Le président Renaud Légaré, à gauche, peut compter sur l’appui inconditionnel de son vice-président aux opérations hockey et gouverneur Christian Lord dans l’exercice de ses fonctions chez les Cantonniers de Magog. Lord compte pas moins de 30 années de loyaux services chez les Cantonniers. Il a fait ses débuts chez les Cantonniers dès l’an 1 de l’organisation en 1979-80.

Monsieur Cantonnier

Plusieurs centaines de joueurs ont défilé dans l’uniforme des Cantonniers de Magog depuis la saison 1979-80. Les bénévoles et les présidents se sont succédé pour amener cette organisation toujours plus haut. Or, un nom sort du lot à travers toutes ces années : Christian Lord, actuel vice-président des opérations hockey et gouverneur de l’équipe.

Lord, récent retraité de l’enseignement, résiste à l’usure du temps et son attachement aux Cantonniers est sans fin. Le plus fidèle des bénévoles qui ont œuvré chez les Cantonniers diront certains.

Ce qui n’est pas loin de la vérité si on considère que Lord est associé aux Cantonniers depuis l’an 1 de l’organisation. La présente saison est sa 30e avec les Cantonniers. Il a cédé sa place en 1985 avec la naissance de son fils Alex qui lui-même a porté un jour les couleurs des Cantonniers. Dix ans plus tard, Christian Lord est revenu sur les rangs.

Avec le résultat que ce dernier a occupé une multitude de postes au sein de l’équipe de sa ville. En plus de ses deux passages derrière le banc, Lord a été responsable du conditionnement physique, conseiller technique et recruteur en chef. Depuis la saison 1996-97, il cumule les fonctions de gouverneur et vice-président hockey.

« Je m’amuse autant qu’à mes débuts. J’ai toujours la même motivation pour me présenter à l’aréna, que ce soit pour un match, une pratique ou une réunion. Notre président Renaud Légaré est un pince-sans-rire qui détend beaucoup l’atmosphère. On peut faire du hockey sérieusement tout en s’amusant. On s’entraide beaucoup aussi au sein du bureau de direction. Nos titres importent peu. On veut juste que ça marche et que les jeunes bénéficient du meilleur encadrement possible », soutient Lord.

Recrutement

Avec tous les postes occupés au fil du temps, Lord n’a pas eu le temps de s’ennuyer. « Cela peut avoir aidé à me garder motivé, mais il reste que depuis 20 ans j’ai le même mandat. Je fais juste un peu plus de recrutement depuis ma retraite, ce qui ne me déplaît pas du tout. Avec la structure intégrée de Hockey Québec on connaît déjà très bien les joueurs quand ils se présentent à notre camp d’entraînement, mais comme je suis d’abord et avant tout un gars de hockey, j’aime bien aller découvrir par moi-même les joueurs qui se développent dans notre structure intégrée en Estrie », fait-il valoir.

Lord, qui n’a jamais craint de se renouveler comme homme de hockey en participant à différents stages et formations, n’hésiterait pas à retourner derrière le banc en situation d’urgence. « Que Félix (Potvin) dorme en paix, s’éclate de rire Lord. Ce serait seulement pour dépanner, du moins dans le midget AAA. »

Discrétion

Les amis intimes de Lord, ses ex-collègues de travail le diront : l’homme est d’une discrétion absolue et très peu volubile. « J’ai toujours pensé qu’il n’était pas nécessaire de cogner à grands coups de poing sur la table pour faire avancer des dossiers. C’est ma personnalité. Je ne changerai pas parce que je porte le veston des Cantonniers. Faut croire que ça faisait l’affaire de tous les présidents avec qui j’ai œuvré. Ils ne m’ont jamais demandé de changer. Quand un dossier est bien ficelé et bien expliqué, pas besoin de s’époumoner pour le faire avancer et le mettre en application. »

Ironiquement, durant toutes ces années, il est arrivé à des parents de joueurs d’avoir de la difficulté à reconnaître Lord, ce qui n’offusque pas le principal intéressé. « Une fois l’accueil fait au pré-camp, on a surtout affaire aux parents au niveau administratif par la suite. Comme ce n’est pas de mon ressort, je laisse notre président Renaud et les autres accomplir ce travail. Parfois on doit se demander qui je suis. Personne n’en souffre pour autant et cela prouve que le volet hockey chez les Cantonniers est bel et bien séparé du secteur administratif. Mais ça donne parfois des situations cocasses quand un parent m’aborde et que je doive me creuser les méninges pour me rappeler son nom. Ou lui associer un joueur. »

Stabilité

Dans son rôle de gouverneur, Christian Lord côtoie évidemment ses homonymes lors des réunions du Bureau des gouverneurs de la ligue. « J’aime bien échanger avec les gouverneurs des autres organisations. Il existe une belle fraternité dans le groupe. On s’informe parfois des façons de faire ailleurs. De notre organisation, je me sais souvent dire que nous sommes chanceux d’avoir une aussi grande grande stabilité derrière le banc. Depuis l’an 2000, on a passé très peu d’entraîneurs chez nous. Et je pense qu’on fait l’envie des autres aussi pour la qualité de nos entraîneurs », confie Lord.

Les bons souvenirs se bousculent dans la tête de Lord. Les anciens Cantonniers qui ont percé dans la Ligue nationale, ceux qui ont une belle carrière en dehors du hockey, les victoires, les surprises, la Coupe Air Canada en 2000, les dernières saisons des Cantonniers qui font écarquiller les yeux et combien d’autres. « Il y a encore de la place pour en emmagasiner d’autres. Je ne pense pas du tout à quitter les Cantonniers. Je suis entouré d’excellents bénévoles. On forme une belle équipe au second étage », mentionne monsieur Cantonnier.

Fiche victorieuse en séries

Les Cantonniers, qui amorceront les séries 2019 à la fin du mois, montrent une fiche gagnante en séries avec 191 victoires contre 154 revers en 345 parties. En prolongation, les Magogois ont triomphé à 26 reprises comparativement à 27 défaites.

Ce sont contre les équipes de la région de Québec que les Cantonniers ont disputé le plus de parties en séries, soit 58 contre le Séminaire St-François et 43 contre Lévis. Étonnamment, les Cantonniers n’avaient jamais affronté les Forestiers d’Amos avant l’an dernier. Voilà qu’ils les retrouveront sur leur chemin une deuxième année de suite à compter du 26 février prochain.

La meilleure performance individuelle à vie pour un porte-couleurs des Cantonniers en séries appartient à Alain Bisson qui a avait accumulé 42 points en 14 rencontres en 1982. Son coéquipier Stéphane Thivierge, bien alimenté par Bisson, avait touché la cible à 21 reprises, un autre record d’équipe.

À sa saison incroyable de 127 points en 1987-88, Yanic Perreault avait ajouté 22 points en séries. Si on compile ses statistiques de saison et des séries, Perreault a totalisé 149 points, dont 82 buts, en 50 parties seulement chez les Cantonniers. Pour plusieurs, ce sont des chiffres de toute une carrière.