Le joueur des Jets de Winnipeg, Mathieu Perreault, estime qu’il « vaut mieux jouer sur une base régulière dans le midget AAA que d’aller poireauter chez les juniors ».

Mathieu Perreault ou la passion du hockey

Tout au long de sa carrière, Mathieu Perreault aura confondu les sceptiques. Pour le hockeyeur de Drummondville, la grande aventure qui l’a propulsé vers la Ligue nationale a véritablement pris son envol lors de son passage avec les Cantonniers de Magog lors de la saison 2004-2005.

 La belle histoire de Perreault a débuté dès le premier jour du camp d’entraînement au mois d’août 2004. Il avait suffi de quelques coups de patins et exercices pour faire dire à l’entraîneur-chef Martin Bernard en regardant son adjoint Jean-Sébastien Perron que le prochain champion compteur de la Ligue midget AAA du Québec avait pignon sur rue à Magog. Pour plusieurs, le diminutif attaquant des Cantonniers était ni plus ni moins que le secret le mieux gardé sur les patinoires du Québec cette saison-là.

Perreault avait fait passer son entraîneur pour le Nostradamus de l’ère moderne en terminant effectivement au premier rang des compteurs avec une fiche de 25 buts et 47 passes pour un total de 72 points. Deuxième compteur de la ligue, Olivier Donais, des Gaulois du collège Antoine-Girouard, accusait tout de même un retard de 12 points sur Perreault.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui se souviennent de Perreault comme un des patineurs les plus spectaculaires à avoir revêtu l’uniforme des Cantonniers. Doté d’un sens inné du hockey, ajouté à ses feintes magistrales et ses passes savantes, le petit joueur de centre avait l’air d’un géant sur la patinoire. On se déplaçait d’abord et avant tout pour voir à l’œuvre Le Magicien comme il avait été surnommé.

Parti de loin

À 15 ans, Mathieu Perreault était loin de s’imaginer un jour avec le chandail des Cantonniers sur le dos. « Je suis allé au pré-camp seulement. Je ne me suis pas présenté au camp d’entraînement des Cantonniers. Avec mon physique format miniature, j’ai préféré passer une saison midget espoir à Drummondville. J’ai connu une saison extraordinaire et durant la saison les Cantonniers m’ont rappelé à quelques reprises, notamment au tournoi midget international de Drummondville. Je me tirais bien d’affaire et cela m’a donné confiance pour la saison suivante. Finalement, je n’ai pas brûlé les étapes et je crois sincèrement que c’était la meilleure chose qui pouvait m’arriver dans mon développement », fait valoir Perreault qui se permet un conseil aux joueurs de la nouvelle génération.

« Si j’avais un seul conseil à formuler aux jeunes de 16 ans, c’est qu’ils ne se pressent pas pour monter junior majeur à moins bien sûr d’être doté d’un talent exceptionnel. J’insiste sur jouer au hockey. Que ce soit chez les professionnels, dans le hockey mineur, chez les juniors, peu importe, jouer veut dire s’amuser. Et je ne comprends toujours pas comment un jeune de 16 ans qui s’habille une fois sur deux dans le junior majeur, joue sur le quatrième trio peut prétendre avoir du plaisir. À 16 ans avec les Cantonniers, j’étais sur la première unité du jeu de puissance, en désavantage numérique. Je jouais de nombreuses minutes. J’exerçais du leadership à ma façon et j’ai appris à faire la différence dans un match de hockey. C’est ce qu’on appelle s’amuser et apprendre. Cette passion m’habite toujours. Je veux toujours être sur la glace. Vaut mieux jouer sur une base régulière dans le midget AAA que d’aller poireauter chez les juniors. Perdre confiance en ses moyens parce que tu ne joues pas, il n’y a rien de pire pour mettre un frein au développement d’un hockeyeur », a commenté Perreault joint à Winnipeg entre deux parties des Jets.

Élimination

Champions de la division Reebok en 2004-2005, les Cantonniers et Mathieu Perreault avaient de grandes aspirations dans les séries éliminatoires. Malheureusement pour eux, un certain gardien du nom de Bobby Nadeau (celui que le fils de Patrick Roy a terrassé dans le junior majeur dans une bataille désormais célèbre) des Commandeurs de Lévis avait d’autres plans et avait éliminé à lui seul les Cantonniers en demi-finale. 

« C’était une fin abrupte après une saison aussi éclatante. On pleurait à chaudes larmes dans le vestiaire. Avec du recul, je dois avouer que ce fut quand même une année exceptionnelle et l’adolescent que j’étais à mon arrivée à Magog avait commencé à prendre des allures de jeune adulte huit mois plus tard. Tu ne peux pas faire autrement que grandir comme personne quand tu te retrouves dans un nouveau milieu à 15 ou 16 ans, loin de ta famille. Sans le hockey, l’adaptation aurait été plus difficile, mais nous étions tellement bien encadrés. J’ai adoré la ville, l’école, les fans et tous ces bénévoles qui nous traitaient aux petits oignons, comme des pros. Ce fut plaisant et enrichissant. Je profitais de chaque jour sans me préoccuper vraiment de mon avenir », mentionne Perreault.

Hargneux et Talentueux

Au fil des années, des dizaines et des dizaines de hockeyeurs sherbrookois sont parvenus à faire leur niche chez les Cantonniers de Magog. Le plus célèbre est assurément Yanic Perreaut et sa saison de rêve en 1987-88. Au début de la même décennie, un autre patineur de Sherbrooke avait connu une saison phénoménale, soit en 1981-82. Aussi incroyable que cela puisse paraître, même s’il avait écopé de 158 minutes de punitions, Steve Pépin avait trouvé le moyen de terminer au premier rang des compteurs des Cantonniers avec une fiche de 58 buts et 49 passes pour 107 points en 45 parties. Dans les séries, Pépin avait continué à produire avec 30 points, dont 13 buts, en 13 parties tout en se comportant à nouveau comme une petite peste sur la patinoire comme en font foi ses 63 minutes de punitions. Steve Pépin est le fils de René Pépin qui avait brillé notamment avec les Castors seniors de Sherbrooke dans les années 1960.

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Restons dans les minutes de punitions. C’est Ryan Spaulding qui détient le record du joueur le plus puni dans une saison chez les Cantonniers. Spaulding avait reçu 187 minutes de punitions en 2003-04. Le gars n’avait rien d’un homer avec 127 minutes écopées sur des patinoires étrangères. On est loin des 44 minutes d’Isaac Belliveau qui en avaient fait le Cantonnier le plus pénalisé la saison dernière.

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Qu’ont en commun Gordie Dwyer, Daniel Corso, Éric Bélanger et Sébastien Charpentier? Avant de jouer dans la Ligue nationale, les quatre ont porté les couleurs des Cantonniers la même saison, soit en 1993-1994 (voir tableau). Des quatre, Bélanger est celui qui a connu la plus longue carrière sous la grande tente.

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Avec ses quatre blanchissages depuis le début de la campagne, le vétéran cerbère Olivier Adam n’est plus qu’à un du record détenu par Jacob Delorme dans une saison chez les Cantonniers. Delorme avait obtenu cinq jeux blancs en 2016-2017.