Ouverture des terrains de golf: une pétition qui fait jaser

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Une pétition fait actuellement fureur sur les réseaux sociaux. Lancée par le site internet info.golf Québec à travers la plateforme change.org, la pétition demande au gouvernement du Québec de « permettre aux terrains de golf du Québec de pouvoir ouvrir durant la pandémie de COVID-19 ». Une pétition qui est loin de faire le bonheur des différents intervenants du monde du golf au Québec.

Cette pétition en ligne est énormément partagée, ces temps-ci, notamment sur Facebook. Mercredi, en fin de journée, ce sont un peu plus de 10 000 personnes qui avaient déjà appuyé l’initiative.

Si la pétition semble très populaire, elle ne plaît pas du tout à Martin Ducharme.

Ce dernier, qui est directeur du Club de golf Château-Bromont, croit qu’il s’agit d’une mesure non nécessaire, allant même jusqu’à avancer qu’elle pourrait saper les efforts actuellement mis en place par la table de concertation de l’industrie du golf.

Les terrains de golf, au même titre que plusieurs autres secteurs de l’économie, ne font pas partie des services essentiels ciblés par le gouvernement du Québec.

« Je suis contre ça (la pétition), absolument. Il y a une table de concertation de l’industrie du golf qui travaille d’arrache-pied avec le gouvernement et à ce moment-ci, pourquoi lancer une pétition alors qu’il y a déjà des efforts qui sont faits et qu’il y a déjà des communications qui sont faites avec le gouvernement ? C’est jeter de l’huile sur le feu absolument pour rien », a ragé celui qui occupe également le poste de président de l’Association des clubs de golf du Québec.

« Quand j’ai vu ça sur Facebook, j’ai sursauté. Je me suis dit, je ne peux pas croire que ce site internet puisse lancer une pétition comme ça. Je respecte beaucoup les journalistes, mais eux, c’est du journalisme poubelle. Ça fait deux fois, en l’espace de deux ou trois semaines, qu’ils font quelque chose comme ça, pour nuire à tout ce qui est fait présentement ; ils ont affirmé qu’il n’y aurait pas de saison de golf en 2020, franchement ! », s’est emporté M. Ducharme.

L’annulation des événements publics culturels et sportifs, de même que les festivals, jusqu’au 31 août, annoncée vendredi dernier par le gouvernement du Québec, a déjà affecté bien des rassemblements d’importance qui jalonnent l’été des Québécois.

La pratique sportive, toutefois, n’est pas incluse dans ces nouvelles mesures de distanciation physique. Des sports comme le soccer et le baseball, entre autres, sont en attente de nouvelles consignes, plus précises, afin d’offrir une saison à leurs membres. Idem pour le golf.

Selon les chiffres de 2011 colligés par Ipsos Marketing et DAA Stratégies, dans leur « Analyse du potentiel du marché du golf au Québec », et publiée en 2013, au profit de la Table de concertation des associations de golf, le Québec compterait 349 clubs de golf.


« On travaille plus de 10 heures par jour pour apporter des solutions au gouvernement. »
Martin Ducharme

L’industrie touristique liée à cette pratique sportive est également très importante, juge cette étude, même si le golf est en décroissance.

Il y aurait un peu plus d’un million d’amateurs de golf, au Québec, mais ils jouent moins souvent, rapporte l’étude.

« Les efforts de la table de concertation sont immenses. On travaille plus de 10 heures par jour pour apporter des solutions au gouvernement, pour apporter des choses concrètes pour que l’industrie du golf soit prête quand on va pouvoir rouvrir. Et je le précise : on n’est pas pressé de la rouvrir ; on est réaliste, on sait ce qui se passe dans la population, on sait ce qui arrive. Il faut être logique. Nous sommes une industrie responsable. On va rouvrir quand ce sera sécuritaire pour nos employés et nos membres. On veut garder notre clientèle en santé, on en a besoin. On va rendre ça sécuritaire et on va rendre ça responsable », a martelé Martin Ducharme.

La table de concertation réunit toutes les associations de golf du Québec, les surintendants, les professionnels, l’Association des clubs de golf du Québec, l’Association nationale des propriétaires de terrains de golf section Québec, Golf Québec et Golf Canada, a précisé M. Ducharme.

Martin Ducharme, directeur du Club de golf Château-Bromont

« Ça ne peut pas être plus solide que ça. Les représentations qui sont faites auprès du gouvernement du Québec, c’est pour le bien-être de tout le monde. On pense à une chose en premier, c’est la santé de tout le monde, c’est ça qui est primordial. Cette pétition amène de l’huile sur le feu pour rien. Le gouvernement n’a pas besoin de ça, il en a assez sur les épaules présentement. Nous sommes une industrie responsable et on est capable de faire des “moves” avec le gouvernement qui sont logique et qui vont avec la situation actuelle. On suit les consignes de la santé publique ; mais nous on fait des suggestions, on apporte des solutions. »

« On connaît nos besoins, et on a des idées pour rendre la pratique sécuritaire. Comme pour les concessionnaires automobiles ; ces derniers ont formulé plusieurs recommandations pour rendre leur industrie adéquate aux consignes. C’était même plus sévère que ce que le gouvernement a finalement adopté », a poursuivi M. Ducharme.

Tout récemment, à Sherbrooke, un commerce de vente et de réparation de vélo a lancé une pétition similaire à celle d’Info Golf, sur la même plateforme, en parallèle aux efforts déployés par Vélo Québec, entre autres, pour que le service de réparation des vélos soit considéré comme un service essentiel.

Jean-Pascal Lafond, éditeur d’Info Golf, n’a pas rappelé La Tribune.