Diane Roy et Karine Vermette participaient au tour du lac des Nations en fauteuil roulant, un défi de taille pour Karine Vermette, qui se déplace en fauteuil électrique depuis plusieurs années.
Diane Roy et Karine Vermette participaient au tour du lac des Nations en fauteuil roulant, un défi de taille pour Karine Vermette, qui se déplace en fauteuil électrique depuis plusieurs années.

Mission : Amasser des dons en pleine pandémie

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
SHERBROOKE — Solliciter des dons auprès de la population n’a jamais été tâche facile. Et ce, peu importe l’importance de la cause. Imaginez maintenant en pleine pandémie. La médaillée aux Jeux paralympiques Diane Roy peut en témoigner. 

Sherbrooke devra encore attendre avant de voir naître le nouveau Centre québécois d’entraînement adapté FSWC. Ce gymnase muni d’appareils destinés aux gens ayant subi une blessure de la moelle épinière était prévu pour 2018.

Mais les dons se font rares par les temps qui courent, au grand dam des personnes paraplégiques ou tétraplégiques.

« Ce n’est pas facile d’amasser 250 000 $, admet Diane Roy, vice-présidente du conseil d’administration. Si nous pouvions ouvrir le centre au printemps 2021, ce serait trop beau! Le projet a été lancé il y a quatre ans et solliciter des dons en pleine pandémie, c’est encore plus difficile, on s’en rend compte. »

La recherche d’argent est un combat éternel pour les athlètes amateurs. Cette fois, les dons serviront à une cause bien différente.

« Ça n’a jamais été ma tasse de thé, soutient Diane Roy. Je n’ai jamais été très bonne dans la sollicitation même en tant qu’athlète. Je laisse donc ce côté du travail à mes collègues et moi, je coopère! »

Attirer l’attention

Le plus gros défi de l’instigatrice du projet Noriko Imaizumi et de toute son équipe est de réussir à faire parler d’eux dans les médias et d’attirer l’attention de la population.

Pour atteindre ce but, un événement des plus particuliers a été organisé le samedi 10 octobre au parc Jacques-Cartier : le tour du lac des nations en fauteuil roulant ou en vélo adapté dans le cadre des courses Bromont Ultra, un événement philanthropique virtuel.

Paraplégique complète depuis l’âge de 11 ans et tétraplégique incomplète depuis ses 22 ans, Karine Vermette souhaitait en profiter pour repousser ses limites dans sa ville natale pour une cause qui lui tient grandement à cœur.

« Pour moi, faire le tour du lac en utilisant mes bras, c’est un gros défi personnel, admet-elle. Je me déplace normalement à l’aide d’un fauteuil électrique depuis plusieurs années déjà. Ceci représente bien les épreuves difficiles que les blessés à la moelle épinière doivent traverser à la suite de leur blessure. Les défis devant nous peuvent parfois nous sembler comme un long tunnel sans fin. Mais après avoir mis beaucoup d’efforts, nous pouvons regarder en arrière et constater le long chemin que nous avons parcouru conjointement avec les gens qui nous soutiennent. »

Pour Diane Roy, onze fois médaillée lors de six Jeux paralympiques et à l’occasion de cinq championnats du monde, faire le tour du lac des Nations n’était pas une bien grande épreuve. Mais pour la symbolique, celle qui a perdu l’usage de ses jambes à la suite d’un accident de quatre roues à 17 ans tenait à 

Participer à l’événement.

« Le but premier de cet événement est de nous faire connaître. On doit explorer tous les moyens possibles pour faire parler de nous. Nous devons collecter 250 000 $ pour la première année d’opération du centre. C’est tout un défi et nous avons besoin de l’aide de notre milieu. »

Ce programme d’entraînement intensif basé sur la neuroplasticité est déjà offert dans plusieurs autres pays depuis plus d’une décennie et est inspiré du programme de First Steps Wellness Centre de Régina, pionnier au Canada dans la récupération fonctionnelle intensive axée sur l’exercice.

En sollicitant également les entreprises, FSWC Québec souhaite avoir les moyens d’acheter des équipements spécialisés, de former deux kinésiologues, de louer un local d’environ 2000 pi² et d’y effectuer les améliorations nécessaires dans le souci d’offrir un programme à un coût le plus abordable possible.

Tout ça pour permettre aux paraplégiques et tétraplégiques d’avancer à pas de géant vers leur réadaptation.