviève Bélanger.

Ironiquement, c’est sur le chemin du retour le lendemain de la course que Gilles Bélanger a vécu son plus gros stress. « Je devais être à Québec 24 heures après le triathlon, car je participais à une commission parlementaire. Le traversier, l’avion, Montréal Orford et Orford Québec en auto, c’était plus angoissant que le triathlon. Mais ce fut une aventure inoubliable avec ma fille. Prenez le temps de sortir des sentiers battus avec vos enfants », a-t-il fait valoir.