Après deux années passées à l’Université de Montréal, Maxie Plante a décidé de vivre sa passion et de suivre son cours de pilote d’avion.
Après deux années passées à l’Université de Montréal, Maxie Plante a décidé de vivre sa passion et de suivre son cours de pilote d’avion.

Maxie Plante vole au-dessus de la mêlée

MAGOG — Maxie Plante n’a qu’une façon de vivre : regarder droit devant, foncer et croquer la vie à pleines dents. Pour y arriver, la Magogoise d’origine a choisi un métier qui n’a pas l’habitude d’attirer les femmes : pilote d’avion chez Summit Air, de surcroît à Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest), la capitale canadienne la plus froide au pays. En parallèle, après avoir brillé au hockey, voilà qu’elle fait maintenant partie de l’élite internationale de patinage de descente extrême.

Pourtant, Maxie Plante n’a pas du tout l’impression de travailler aux commandes de son avion Dornier 228. 

Pour un complément : Survoler les pistes de patinage extrême avec brio

« Les Territoires du Nord-Ouest sont une région tellement méconnue. On se fait tous une idée de ce coin de pays aux hivers rigoureux comme nulle part ailleurs au Canada, son climat polaire dans le nord, ce qui n’est pas nécessairement invitant de prime abord. Mais sur place, voler au-dessus de ce panorama unique, voir toutes les splendeurs qui défilent sous tes yeux, la toundra, les arbres qui sont lumineux dans certaines régions du territoire, les couchers du soleil les plus beaux au monde, les aurores boréales, ce paradis de neige et de glace, c’est quelque chose dont je ne peux me lasser. C’est tout simplement paradisiaque. Quand je me lève le matin, je suis une fille heureuse. Je n’ai pas une journée de travail qui se ressemble », fait-elle valoir.

Maxie Plante et son imposant avion, le Dornier 228, affrontent les rigueurs des Territoires du Nord-Ouest.

Responsabilités

L’avion est le moyen de transport le plus utile et le plus utilisé à Yellowknife. Les distances sont grandes entre les nombreuses communautés étendues sur tout le territoire du Grand Nord et les routes y sont inexistantes ou presque. L’avion devient une roue de secours indispensable à toute une population. 

« Je sers à toutes les sauces. Que ce soit pour transporter des militaires, des employés du gouvernement, des gens qui vont travailler dans les mines, des spécialistes de la santé, des gens qui veulent retourner à la maison après leur semaine de travail, parfois des touristes, du matériel de tout genre, la liste est longue », précise celle qui possède le grade de capitaine.

Maxie Plante a dans son ADN le souci du travail bien fait. « Je planifie chaque détail en prenant le soin quand même de vérifier avec mon premier officier. Le plan de vol, les bagages, l’essence nécessaire pour me rendre à destination, ce ne sont que quelques exemples de choses que je dois vérifier moi-même avant de prendre la voie des airs. »

« Vivre à Yellowknife, c’est vraiment sortir de sa zone de confort. Tout est rendu plus compliqué à cause du froid et des grandes distances. Nous sommes isolés du reste du Canada. Edmonton est la grosse ville la plus proche et c’est à 15 heures de route », dit Maxie Plante.

Les conditions météorologiques

Piloter dans le Grand nord nécessite de composer avec les conditions météorologiques capricieuses et changeantes sans avertissement. 

« Il faut connaître rapidement ses habiletés et ses limites pour ne pas mettre en danger la sécurité de personne, estime Maxie Plante. Jouer à l’héroïne n’est assurément pas une très bonne idée. Il faut prévoir les conditions dangereuses, inhospitalières, avant qu’elles nous frappent de plein fouet. Avec des températures de moins 40 degrés Celsius l’hiver qui peuvent même atteindre moins 60 avec le facteur vent, il n’y a pas de chance à prendre et de se retrouver en mauvaise posture dans un blizzard ou avec une visibilité complètement nulle qui pourrait empêcher tout retour à l’aéroport. Je n’hésite pas à retarder un vol d’une journée ou deux s’il le faut. Les erreurs et les mauvaises décisions sont encore moins pardonnables dans le Grand nord. Quand on explique bien les choses avec des mots simples, les gens comprennent. Je n’ai jamais eu de pépin à date en vol. La sagesse et la patience sont de mise à Yellowknife. »

À écouter parler Maxie Plante, il ne fait aucun doute que le Dornier 228, muni de deux moteurs, est un avion qui lui va comme un gant. 

« J’aurais le choix de deux autres modèles d’avion à Air Summit, mais je préfère de loin le Dornier 228 qui est à la fois robuste, versatile et sensible, dans le sens qu’il répond bien aux commandes. Dans les deux autres modèles de la compagnie, tu te retrouves davantage à superviser un ordinateur que piloter. Prendre mes décisions moi-même, c’est une forme de liberté et de variété que le Dornier 228 me procure et que je veux conserver. Ça vient avec l’adrénaline, faut croire. »

Piloter dans le Grand nord nécessite de composer avec les conditions météorologiques capricieuses et changeantes sans avertissement. Mais en période estivale, l’ensoleillement peut atteindre 20 heures par jour.

Par hasard

Maxie Plante était loin de se douter qu’une simple balade en hélicoptère allait dicter le reste de sa vie. 

« Je devais avoir 15 ou 16 ans et j’ai fait un tour d’hélicoptère avec des amis de mes parents. L’hélicoptère avait atterri dans notre cour arrière et j’ai saisi l’occasion d’aller faire un tour au-dessus de la région. Cela m’a allumé tout de suite. J’étais intriguée par tout ce qui se passait à l’intérieur de l’hélicoptère. J’ai poursuivi mes études et après deux ans à l’Université de Montréal, l’appel de l’aviation était trop fort et j’ai opté pour cette carrière. J’ai suivi mon cours de pilotage et l’affaire était dans le sac. Ce ne fut pas facile au début. Je suis passée par-dessus des nausées. Mon corps ne répondait pas toujours de la bonne manière. Mais il n’était pas question de reculer. C’est le meilleur choix de ma vie », insiste la pilote de 27 ans.

La vie à Yellowknife

Maxie Plante est installée à Yellowknife depuis 2015. Rien ne ressemble à sa vie passée à Magog et à Montréal. 

« Vivre à Yellowknife, c’est vraiment sortir de sa zone de confort. Tout est rendu plus compliqué à cause du froid et des grandes distances. Nous sommes isolés du reste du Canada. Edmonton est la grosse ville la plus proche et c’est à 15 heures de route. Pour décrocher, tu décroches. Il m’arrive de m’ennuyer de ma famille, des amis. De vouloir être proche d’un festival à Montréal et d’autres activités du genre. Cependant, les gens sont tellement accueillants et amicaux ici. Ils sont toujours prêts à aider et ne demandent rien en retour. Cela compense pour bien des choses. Un jour, je quitterai Yellowknife, mais il y a des amitiés créées ici qui resteront pour la vie. Et j’insiste sur le fait que c’est beaucoup plus positif que négatif vivre à Yellowknife. On me parle souvent du froid, mais l’été ici, il peut faire clair 20 heures par jour. Faire du bateau la nuit, on ne voit pas ça partout », de confier Maxie Plante en guise de clin d’œil.