Pour les JO de Pékin en 2022, Kim Boutin a de grandes ambitions. Elle entend bien monter sur la première marche du podium, et elle s’entraîne en conséquence.

Nouveau cycle pour Kim Boutin

Après des Jeux olympiques presque parfaits à PyeongChang, où elle a remporté l’argent sur 1000 m et le bronze sur 500 m et 1500 m en plus d’être la porte-drapeau du Canada, la patineuse de vitesse sur courte piste Kim Boutin recommence un autre cycle avec comme objectif d’aller chercher la médaille qui lui manque à Pékin en 2022.

«C’est vraiment pour ça que je travaille, pour dans quatre ans, pour être capable d’aller chercher la première place, pas seulement la deuxième ou la troisième. Ce n’est pas évident, car, quelque part, tu te dis que la troisième place, c’est quand même bien. Mais il faut que je sois capable de passer de la troisième ou de la deuxième position à la première en fin de course», explique l’athlète de Sherbrooke, qui prenait part à la compétition Élite 3 en fin de semaine au Centre Bruno-Verret, à Saint-Étienne-de-Lauzon.

La patineuse qui vient de fêter ses 24 ans a bien sûr remporté facilement les épreuves sur 1000 m et 1500 m du circuit Élite, qui réunit les meilleures patineuses du Québec auxquelles se joignaient les membres de l’équipe canadienne féminine en fin de semaine. «Pour moi, une épreuve comme celle-là, c’est beaucoup comme un entraînement. C’est intéressant, car toutes les filles de l’équipe sont là et qu’on peut pratiquer des choses qu’on n’a pas l’habitude de pratiquer», poursuit-elle.

Faiblesses

Retrouver ses repères et connaître ses limites pour éventuellement les dépasser fait partie des objectifs que se fixe l’athlète olympique en début de cycle. «Présentement, je ne vise pas nécessairement la performance. Je me concentre plutôt sur mes faiblesses pour faire les ajustements nécessaires. Il faut aussi s’entraîner fort.»

Jusqu’à maintenant, Kim n’a pris part qu’à une seule étape de la Coupe du monde, à Almaty, au Kazakhstan, où elle a fini deuxième sur 1000 m, ce qui lui permet d’être dixième au classement général. Pour elle cependant, la compétition la plus importante de l’année demeure les championnats du monde qui auront lieu à Sofia, en Bulgarie, au début du mois de mars. «Je serai à Dresde, en Allemagne, et à Turin, en Italie, pour les deux dernières étapes de la Coupe du monde juste avant les championnats», poursuit-elle.

En attendant, elle continue de tenter d’améliorer certaines de ses lacunes. «Par exemple, travailler dans le trafic», illustre-t-elle à propos de la proximité des patineuses sur courte piste et des nombreux accrochages qui peuvent survenir et chambouler une course pourtant bien débutée. «Parce que je suis assez forte en début de course, je misais moins sur cet aspect, mais je vais devoir pousser un peu plus sur les dépassements», avoue celle qui ne regrette pas de s’être accordé une longue pause cet été une fois redescendue de son «nuage olympique».

Été «relax»

«J’ai pris un été pas mal plus relax et, après la Coupe du monde, je vais m’asseoir avec mon entraîneur pour voir la direction à prendre. On travaillera encore avec un objectif sur quatre ans. La gestion de mon énergie sera un autre objectif à atteindre. Comme je tire beaucoup en début de course, ça me tire beaucoup d’énergie et je dois m’en garder afin de pouvoir gagner des places en fin de course.»

La triple médaillée avoue également que ses succès olympiques n’ont pas changé sa vie tant que ça. «C’est certain que tu es emportée par tout ça et que tu vis plusieurs émotions condensées en peu de temps. À un point tel qu’après, c’est comme si tu ne l’avais pas vécu. Tu en viens à te demander si c’était positif ou négatif. Bien sûr que c’est positif, mais ça prend un certain temps à le réaliser vraiment après les Jeux.»

«C’est énorme, ce que ça m’a apporté, mais j’ai bien fait de prendre un gros été pour bien vivre ça avec ma famille. J’étais très sollicitée et je sentais le besoin d’être un peu à l’écart. Pendant quatre, cinq mois, je n’ai pas parlé à aucun journaliste. Je n’avais pas grand-chose à dire, de toute manière, à part d’avoir vécu toutes les émotions qu’on peut vivre dans une vie!», conclut-elle.

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DES MENACES QUI FONT MAL

Victime de menaces de mort lors des Jeux de PyeongChang par des internautes coréens qui n’avaient pas digéré la disqualification de le leur favorite Ming-Jeong Choi après un contact avec elle, Kim Boutin est bien placée pour comprendre le désarroi de l’attaquant des Ducks d’Anaheim Maxime Comtois, victime d’attaques sur les réseaux sociaux après avoir raté un tir de pénalité dans la défaite de 2 à 1 du Canada contre la Finlande au Championnat mondial junior.

«J’avoue que je ne me suis pas penchée vraiment sur cette question», a confié Kim Boutin avant de disputer la finale de la compétition Élite 3 à Saint-Étienne-de-Lauzon. «J’ai quand même eu une pensée pour lui (Comtois) quand c’est arrivé, mais moi, je ne repense pas à ces choses-là, car ça fait mal», a-t-elle déclaré presque un an après la fameuse médaille de bronze qui a déchaîné les passions des amateurs de patinage de vitesse dans le pays hôte des Olympiques.

L’athlète de 24 ans avait dû fermer temporairement ses comptes de médias sociaux après cette médaille remportée suite à la disqualification de Choi en raison de la déferlante de près de 14 000 messages haineux et de menaces de mort proférées à son endroit. Comtois a pour sa part verrouillé la possibilité de faire des commentaires sur ses comptes pour la même raison après la défaite du Canada aux mondiaux junior.

Si Boutin avait été la cible d’attaques de partisans d’une nation adverse, elle fait cependant remarquer que le hockeyeur de 19 ans a de son côté été ciblé par les partisans de son propre pays. «C’est très dommage, car dans un cas comme ça, ce sont tes fans à toi, les fans du Canada qui s’en prennent à toi. C’est encore pire. C’est sûr que ce sont des réactions (des gens) qu’on ne peut pas contrôler, mais ce sont des choses qui font mal, ce n’est pas «l’fun» du tout», poursuit-elle.

«Les gens ne doivent jamais oublier que les athlètes essaient toujours de se dépasser pour eux-mêmes ou pour leur pays. Quand ils vivent un échec, ils sont les premiers à en être extrêmement déçus», a-t-elle déclaré en terminant.