Maxime Latour a participé à un premier match dans la LCF, le 7 septembre dernier, avec les Blue Bombers de Winnipeg.

Maxime Latour vit son rêve

Il ne faut jamais perdre espoir de réaliser ses rêves. Et Maxime Latour en est un exemple éloquent.

L’ancien spécialiste des longues remises de l’équipe du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke fait maintenant partie de l’organisation des Blue Bombers de Winnipeg, après un appel de dernière minute.

Et comme ça, il a déjà disputé un match dans la LCF (Ligue canadienne de football).

Mais le parcours pour se rendre à ce premier match chez les professionnels fut loin d’être banal.

De fait, son parcours professionnel, depuis la fin de son parcours universitaire, démontre bien la réalité d’une majorité de joueurs de la LCF.

Latour a d’abord été invité sur l’équipe d’entraînement des Alouettes, à la fin de la saison en 2018, où il a passé cinq semaines, avant d’être libéré.

Quelques jours après sa libération, il signait un contrat de deux ans avec les Alouettes. Il fut donc invité au camp d’entraînement, au printemps dernier, avant d’être à nouveau libéré, à la fin de ce même camp.

« Les Alouettes ont préféré garder Martin Bédard, un vétéran de plusieurs saisons dans la LCF. Je comprenais parfaitement la situation », a-t-il expliqué.

Un mois plus tard, une blessure au spécialiste des longues remises chez les Argonauts de Toronto a fait sonner le téléphone chez l’agent de Latour.

L’organisation torontoise voulait le voir à l’œuvre.

« En gros, j’ai fait un aller-retour Montréal-Toronto. Quand je suis arrivé là-bas, leur spécialiste n’était plus blessé, semble-t-il, alors j’ai ramassé mon sac et je suis revenu chez moi! Je n’ai fait que passer à Toronto! »

De retour à Montréal, Latour a amorcé un boulot dans son domaine de travail, en charpenterie/menuiserie.

Il était loin de se douter qu’il ne passerait pas les prochains mois à travailler le bois.

« C’était le lundi de la fête du Travail. Je déjeunais et mon agent m’a appelé en me disant que Winnipeg avait besoin d’un spécialiste des longues remises, et qu’ils allaient m’appeler. Ce qu’ils ont fait, une demi-heure plus tard. Dans la même soirée, je suis parti pour Winnipeg pour un essai, avec trois paires de pantalons, trois paires de shorts et ma brosse à dents! »

« Le mardi, je faisais mon essai devant le DG, l’entraîneur-chef et le coordonnateur des unités spéciales. Après 15 minutes, ils m’ont dit parfait, on va te prendre! J’ai fait les remises pour les bottés de précision pendant la semaine d’entraînement. »

Latour a bien fait à l’entraînement, la blessure de Chad Rempel s’est prolongée (il a été depuis inscrit sur la liste des blessés de six matchs) et Latour a finalement joué un premier match dans la LCF le 7 septembre contre la Saskatchewan, une victoire de 35-10.

« Il a vraiment fallu que je me retourne rapidement! Tout s’est passé tellement vite! Il n’y a pas beaucoup de postes de spécialiste des longues remises dans la LCF, la porte peut se refermer assez vite. »

« L’ambiance était incroyable au match! Le stade était rempli et la réputation des fans, qui sont reconnus pour être les plus bruyants de la LCF, n’est pas surfaite! J’ai fait mes cinq snaps, tous parfaits! Je suis encore sur un nuage! La semaine de congé qui a suivi ce match m’a aidé à embarquer dans le bain. Jusqu’à présent, tout va bien, avec les entraîneurs et les autres joueurs. Ici, le foot, c’est vraiment gros. J’habite à l’hôtel, et je vais parfois à pied jusqu’au stade, et on me reconnaît dans la rue. Il faut dire que ma barbe aide un peu! C’est vraiment une tout autre réalité, différente de ce que j’ai connu à Montréal. »

Évidemment, le sort de Latour est lié à celui qu’il remplace. Chad Rempel est d’ailleurs le joueur actif le plus âgé de la LCF.

« Si son absence se prolonge, je vais peut-être avoir d’autres responsabilités et, peut-être, jouer jusqu’à la fin de la saison. En tout cas, c’est juste magique! Je profite de l’expérience au max, il faut embarquer quand le train passe. »