C’est la Sherbrookoise et championne olympique Kim Boutin qui a fait la présentation des patineuses et patineurs canadiens, dont le Sherbrookois Nicolas Perreault, qui participeront aux Championnats du monde junior ISU, du 25 au 27 janvier, à l’Aréna Maurice-Richard de Montréal.

Nicolas Perreault vise un podium

Nicolas Perreault n’est plus dans l’ombre. À une semaine de la présentation des Championnats du monde junior de patinage de vitesse courte piste de l’ISU, à Montréal, le jeune Sherbrookois, nouvellement couronné champion canadien junior, est prêt pour son premier grand défi.

Les patineurs canadiens qui seront de la compétition ont été présentés aux médias jeudi matin, à l’Aréna Maurice-Richard de Montréal, où se dérouleront les Championnats du monde junior, du 25 au 27 janvier.

Âgé de 18 ans, Perreault est devenu champion canadien junior en décembre dernier à Calgary, en récoltant l’or au 1000 m et au 1500 m. Pas mal pour celui qui a terminé au neuvième rang au cumulatif lors de la même compétition, en 2017.

Nicolas Perreault s’est prêté au jeu médiatique à l’issue de la rencontre de presse, réalisant probablement autant d’entrevues en une même journée qu’il en avait accordées jusque là en carrière.

« Oui, c’est un peu gros! Je réalise encore plus ce qui s’en vient », a-t-il indiqué à La Tribune.

Il faut dire que le nom de famille Perreault résonne encore bien fort lorsqu’on parle de patinage de vitesse. 

Après tout, Nicolas est le fils de Sylvain, qui a été membre de l’équipe nationale en patinage de vitesse longue piste de 1980 à 1985, et le neveu d’Annie, médaillée olympique à Nagano (1998) et Albertville (1992) et de Maryse Perreault, ancienne championne du monde en 1982 et membre de l’équipe nationale de patin de vitesse en courte et longue piste pendant 10 ans.

« C’est certain que pour ceux et celles qui connaissent mon père et mes tantes, ils font le lien assez vite. C’est un peu comme si j’étais la relève des Perreault. Mais ça ne m’impose aucune pression supplémentaire. Je suis là pour m’amuser, je n’ai pas le stress d’accomplir ce qu’ils ont fait dans le passé. Je vais tracer mon propre chemin et il va m’amener où je dois aller », a-t-il dit.

Si le patin est important dans sa vie, Nicolas Perreault confirme que ce n’est pas le sujet de conversation principal.

« Mes parents m’encouragent beaucoup. Sans eux, impossible que je sois ici en ce moment. On parle de patin des fois, lors des compétitions, mais en général, pas beaucoup. Le patin n’est pas le sujet principal en famille. Avec mes tantes, elles me félicitent et m’encouragent. Je n’ai pas de pression envers eux et ça me va bien. »

D’abord le longue piste

C’est d’abord en longue piste que Nicolas a donné ses premiers coups de patin. Devant la résidence familiale, à Bromptonville, en compagnie de son père, sur un anneau glacé.

Rapidement, il a connu du succès en étant couronné champion québécois au cumulatif en 2014, avant de se tourner vers le courte piste, où il remporte le titre de champion canadien de l’Est garçon 12 ans.

« Mon père a fait l’équipe nationale en patinage de vitesse longue piste. J’ai voulu essayer ça. Devant chez moi, à Bromptonville, il y avait un petit anneau et j’allais patiner avec lui et j’aimais ça. Mais je me trouvais meilleur en courte piste, je me trouvais plus dans mon élément. Mais à un moment, tu dois faire un choix. » 

« En courte piste, tu as les autres à gérer dans ta course. En longue piste, c’est toi tout seul, personne ne te dérange, tu dois donner le meilleur de toi même. L’ambiance est très différente. »

La gestion de courses, en courte piste, est un atout majeur.

Et comme le faisait remarquer Annie Perreault récemment, en analysant le style de son neveu, « il est tellement intelligent en course, c’est sa grande force ».

Des propos qui ont fait sourire le jeune homme.

« Depuis que je suis tout jeune, c’est l’avantage que j’ai, l’instinct de patineur. Je sais quand passer, je sais où me faufiler, je sais gérer mes courses. Je l’ai toujours eu, c’est en moi, ça ne s’apprend pas vraiment, c’est instinctif.

C’est un plus pour moi, ce feeling de courses. »

Nicolas Perreault fréquente maintenant le Centre régional canadien d’entraînement (CRCE) à Montréal.

« Être champion canadien, c’est un titre de plus à avoir. Pour moi, ça ne change rien, je continue ce que je fais et ça marche très bien en moment. Je retiens que je me suis vraiment amélioré cette année. Lan passé, j’ai fini 9e à cette même compétition. Il y a une grosse différence. »

« Je fais moins de petites erreurs qui coûtent gros dans mes courses, je gère mieux mon stress en compétition et je me suis entraîné très fort cette année. Ça fait toute la différence. »

La plus grosse compétition de sa jeune carrière

C’est la Corée du Sud qui devait accueillir l’édition 2019 des Championnats du monde junior de patinage de vitesse courte piste ISU, mais elle s’est désistée.

Encore essoufflées par la présentation des Championnats du monde senior, en mars 2018, les Fédérations québécoise et canadienne ont malgré tout levé la main.

« Pour ces jeunes patineurs, ce sera la première grande compétition d’envergure. C’était une trop belle opportunité. On ne pouvait passer à côté de ça, d’offrir à nos patineurs de se faire valoir à la maison », a dit Robert Dubreuil, directeur général de la Fédération québécoise.

Nicolas Perreault connaît l’importance de ces Championnats du monde junior.

« C’est la compétition la plus importante de ma carrière, la plus grosse marche à mon âge. C’est beaucoup d’expérience pour moi. Peu importe ce qui arrive, je vais sortir meilleur de ça, je vais être un autre patineur. »

« J’ai hâte! Des amis, des membres de ma famille seront là pour m’encourager et encourager tous les patineurs canadiens. »

« Le calibre va être très fort, mais moi aussi je suis fort, autant que les autres. J’aimerais faire un podium. C’est l’objectif principal pour moi, autant au 1000 m qu’au 1500 m. Mais en courte piste, tout peut arriver. »