Mike Maclure et Michel Bureau

Mike et Michel

CHRONIQUE - Les Cantonniers de Magog ont perdu un précieux allié lorsque le Sherbrookois Mike Maclure a été promu entraîneur-chef des Albatros du collège Notre-Dame de Rivière-du-Loup de la Ligue midget AAA du Québec il y a quelques jours.

Évidemment, vous n’avez jamais vu Maclure derrière le banc de la formation magogoise, mais celui-ci était très actif au niveau de la structure intégrée de Hockey Estrie avec les équipes des Harfangs du Triolet du programme de Hockey Sherbrooke. Plein de joueurs qui ont brillé dans l’uniforme des Cantonniers au cours des dernières saisons m’ont déjà vanté les mérites de Mike Maclure quand celui-ci avait eu l’occasion de travailler avec eux dans des niveaux inférieurs. Justin Robidas et Marshall Lessard en sont deux parmi tant d’autres.

Maclure a la fibre du développement bien ancrée en lui. Lorsqu’ils ont participé à la Coupe Telus il y a quelques semaines à Thunder Bay, les Cantonniers avaient droit d’amener avec eux 22 joueurs. Félix Potvin a donc contacté Mike Maclure, qui pilotait les Harfangs midget espoir, pour lui demander s’il acceptait de lui céder Émile Gadoury et Olivier Jacques, deux de ses piliers, pour le Championnat canadien. Maclure n’a jamais hésité même si son équipe participait à la Coupe Dodge au Québec et qu’elle avait de bonnes chances de remporter l’or. Gadoury et Jacques ont pris le chemin de Thunder Bay. Pour Maclure, il n’était aucunement question d’empêcher ses joueurs de passer à un niveau supérieur même s’il devait se priver de leurs services dans des moments cruciaux.

Si vous vous demandez pourquoi tant de joueurs de l’Estrie évoluent ailleurs dans la Ligue midget AAA du Québec, une bonne partie de la réponse se trouve chez Maclure. Tous les autres entraîneurs de la ligue connaissent Maclure et ne se gênaient pas de le contacter pour lui demander son évaluation et son opinion sur certains joueurs retranchés au camp des Cantonniers. Maclure a toujours donné l’heure juste pour ne pas nuire au développement des joueurs, quitte à ce qu’ils n’appartiennent plus aux Cantonniers. On appelle ça avoir une vision du développement et ne pas juste prêcher pour sa paroisse.

Maclure aurait bien aimé diriger un jour les Cantonniers, l’équipe de sa région. Le gars n’est pas fou et il sait que Félix Potvin a le poste tant et aussi longtemps qu’il le voudra. Il avait postulé pour devenir l’adjoint de Potvin, après le départ d’Olivier Picard pour le Phœnix de Sherbrooke il y a un an. Toby Lafrance lui a été préféré. Déçu, certes, mais Maclure a continué de collaborer avec les Cantonniers et de répondre positivement à chaque appel de Félix Potvin.

Lorsque les Cantonniers ont acquis leur dernier championnat des séries au Lac St-Louis, Maclure était sur la glace au milieu des célébrations pour féliciter les joueurs des Cantonniers et ses anciens protégés avec les Harfangs.

Maclure connaît sur le bout des doigts les joueurs qui cogneront à la porte des Cantonniers pour un poste au mois d’août. L’ancien allié des Cantonniers n’aura aucune difficulté à attirer des hockeyeurs de l’Estrie à Rivière-du-Loup s’il a l’opportunité de les repêcher via le repêchage une fois qu’ils auront été remerciés au camp des Cantonniers.

Michel Bureau

Du cœur au ventre, du courage, de la résilience, de la bonté et de la générosité. Voilà tout ce que dégage Michel Bureau que je vous ai fait connaître samedi dernier dans nos pages. J’en ai croisé dans ma carrière des athlètes qui ont la couenne dure, qui ne reculent devant rien pour atteindre leur objectif, mais je ne pensais jamais qu’un petit bout d’homme comme Bureau, amaigri et affaibli par la maladie et la douleur, pouvait se tenir debout, droit comme un chêne, et avoir encore le goût de penser à semer le bien et le bonheur autour de lui tout en étant une inspiration pour bien des gens même s’il ne se voit pas ainsi.

Si l’enfer existe sur la terre, ça doit ressembler à ce que Bureau a vécu depuis 2013. Un arrêt cardio-respiratoire qui l’a laissé pour mort, deux cancers, dont un à la langue qui le fait énormément souffrir, le zona, la maladie de Raynaud, la fibrose pulmonaire idiopathique, sans compter qu’une bactérie s’est attaquée à un de ses poumons. Et là je ne vous parle pas de ses nombreuses visites d’urgence à l’hôpital et de ses blessures psychologiques.

Mais Bureau refuse de se laisser abattre. Ce qu’il s’apprête à accomplir, c’est-à-dire une marche de 155 kilomètres sur le Circuit de l’Abbaye, dans les conditions que je viens de vous décrire, ça tient du miracle. Ce n’est pas seulement un exploit sportif, c’est héroïque. N’ayons pas peur des mots. Ne se contentant pas de marcher cette distance sur six ou sept jours, Bureau en profitera pour amasser des fonds pour le Relais pour la vie de Magog.

Pris pour mort le 18 mai 2013, carrément ressuscité, j’en déduis que Michel Bureau avait une mission sur cette terre. La maladie et la souffrance qui s’accrochent à lui ne le ralentissent pas. Entre vous et moi, avez-vous encore envie de vous plaindre pour le printemps maussade que l’on connaît?