À pareille date l'an dernier, Martin Bernard rongeait son frein en silence.

Martin Bernard, un an plus tard

COMMENTAIRE / À pareille date l'an dernier, Martin Bernard rongeait son frein en silence. En réalité, le gars devait bouillir en-dedans. Rappelons-nous, l'ex-pilote des Cantonniers de Magog avait été injustement remplacé à la barre des Cataractes de Shawinigan alors que son équipe figurait parmi les meneurs au classement de la LHJMQ. La planète hockey avait questionné longuement la décision du directeur général Martin Mondou de foutre son entraîneur à la porte.
Mondou a frappé dans le vide avec son plan. Un an plus tard, que se passe-t-il avec Claude Bouchard derrière le banc des Cataractes? L'équipe fait du surplace à l'approche des séries avec quatre victoires à ses dix dernières parties. Bouchard, plus chanceux que Martin Bernard, pourra compter sur la clémence de son DG, qui paraîtrait mal avec une deuxième mise à pied en un an.
Pendant ce temps à Baie-Comeau, où Bernard a hérité d'une équipe en reconstruction, le Drakkar grimpe les échelons un à un, et les voilà en 12e place au classement général. La bande de blancs-becs à Bernard montre six victoires à ses dix dernières parties.
À Magog, où Bernard a encore de nombreux appuis, on se met quasiment à rêver à une confrontation entre le Drakkar et les Cataractes au premier tour éliminatoire. Plusieurs aimeraient assister à une confrontation entre le Canadien de Claude Julien et son ancienne équipe des Bruins de Boston dans les séries de la LNH. Peut-on exprimer le même voeu pour Martin Bernard face à son ancienne formation?
Un des meilleurs
Martin Bernard a le respect de tous ses pairs dans la LHJMQ. On est loin du jeune coach qui avait abouti à Victoriaville peut-être un peu trop tôt dans sa carrière. Bernard n'a pas peur de bien s'entourer pour justement apprendre, encore et toujours. Martin Cadorette, son bras droit à Bais-Comeau, pourrait très bien diriger dans la LHJMQ. Bernard est devenu un des meilleurs entraîneurs dans le junior majeur pour développer ses jeunes joueurs. Pour l'avoir vu travailler à Magog durant son long passage avec les Cantonniers, le gars est un bourreau de travail et un homme structuré comme on voit rarement.
J'ai déjà entendu dire qu'il doit maintenant apprendre à gagner. Pardon? Sa feuille de route est positive et je vous rappellerai que Martin Bernard est le dernier entraîneur à avoir mené le Québec à la conquête de la médaille d'or au Défi mondial des moins de 17 ans. Rien de moins. Ça se passait en 2006 et le Québec, dirigé par Martin Bernard, mettait fin à une disette de 12 ans en l'emportant dans ce prestigieux tournoi présenté à Régina. Le Québec n'a toujours pas gagné depuis.
D'ailleurs, je suis persuadé que Martin Bernard est dans la mire de Hockey Canada et que, dans un avenir pas si lointain, il sera invité à faire partie du personnel d'entraîneurs d'Équipe Canada junior. Un jour il pourrait suivre les traces de celui avec qui il a véritablement fait ses classes comme entraîneur, soit Mario Durocher avec les Cantonniers de Magog, et devenir l'entraîneur-chef d'Équipe Canada junior. Je le pense véritablement.
Parlant développement
Je continue à suivre, de loin, les séries de la Ligue de développement midget AAA du Québec. Vous avez bien remarqué le mot développement dans le nom de la ligue. Peut-être vous rappelez-vous aussi que j'avais déjà vanté les mérites de Félix Potvin, qui a toujours insisté pour faire jouer ses deux gardiens dans les séries. Prenez la saison dernière, alors que Potvin avait fait confiance à Justin Blanchette, une verte recrue, même s'il pouvait compter sur les services d'un des meilleurs portiers de la ligue en Alex D'Orio. Blanchette avait été envoyé dans la mêlée avant que D'Orio se blesse. « Je dirige dans une ligue de développement et j'aurais de la difficulté à me regarder dans le miroir si je n'utilisais pas mes deux gardiens », m'avait déclaré Potvin.
Faut croire que Potvin est le seul à se soucier à ce point du développement de ses protégés, car si on regarde les quatre équipes actuellement dans le carré d'as du midget AAA, soit Trois-Rivières, le Séminaire Saint-François, Lévis et Charles-Lemoyne, sachez que les entraîneurs ont toujours fait confiance au même gardien partant depuis le début des séries.
Je veux bien croire que la victoire devient la priorité des entraîneurs dans les séries, mais n'aurait-elle pas meilleur goût si tous les joueurs y contribuaient? J'insiste. C'est une ligue de développement. Félix Potvin l'a compris et, avec ce que je constate dans les présentes séries, ça l'honore plus que jamais.
D'ailleurs, je vais vous confier que j'ai souvent entendu de la bouche de certains dépisteurs de la LHJMQ que les Cantonniers représentaient l'équipe midget AAA qui pensait le plus en fonction du développement de ses joueurs.
Faut le dire.