En 2016, Nicolas Knap a décidé de sortir d’une retraite de 14 ans. Il traversera le détroit de Gibraltar à la nage.

Nicolas Knap défiera le détroit de Gibraltar en solitaire

Nicolas Knap, ancien membre de l’équipe de natation du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke au début des années 2000, n’est toujours pas rassasié. Entre le 7 et 16 juin, Knap tentera d’ajouter à son tableau de chasse la Traversée du détroit de Gibraltar en solitaire.

S’il parvient à franchir la distance de 15 kilomètres qui séparent le rocher de Gibraltar en Espagne aux côtes marocaines en Afrique, Knap sera le quatrième nageur du Canada à réaliser l’exploit. Ce qui distingue le nageur à la double nationalité française et canadienne de trois autres nageurs, c’est qu’il plongera à l’eau sans combinaison de natation. Knap, qui a déjà résidé en Estrie et qui détient le 4e meilleur chrono à vie à la Traversée internationale du lac Memphrémagog sur 40 km (8h16m48s), se lancera dans cette aventure périlleuse avec son petit maillot de bain, son bonnet et une paire de lunettes. Son seul soutien, une fois parti, sera le bateau accompagnateur qui le suivra sans jamais s’approcher à plus de trois mètres de lui.

« Les compétitions en eau libre comme on les connaît, c’est chose du passé pour moi. Je n’ai plus les capacités physiques d’antan. Je suis moins rapide. À un moment donné, tu dois te faire une raison. Je carbure dorénavant aux défis personnels.  Il y en a des plus costauds que d’autres. J’en ai plusieurs au compteur depuis quelques années. Celui que je m’apprête à faire me convient parfaitement. La passion m’habite toujours et je m’amuse avec des défis qui, s’ils se déroulent toujours dans l’eau, diffèrent beaucoup », fait valoir le nageur de 45 ans.

Parmi ces défis aussi originaux qu’audacieux, mentionnons la course à obstacles Neptune Red Bull, la course Alcatraz Sharkfest Swim et récemment la Traversée hivernale internationale Memphrémagog de l’autre côté de la frontière à Newport, Vermont.

Les obstacles

Conquérir le détroit de Gibraltar comportera son lot de surprises, plus souvent désagréables qu’aidantes. « En réalité, on nage entre 20 et 25 kilomètres en raison des courants marins imprévisibles variant entre 5,5 km/h et 12,96 km/h. Il y a la météo qui est changeante, la température de l’eau, le trafic maritime, sans oublier les animaux marins qui pourraient avoir envie de se payer une petite visite dans le parage. Les méduses et les requins font partie des risques d’une telle traversée », confie Knap qui, rappelons-le, ne portera pas de bracelet anti-requin ni de combinaison.

Historiquement, les nageurs qui réussissent à traverser le détroit de Gibraltar ont besoin de quatre à sept heures pour toucher terre. « J’aimerais y parvenir en bas de quatre heures même si l’objectif ultime est de nager toute la distance. Tout peut aller super bien et puis soudain la tempête se lève. C’est un peu la roulette russe. Tant qu’on ne me forcera pas à arrêter, je vais persister et avancer », promet Knap qui devra être prêt à partir en tout temps entre le 7 et le 16 juin.

« L’organisation doit composer avec l’horaire des marées. On m’informera de mon départ à 24 heures d’avis. C’est toujours comme ça que ça se passe pour cette aventure. »

Sorti de la retraite

En 2016, Nicolas Knap a décidé de sortir d’une retraite de 14 ans. « En réalité, c’était pour quitter mes démons. J’étais en train de m’autodétruire autant sur le plan physique que mental. Je me suis dit que je devais remonter à la surface et la meilleure façon d’y parvenir était de retourner à ce que je faisais le mieux, la natation en eau libre. Ce fut déjà une belle victoire pour moi de me sortir de ce triste épisode de ma vie alors que je m’enfonçais de plus en plus. J’ai maintenant de nombreux projets, toujours en rapport avec la nage en milieu naturel. Si tout fonctionne bien, vous allez encore entendre parler de moi. À ma façon, je continue de faire la promotion de la nage en eau libre », évoque Nicolas Knap.