Christophe Normand n’endossera pas son uniforme des Alouettes en 2020.
Christophe Normand n’endossera pas son uniforme des Alouettes en 2020.

«On s’y attendait», dit Christophe Normand

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
C’est confirmé, les partisans des Alouettes et les amateurs de football canadien devront leur deuil de la saison 2020 de la LCF. Mais voilà, Christophe Normand, le numéro 38 de la formation montréalaise, avoue qu’il n’a pas été surpris par l'annonce effectuée par la direction du circuit lundi midi.

«Je m’y attendais, on s’y attendait, a expliqué l’athlète de Bromont. Même si on savait que les négociations se poursuivaient, ça fait deux semaines qu’on n’avait pas de nouvelles. Et encore une fois, c’est par les médias qu’on vient d’apprendre que la saison est purement et simplement cancellée

Normand, un bonhomme qui n’a pas peur de ses opinions, se fait très critique envers les dirigeants de la LCF.

«Il y a un manque de sérieux dans cette histoire. S’il n’y a pas de saison, c’est parce que le gouvernement fédéral n’a pas voulu accorder le fameux prêt de 30 millions $ sans intérêt, affirme les dirigeants. C’est vrai que le budget des équipes de la LCF est centré sur les revenus de la billetterie, mais il me semble que les dirigeants se sont réveillés sur le tard. C’est pas compliqué, les vrais pourparlers pour entreprendre la saison en septembre ont commencé en juillet. C’était déjà trop tard!»

En juin, Normand avait affirmé à La Voix de l’Est qu’il n’allait pas disputer la saison si toutes les équipes se retrouvaient dans une «bulle», loin de Montréal. Il avait changé d’idées depuis. Et comme tous les autres joueurs de la LCF, il se retrouve aujourd’hui sur la paille.

«Moi, mon métier, c’est de jouer football. Là, comme tous les autres, je ne pourrai pas gagner ma vie avec mon métier cette saison. Heureusement, je suis capable de faire autre chose dans la vie. Mais quand même…»

Normand a commencé à travailler avec son père dans la rénovation. Ça lui permet de faire des sous et aussi de s’occuper.

«Quand tu travailles, tu penses moins. Là, on ne sait même pas ce qui va arriver avec nos contrats. Est-ce que la deuxième année de mon entente sera valide la saison prochaine? J’espère, mais je ne sais pas.»

Des dommages

La saison dernière, on a assisté à la renaissance des Alouettes. Après des années de vaches maigres, l’équipe a renoué avec le succès sur le terrain et les amateurs ont retrouvé le chemin du Stade Percival-Molson. La nouvelle annoncée lundi risque de faire mal à la concession.

«J’espère que non, mais ça risque de faire des dommages, a repris Christophe Normand. On était bien partis et là, on se fait couper les ailes. C’est mauvais pour les Alouettes, mais c’est mauvais pour la LCF au grand complet aussi. Au mois de septembre, les gens vont regarder la Ligue nationale, pas la LCF. On va leur laisser toute la place.»

Mais Normand devrait trouver le moyen de faire du football quand même à l’automne.

«Il y aura du football scolaire, les jeunes vont jouer, eux. J’ai quelques offres pour coacher. Je vais en parler à ma conjointe, on va voir si ça passe au conseil», a-t-il conclu, sourire en coin.

Ce fut d’ailleurs son seul sourire pendant l’entrevue.