Avec un Palais des sports vide, le Phœnix espère que les amateurs seront au rendez-vous lorsque viendra le temps d’acheter des forfaits de webdiffusion.
Avec un Palais des sports vide, le Phœnix espère que les amateurs seront au rendez-vous lorsque viendra le temps d’acheter des forfaits de webdiffusion.

Miser sur la webdiffusion

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
SHERBROOKE — La webdiffusion devient maintenant le médium principal pour offrir une visibilité aux commanditaires et garder l’intérêt des partisans dans la LHJMQ.

« Il n’y aura pas de hockey de la LNH à la télé lors de notre début de saison et on doit en profiter, estime le président du Phœnix, Denis Bourque. Plusieurs se tourneront vers le hockey junior et c’est là que ça devient intéressant. On regarde présentement les possibilités d’insérer des annonces publicitaires pour augmenter nos revenus, comme à la télé. On veut dynamiser notre offre et rendre la webdiffusion plus intéressante avec entre autres de l’animation durant les pauses. »

Le Phœnix compte utiliser plus d’une caméra, contrairement à l’an dernier, ce qui améliorera l’expérience de l’amateur.

Si le partenaire de webdiffusion devait changer, ne faisant pas l’unanimité chez les amateurs la saison dernière, la LHJMQ a finalement confirmé plus tôt cette semaine que les négociations ont avorté avec de nouveaux diffuseurs et que Neulion demeurerait la plate-forme de diffusion.

« Je peux assurer que la qualité sera meilleure et que l’expérience sera plus intéressante, promet Denis Bourque. Je suis confiant de voir nos fans nous suivre sur la webdiffusion et on contacte tous nos partenaires pour leur proposer une nouvelle offre publicitaire. On établit aussi présentement la valeur de chaque espace dans le Palais des sports qui sera visible sur la webdiffusion. Les cotes d’écoute ont été très intéressantes lors des matchs préparatoires, présentés en direct sur Facebook ou sur YouTube. Il y avait plus de monde qui nous suivait sur le web que de spectateurs au Palais lors des matchs préparatoires des dernières saisons. »

Reste maintenant à connaître les forfaits et les revenus générés. 

« Nous devrions faire une annonce dans les prochains jours quant aux tarifs et aux forfaits pour l’année 2020-2021, a assuré la LHJMQ. Il faut savoir que nos droits de webdiffusion appartiennent à des partenaires, donc nous ne sommes pas seuls à prendre les décisions. Pour ce qui est des montants remis à chaque équipe en ce qui concerne les revenus de la webdiffusion, ce n’est pas une information que nous divulguons. »

La LHJMQ et ses 18 concessions pourraient également toucher des revenus plus importants si leurs diffuseurs officiels présentent plus de rencontres à la télévision en profitant de l’arrêt des activités dans la LNH.

« Il n’y a rien de déterminé encore à ce niveau, admet la LHJMQ par le biais de son directeur des communications. Le nombre de matchs produits par Sportsnet/TVA Sports n’est pas connu à ce jour. »

« On peut s’imaginer que Sportsnet et TVA Sports sauteront sur l’occasion pour meubler leur contenu durant l’entre-saison dans la LNH », souhaite Denis Bourque.

Foncer dans le mur ou se donner la chance de l’éviter

Deux options s’offraient au Phœnix de Sherbrooke lorsque la LHJMQ a proposé son plan de relance : accepter de tenir une saison à huis clos dès le 1er octobre en risquant de connaître un déficit important ou bien simplement laisser tomber la concession. 

« En décidant de mettre une croix sur la saison 2020-2021, on aurait foncé dans le mur et perdu notre concession. En décidant de disputer la prochaine campagne, on se donnait la chance d’éviter ce mur. Ça se peut qu’on le frappe. Mais j’aime mieux voir notre organisation éponger un déficit cette année et pouvoir ensuite conserver la franchise et tenter de sauver les meubles les saisons suivantes », déclare Denis Bourque, président du Phœnix.

Si la webdiffusion peut aider les propriétaires des différentes équipes et la LHJMQ à réduire les dettes, les dirigeants comptent également sur l’aide du gouvernement. 

C’est d’ailleurs avec une confiance aveugle que les 18 organisations ont choisi d’aller de l’avant et de tenir la saison 2020-2021.

« Pour l’instant, la seule entente que nous avons avec la sphère étatique au niveau de la reprise de nos activités est l’approbation du protocole de retour au jeu par la Santé publique, soutient la LHJMQ. Nous sommes toujours dans des discussions très constructives avec le gouvernement pour avoir une aide financière pour nos organisations afin qu’elles puissent poursuivre leur mission de développer nos athlètes-étudiants. »

La rumeur laissait croire qu’une aide du gouvernement provincial avait déjà été remise aux 12 équipes junior majeur du Québec. Une information qui a été démentie par la LHJMQ. 

« Si le gouvernement ne nous aide pas, on n’y arrivera jamais, confie Denis Bourque. J’ose croire qu’il y a déjà des scénarios d’aide sur la table. On nous a demandé de faire confiance à la Ligue et au gouvernement et qu’une aide suivra par la suite selon la situation. Mais avouons que tout est de plus en plus inquiétant en ce qui concerne la COVID-19. Puis le portrait n’est toujours pas clair du côté du gouvernement. » Heureusement, les organisations reçoivent une subvention salariale de 75 % du gouvernement.

« Mais s’il faut se passer des spectateurs durant toute la saison, on ne pourra pas survivre sans aide gouvernementale ou sans un appui de la Ville de Sherbrooke », rappelle M. Bourque.