Après une fin de saison décevante, Martin Bernard ne sait pas ce que l’avenir lui réserve. Son contrat avec le Drakkar de Baie-Comeau prend fin le 1er juin prochain.

Martin Bernard en attente

Martin Bernard est en attente. L’entraîneur-chef sherbrookois à la tête du Drakkar de Baie-Comeau, ne sait toujours pas ce que l’avenir lui réserve.

Sous contrat avec l’organisation nord-côtière jusqu’au premier juin, il tente toujours de trouver des explications logiques et rationnelles à la défaite de sa formation, lors du premier tour éliminatoire, face aux Wildcats de Moncton.

Après avoir effectué plusieurs changements pendant la période des transactions, et ayant sous la main une formation expérimentée et talentueuse, les attentes étaient élevées, très élevées, à Baie-Comeau.

Des attentes qui ont fini par être trop lourdes.

Martin Bernard est de retour à Sherbrooke depuis quelques jours, où il a encore une résidence.

Et il est en mode attente.

En entraîneur expérimenté — il a dirigé son 500e match en carrière dans la LHJMQ en janvier dernier — Martin Bernard ne se berce pas d’illusions quant à un renouvellement de son contrat à Baie-Comeau. Le temps file.

« Pour l’instant, je ne sais pas, je n’en ai aucune idée. Je n’ai pas eu de pourparlers avec l’équipe. On s’est parlé Steve (Ahern, DG du Drakkar) et moi, mais lui aussi est en renouvellement. Je ne sais pas ce qui se passe. Tout ce que je sais, c’est que mon contrat vient à échéance le 1er juin. On verra, je vais faire confiance en l’avenir. »

Son absence lors du Défi d’Excellence Gatorade, la fin de semaine dernière à Boisbriand, a aussi fait jaser.

« Je ne connais pas mon avenir avec l’organisation, et je suis encore sous contrat avec elle. Je me voyais mal me présenter là-bas, puisque c’est l’une des étapes importantes pour la gestion du prochain repêchage », a-t-il précisé.

Déception palpable

La déception, dans son ton, est encore palpable, un mois après la sortie rapide du Drakkar.

« Ce n’est pas le fun. Ça fait trois ans qu’on travaille à bâtir cette équipe-là, afin d’être à maturité au bout du parcours. Le processus était accompli », a-t-il soupiré.

« Le format des séries, on ne se fera pas de cachettes, a joué contre nous cette année. Le fait de classer les duels par association et non à l’aide du classement général, a fait en sorte qu’on a affronté une bonne équipe en première ronde. Moncton était 7e dans notre association, mais c’était une équipe qui a passé une bonne partie de l’année dans le top 3-4 de la ligue », a-t-il analysé.

« Quand j’ai vu que c’était Moncton, je savais que ce ne serait pas une partie de plaisir. Mais de là à partir en première ronde, on ne s’attendait pas à ça. »

Une série qui s’est soldée par une défaite en sept parties, dont deux se sont décidées en prolongation.

Quatre fois le gardien Francis Leclerc, l’ancien portier du Drakkar, a mérité la première étoile. Chaque fois à Baie-Comeau.

La crainte de perdre

« C’est dur à digérer. La fenêtre d’opportunité était là. Notre club a connu une super saison, avec 49 victoires et 102 points, on a établi beaucoup de records de concession. Les attentes étaient élevées et c’est ce qui rend cette élimination encore plus dure à avaler. Tout le monde voulait répondre aux attentes des partisans, qui ont été patients dans la reconstruction et qui voyaient nos chances, surtout après une saison de rêve. »

La crainte de perdre. Voilà l’un des principaux arguments qui ont été avancés lors du bilan de l’organisation.

Des propos qu’endosse Bernard.

« Nos gars ont joué avec la crainte de perdre. On a constaté ça progressivement. Après les Fêtes, on en entendait de plus en plus parler. Avec tous les échanges qu’on a faits, il fallait gagner par de gros scores. On a fini la saison 8-1-1, mais on a perdu la dernière partie de l’année et ça a laissé un goût amer dans la bouche de bien du monde. Les gars étaient vraiment stressés », s’est rappelé Martin Bernard.

« Avant le début des séries, lorsqu’on leur a demandé s’ils avaient peur de décevoir, de perdre, c’était unanime, ils ont tous levé la main. Ils ne voulaient pas décevoir les fans, la ville. »

L’organisation n’a pourtant pas pris cette tendance à la légère. Profitant d’un match à Sherbrooke, en saison régulière, l’équipe a rencontré le psychologue sportif Sylvain Guimond. D’autres rencontres ont eu lieu, par la suite, via Skype.

L’équipe a même appelé en renfort l’ancien de la LNH Mario Marois, à titre d’entraîneur adjoint, en fin de saison.

« C’est la première fois que je voyais ça. On a des gars qui ont connu des saisons incroyables, comme (Nathan) Légaré, (Gabriel) Fortier ou (Ivan) Chekhovich. Tu regardes les séries et les gars ont manqué des filets ouverts, et d’autres belles occasions de marquer. C’est le stress, vouloir précipiter les choses, c’est mental. »

Comme à Tampa Bay

Si à Shawinigan, Martin Bernard a été évincé avant de pouvoir voir éclore ses jeunes Cataractes, la déception est encore plus difficile après ce rendez-vous manqué en séries avec le Drakkar.

Quelques rondes supplémentaires en séries éliminatoires auraient sûrement été les bienvenus pour cette franchise située dans un petit marché.

« C’est super décevant. Je regarde ce qui se passe à Tampa Bay, et je suis sûr que John Cooper doit trouver ça décevant lui aussi! Je suis déçu pour moi, les fans, pour le conseil d’administration. C’est une business, ça fait partie du calcul financier, cette défaite. Mais il n’y a aucun joueur qui s’est présenté en séries en prenant ça mollo et en voulant finir la saison en première ronde. On était tous alignés de la même manière. »

« Cet aspect mental, cette pression extérieure, dure à contrôler, il n’y a pas une journée que je n’y pense pas en me demandant ce que j’aurais pu faire pour empêcher ça. »