Le Finlandais Jesperi Kotkaniemi avait impressionné au camp l’an dernier et avait mérité sa place dans le grand club. Exactement comme Ryan Poehling et Nick Suzuki tenteront de le faire cette année.

Oui à l’élan de jeunesse chez le Canadien

LAVAL — Le Canadien a officiellement lancé sa saison 2019-2020, lundi, avec la tenue de son tournoi de golf annuel au Club Laval-sur-le-Lac.

Il est encore tôt, le camp d’entraînement du Canadien de Montréal n’est même pas vieux d’un match préparatoire.

Pourtant, la panoplie de jeunes joueurs qui frappent aux portes de la LNH fait croire à un avenir radieux. Jesperi Kotkaniemi a déjoué les pronostics l’an dernier pour se frayer un chemin jusque dans la formation régulière. Cette fois, les Ryan Poehling et Nick Suzuki tenteront de faire la même chose.

Et ils en auront la chance. Suzuki est un espoir de premier plan, décrit comme «la pièce maîtresse» dans la transaction de Max Pacioretty. Il revient de fabuleuses séries éliminatoires dans la Ligue de l’Ontario, avec le titre à la clé, il a pris du coffre, il a travaillé son coup de patin avec des gourous de la discipline. Il est un marqueur prolifique, capable de jouer à l’aile droite, justement là où il y a un poste de disponible sur le deuxième trio.

Max Domi pense qu’il y a beaucoup d’éléments positifs à retenir de la dernière saison du Tricolore.

Poehling, lui, a laissé une fabuleuse carte de visite avec son tour du chapeau et un but en tirs de barrage à sa seule présence dans la LNH. Il n’en fallait pas plus pour l’inclure dans la discussion pour un poste régulier au centre dès la prochaine saison. Surtout que le Canadien ne regorge pas nécessairement d’intouchables en fond de formation.

«On a beaucoup de joueurs qui peuvent jouer dans la LNH», a admis l’entraîneur-chef, Claude Julien, lundi matin sur le terrain de golf. «On va devoir prendre des décisions difficiles en cours de route.

«Si ces joueurs méritent d’être là, on va leur faire de la place. Si on pense qu’ils peuvent profiter du temps dans la Ligue américaine, on aura des discussions là-dessus. Je n’ai jamais vu un joueur régresser parce qu’il est allé dans la Ligue américaine. Souvent, ça lui a porté fruit. Mais si un joueur est prêt pour la LNH, il faut lui donner de la place.»

Le directeur général Marc Bergevin a été tout aussi catégorique : il laisse la porte ouverte à un influx massif de jeunesse.

La pression ressentie par le directeur général Marc Bergevin (à droite), en poste depuis mai 2012, pourrait être forte cet hiver. Il discute ici avec l’entraîneur-chef Claude Julien.

Une crainte?

Reste qu’il pourrait y avoir une certaine crainte à inclure dans le groupe, d’un seul coup, tellement de joueurs si jeunes. Kotkaniemi a 19 ans. Suzuki et Poehling sont à peine plus vieux, à 20 ans. Chez ceux qui sont déjà là, Victor Mete a 21 ans, Noah Juulsen a 22 ans, Jonathan Drouin, Artturi Lehkonen et Max Domi ont 24 ans. C’est jeune. Brendan Gallagher a presque des allures d’octogénaire avec ses 27 ans.

Mais Bergevin ne voit pas ça comme un problème. Pas du tout, même. Il faut dire que les Shea Weber, Carey Price et autres Paul Byron et Phillip Danault ont contribué à créer un vestiaire en apparence sain.

«Je dois être prêt à tout, je peux jouer n’importe où dans la formation, avec n’importe qui, à n’importe quelle position, a dit Byron. Ça ne changera pas. Plus tu deviens vieux, plus tu peux aider les plus jeunes. C’est ce que j’essaierai de faire.»

Arturri Lehkonen Shea Weber et Charles Hudon en compagne de jeunes partisans du Canadien

Et ces plus jeunes, d’ailleurs, ont déjà commencé à travailler à leur chimie pour les prochaines années. On a vu Kotkaniemi prendre sous son aile les nouveaux pour une journée d’activités. Le capitaine du Rocket de Laval, Xavier Ouellet, a aussi invité à souper les Poehling et Josh Brook, eux-mêmes anciens colocataires. Tout ça est de bon augure.

Claude Julien ne voit, lui non plus, aucun inconvénient à faire de la place à tous ces jeunes d’un seul coup.

«Je me suis rendu en finale avec sept recrues dans le junior. Je sais que l’expérience est importante, mais si un jeune fait le travail… Tu vois les jeunes qui ont connu de bonnes saisons [à travers la LNH], qui ont eu un impact dans leur équipe, donc pourquoi pas? S’ils le méritent, on doit faire de la place. La décision ne se prend pas aujourd’hui, mais je n’ai aucun problème avec ça. Pourvu que l’on croie que l’on puisse s’améliorer avec ces joueurs-là, je serai 100 % derrière la décision de les garder.»  Avec La Presse canadienne