Stéphane Julien admet que ses joueurs n’ont plus d’intérêt face au classement général et, à l’inverse, l’intérêt des amateurs semble grandissant depuis les Fêtes, même si le Phœnix connait déjà son rang dans la conférence de l’Ouest.

Nouvelle formule en séries, fin de saison moins excitante

La nouvelle formule concernant les séries éliminatoires adoptée dans la LHJMQ ne comporte pas que des avantages. Même si elle permet aux équipes de limiter leurs déplacements et d’affronter des formations situées plus près d’elles en séries, cette formule fait aussi en sorte de rendre la fin de saison moins excitante pour certaines organisations, dont celle du Phœnix de Sherbrooke.

Depuis cette saison, ce n’est plus le classement général qui détermine les duels du premier et deuxième tour éliminatoire, mais bien le classement des conférences. Et comme le Phœnix est assuré de terminer sous les Voltigeurs de Drummondville, mais au-dessus des Tigres de Victoriaville, son rang demeurera le même dans l’Ouest : troisième.

« Ce n’est peut-être pas une problématique, mais depuis les Fêtes, on sait à quel rang on finira même si l’on ne connait pas notre adversaire. Ça devient une distraction, c’est humain. En quelque sorte, les gars ne gagnent rien à finir 6e ou 10e. Je ne cacherai pas le fait que depuis les Fêtes, je me bats pour motiver les joueurs en ce sens. Est-ce qu’ils voient ça différemment de moi? Je pense que oui, puisque peu importe nos performances, notre rang ne changera pas. Que l’on finisse au 6e ou au 10e rang, je ne pense pas que mes joueurs s’en préoccupent beaucoup. Comme entraîneur, j’aimerais mieux finir au 6e rang. »

Gageons d’ailleurs que les recruteurs aimeraient aussi être avantagés en ce qui a trait au rang de sélection au prochain repêchage en voyant le Phœnix terminer plus bas au classement, mais performer en séries éliminatoires.

Par fierté, le vétéran de 20 ans Michael Kemp souhaite tout de même finir sa dernière saison sur une bonne note lors des prochains matchs et il accorde une bonne importance au prochain voyage.

« On se prépare à affronter trois bonnes équipes, indique le défenseur. Pour le classement général, elles seront importantes, même si l’on sait que ce classement sera seulement pris en compte à partir de la troisième ronde. Il faut mettre toutes les chances de notre bord et arriver avec du momentum en séries. Pour ça, il faudra respecter le système durant toute une partie. »

Le Phœnix se dirigera vers Rimouski mercredi pour ensuite prendre la route vers Baie-Comeau afin d’y affronter le Drakkar vendredi et finalement compléter son voyage à Chicoutimi samedi.

« Ce sera un voyage difficile, admet Stéphane Julien. Sans lui donner une plus grande importance que les autres, il demeure tout de même important parce que personne n’est satisfait de nos deux dernières parties. On souhaite aller dans une bonne direction avant les séries. On fera face à beaucoup d’adversité à Rimouski et l’Océanic voudra aussi faire oublier sa dernière partie. Déjà que le voyage vers Baie-Comeau et Chicoutimi n’est pas facile, cette fois on ajoute Rimouski ce mercredi en plus. »

Pas un effet remarqué aux guichets

Cette perte d’intérêt de certains joueurs face au classement général de l’équipe ne se reflète pas pour autant sur l’intérêt des amateurs, qui sont de plus en plus nombreux au Palais des sports.

« Nous avons déjà accueilli 5000 amateurs de plus que la saison dernière à pareille date, informe Charline Durand, directrice des opérations. Et depuis les Fêtes, notre assistance n’a fait qu’augmenter et on s’attend à un amphithéâtre presque plein en fin de saison. »

Au-delà des attentes

La popularité vient bien souvent avec le succès. Le Phœnix pourrait d’ailleurs battre deux records de concession en terminant au 7e rang avec plus de 79 points. Car le meilleur résultat au classement a été obtenu en 2014-2015 : 8e rang. Et la saison dernière, le Phœnix a atteint un sommet grâce à ses 79 points.

« Je pense sincèrement que les joueurs n’ont pas d’intérêt face à ces records. Ils ne regardent pas ça nécessairement. Ils veulent gagner, mais on se concentre davantage sur le processus pour arriver prêts en séries », explique Stéphane Julien.

Ce dernier se dit tout de même impressionné par la tenue de sa formation cette année.

« Notre saison est surprenante. Malgré notre jeunesse, on s’est bien débrouillés. On compte quand même quatre défenseurs réguliers âgés de 17 ans. Quelques joueurs surprennent même chez nos vétérans. Ryan DaSilva n’a jamais eu un rôle aussi important que cette année et avec nous, il amasse des points sur l’avantage numérique, comme Yann-Félix Lapointe. »

Difficile en deuxième période

Quel serait le meilleur scénario de fin de saison pour le Phœnix?

« Je veux voir l’équipe mieux jouer défensivement et rivaliser pendant 60 minutes, ce qui est notre gros problème dernièrement, estime Julien. Même si notre fiche est bonne, il y a certaines périodes durant lesquelles on ne joue vraiment pas à notre niveau. Surtout les deuxièmes périodes. En fait, on est la troisième pire équipe de la ligue en ce qui concerne les buts accordés. Pourtant, les assistants-entraîneurs ou moi, on va de plus en plus voir dans le vestiaire pour s’assurer que tout va bien. »


«  Que l’on finisse au 6e ou au 10e rang, je ne pense pas que mes joueurs s’en préoccupent beaucoup.  »
Stéphane Julien

Le pilote sherbrookois en rajoute :

« Il y a trop de buts accordés au mauvais moment qui nous cassent les reins. On n’est pas sur la panique, mais contre les grosses équipes, ça nous prend tous nos joueurs à leur meilleur pendant 60 minutes. Il faut s’attarder aux détails. Comme faire attention de ne pas envoyer la rondelle dans les gradins au mauvais moment ou être désorganisé lors d’une infériorité numérique importante. On doit être constants dans nos performances. Tout va ensemble. Si l’on joue du bon hockey en fin de saison, on grimpera au classement et c’est ce que je souhaite. »

Stéphane Julien espère aussi voir ses gardiens arriver au sommet de leur forme, puisque son équipe aura besoin d’eux pour faire une longue route en séries.

« Dans le meilleur scénario, nos gardiens arriveraient en confiance pour les séries, tout comme le reste de notre équipe. Les six dernières parties vont aider en ce qui concerne cet aspect. Devant les buts, nos deux gardiens ont une chance à saisir en devenant le gardien numéro 1. Je leur répète souvent de garder leur niveau de compétition élevé. La balle est dans leur camp. »