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Michel Giguère (derrière) appuie maintenant les entraîneurs du Torpedo, comme le Canadien David Nemirovsky, en chaussant les patins en plus d’être responsable vidéo pour l’organisation de la KHL.
Michel Giguère (derrière) appuie maintenant les entraîneurs du Torpedo, comme le Canadien David Nemirovsky, en chaussant les patins en plus d’être responsable vidéo pour l’organisation de la KHL.

Michel Giguère convaincu par l’expérience de la KHL

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
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Tout a déboulé rapidement pour Michel Giguère. Ce qui ne devait être qu’un passe-temps pour l’ancien membre de l’organisation des Cantonniers de Magog est ensuite rapidement devenu un emploi à temps plein en Russie dans la KHL. Celui qui découpait simplement des séquences de jeu pour les publier sur Internet s’est d’abord vu offrir un poste de responsable vidéo à distance par le Torpedo de Nizhny Novgorod pour finalement se faire inviter sur place en occupant maintenant un rôle d’entraîneur adjoint. 

L’homme de Cowansville est en effet passé du confort de sa maison au dépaysement total en Russie, dans les arénas de la KHL. 

« À Noël, l’organisation m’a annoncé qu’elle souhaitait me voir sur place afin de travailler avec les entraîneurs et les joueurs. J’ai laissé derrière moi ma femme et nos quatre enfants pour habiter dans un hôtel en Russie pendant quelques semaines et voyager partout avec la formation. Maintenant, je ne fais pas que m’occuper des vidéos, je me retrouve aussi sur la glace avec les entraîneurs et les joueurs. Malgré la barrière de la langue, c’est étonnant de voir qu’ils me comprennent bien quand je trace des X et des O sur le tableau de jeu durant les entraînements! »

Après un passage à Chicoutimi, l’ancien recruteur des Foreurs de Val-d’Or a quitté vers Winnipeg pour devenir responsable vidéo pour le Ice dans la WHL.

Revenu dans les Cantons-de-l’Est avec sa famille, il travaillait tout récemment dans ce qu’il appelle « son bunker », entouré de ses écrans d’ordinateur et de ses logiciels de hockey en plus d’occuper un poste d’entraîneur adjoint chez les Stingers de Concordia avant de recevoir l’appel du Torpedo. 

« Plusieurs Québécois sont revenus de la Russie avec une mauvaise expérience de la KHL. Je n’avais donc aucune attente en me présentant ici et je suis agréablement surpris. L’expérience est fantastique. J’ai une super relation avec les entraîneurs et les joueurs déjà. J’ai été bien accueilli et je suis très bien traité. Je n’ai que de bons mots pour la KHL et la Russie. J’imagine que l’expérience peut être différente chez d’autres équipes, mais avec le Torpedo, c’est super jusqu’à maintenant », admet celui qui est mieux connu sous le nom de Mitch Giguère dans le monde du hockey. 

« J’habite dans un hôtel, poursuit-il. C’était moins compliqué qu’un logement. L’hôtel partage le même stationnement que l’aréna. Je suis juste à côté. Pour me déplacer, je prends le taxi au besoin. De toute façon, tu ne veux pas conduire ici. C’est l’enfer! Puis ça ne me coûte presque rien, prendre le taxi : six dollars canadiens pour 30 minutes de route. »

Même s’il est le premier à admettre que le simple fait de chercher une crème hydratante au supermarché, par exemple, devient toute une aventure et peut lui prendre plus de 30 minutes avant de trouver, Michel Giguère assure que son intégration se passe à merveille. 

« Les joueurs m’ont déjà invité à un souper d’équipe et s’assurent que tout se passe bien pour moi. La plupart sont Russes, mais il y a aussi trois Canadiens et un Américain. Tout le monde parle en russe dans le vestiaire ou sur la glace. Quand c’est important, l’entraîneur traduit le message en anglais. »

En avion pour un affrontement face au Lokomotiv

Mitch Giguère se préparait pour son premier voyage sur la route lorsque rejoint par La Tribune.

Le premier adversaire, le Lokomotiv de Yaroslavl, l’équipe ayant été victime d’un écrasement d’avion. Une seule personne avait alors survécu en 2011 : le mécanicien de l’avion. 

« Lorsque je suis parti de Moscou pour me rendre à Nizhny Novgorod, j’ai pris un avion de la même compagnie aérienne qui assurera nos vols. J’avais évidemment beaucoup réfléchi sur l’aspect des voyages et du transport, mais cet événement est arrivé il y a dix ans et j’ai été rassuré de constater la qualité du service offert par la compagnie S7. Je ne connaissais pas beaucoup la Russie avant d’arriver ici. J’avais des images des années 1980 ou 1990. Mais le pays a évolué évidemment et je suis étonné de l’accueil et de la qualité de vie. »

Michel Giguère souhaite maintenant que son équipe fasse longue route en séries et reviendra ensuite à Cowansville auprès de sa famille une fois les éliminatoires terminées.

« J’ai toujours voulu travailler pour une équipe professionnelle et je confirme que la KHL est la deuxième meilleure ligue au monde après la Ligue nationale de hockey. On profite de tous les avantages du professionnel ici. L’équipe compte sur de nombreux partisans, on sent la ferveur dans la ville et on a plusieurs privilèges en étant membre d’une équipe de la KHL. Par exemple, obtenir une place dans le plus grand restaurant de la ville prend normalement deux semaines. Nous, on n’a qu’à réserver une heure en avance et on aura une table. »

Alors que les joueurs nord-américains préfèrent poursuivre leur carrière en Europe, Michel Giguère les invite maintenant à réévaluer l’option de la KHL. 

« Comme Québécois dans la KHL, je crois qu’il n’y a que Patrice Cormier et Francis Paré, un ancien des Cataractes et des Saguenéens. Ce n’est pas beaucoup. Et dans notre équipe, on a notamment un ancien du Canadien et du Rocket, Chris Terry. Ce que je peux dire, c’est que tous nos joueurs internationaux, dont les joueurs nord-américains, veulent revenir ici l’an prochain. Et je les comprends! » résume Michel Giguère.