Nicolas Boulay

Nicolas Boulay: « Rien ne me sera donné »

Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas nécessairement dans le cas du joueur de football Nicolas Boulay. À pareille date l'an dernier, il complétait sa préparation pour se faire remarquer des directeurs généraux au camp d'évaluation de la LCF; un an plus tard, l'ex-joueur du Vert & Or est à peaufiner sa préparation dans l'espoir de lutter pour un poste de partant chez les Alouettes de Montréal.
Parce que le poste de Shea Emry s'est ouvert au cours de la saison morte quand ce dernier a accepté l'offre des Argonauts de Toronto, parce qu'au dernier match de la saison, le Magogois Nicolas Boulay était toujours le premier réserviste au poste de secondeur intérieur et que les Alouettes n'ont encore embauché personne pour remplacer Emry...
« C'est vrai que le poste est ouvert, mais je ne tiens rien pour acquis, a confié Boulay mercredi  après-midi devant une soixantaine de joueurs de l'école Du Phare, à qui il s'adressait dans le cadre du programme Ensemble à l'école, parrainé par les Alouettes afin de lutter contre le décrochage scolaire. Je ne m'attends pas à ce qu'on me présente le poste sur un plateau. Encore une fois, je me présenterai aux Alouettes en ayant tout à démontrer, à me prouver face aux nouveaux entraîneurs. Rien ne m'est acquis et rien ne me sera donné. Il faudra que je me batte pour prendre la place de quelqu'un comme je l'ai fait à mon premier camp d'entraînement. »
Exemple de ténacité
En se présentant aux jeunes footballeurs des Patriotes, des équipes benjamine, cadette et juvénile, Nicolas Boulay leur a surtout parlé de son cheminement et des expériences qu'il a vécues depuis ses premiers pas au football. « Croyez à vos rêves, leur a-t-il répété et sachez que la route que vous suivrez sera pleine de détours. Qu'il vous arrivera de devoir dire à des groupes d'amis que vous ne pouvez aller avec eux... », ajoutait-il tout en rappelant qu'il avait atteint la Ligue canadienne de football malgré tous ceux qui lui ont dit qu'il n'était pas assez gros, ni assez rapide pour réussir au football.
« Puisque le football était ma passion, il m'a fait développer une éthique de travail qui a eu des répercussions à l'école, qui m'a aidé à me faire un horaire et à le suivre. J'avais constamment des choix à faire. J'avais un copain qui lui était plus gros et plus rapide, mais au cours des neuf dernières années, il en a passé sept en prison parce qu'il a pris de mauvaises décisions. »
Malgré tout, le doute finit aussi par s'installer comme cela s'est produit à sa première saison universitaire lorsqu'il a quitté les États-Unis pour tenter sa chance avec le Rouge et Or de l'Université Laval. « La première année, je n'ai pas mis un pied sur le terrain. Ça n'allait pas bien au football, ni dans les études. À ce moment-là j'ai douté. C'était important que je sois bien entouré et que je puisse en parler avec ma famille. Il faut s'entourer des bonnes personnes pour arriver à s'en sortir », fait-il remarquer.
« C'est à partir de là que j'ai décidé de joindre le Vert & Or qui m'a donné une chance en arrivant. J'ai aussi changé mon champ d'études en optant pour la finance. »
Boulay rappelle également que les joueurs de football doivent rester en santé parce que, même chez les professionnels, les équipes peuvent vous remercier en tout temps si des blessures vous empêchent de jouer. « Pour cela et parce que les carrières moyennes dans la LCF sont de 2,3 années, il est important de s'assurer d'avoir un plan B et même un C pour faire face à toutes les éventualités. »
Diplômé en finances de l'Université de Sherbrooke, Boulay travaille déjà dans son domaine au milieu des nombreuses séances d'entraînement de la saison morte.