Martin Bernard, alors qu'il était entraîneur des Cataractes de Shawinigan.

Martin Bernard chez les Filons de Thetford : « Ça tombe à point dans ma vie »

Lorsque son contrat n’a pas été renouvelé par le Drakkar de Baie-Comeau, Martin Bernard s’est un peu inquiété. Gagner sa vie avec le hockey n’est pas toujours facile, mais le vétéran entraîneur, qui a été derrière le banc pour plus de 500 matchs avec les Tigres, les Cataractes et le Drakkar, avoue que l’offre de prendre en charge les Filons du Cégep de Thetford arrive au bon moment.

Le Sherbrookois ne s’en cache pas : lorsque le Drakkar a décidé de changer d’entraîneur à l’issue de la dernière saison, Martin Bernard a vécu un peu de stress financier. « Je n’avais plus de coussin de sécurité. C’est un non-renouvellement de contrat, donc tu n’as plus de sécurité financière. Je suis vraiment content que le Cégep de Thetford m’engage avec un travail à temps plein », se réjouit celui qui a passé huit saisons dans le circuit Courteau. 

Par ailleurs, le calendrier moins chargé du circuit collégial a ses avantages. « On a plus de stabilité au niveau de l’horaire. Ce n’est pas la famille qui va s’en plaindre. J’ai des enfants et quand tu coaches dans la LHJMQ, c’est souvent eux qui ont à faire les sacrifices. Cette opportunité arrive à un moment où familialement, ce sera bon de stabiliser un peu les choses », décrit Martin Bernard. 

« De pouvoir travailler à temps plein dans le hockey dans ta région est un privilège, car ta famille est proche, enchaîne-t-il. Ça te permet d’être un peu plus présent que lorsque tu es loin comme à Baie-Comeau. L’offre avec les Filons du Cégep de Thetford tombe à point dans ma vie. »

Même travail

Le travail de Martin Bernard sera semblable à ce qu’il faisait dans la LHJMQ et dans le midget AAA. « Ma job de coach, peu importe le niveau, c’est de continuer à développer des jeunes. Quand tu travailles dans la LHJMQ, tu aides les jeunes à poursuivre les jeunes, qui sont très près de la LNH. Quand tu travailles dans le midget AAA, tu travailles pour amener les jeunes au prochain niveau : la LHJMQ. Le niveau collégial, c’est un peu la même chose. Souvent, on met une croix sur des joueurs, mais comme le hockey est un sport à développement tardif, il faut leur donner le temps de se développer. Les jeunes ont encore des rêves et des aspirations », assure-t-il. 

« Je connais très bien les prochains niveaux, donc ça va me permettre de les encadrer correctement, pense Bernard. J’ai également été un coach qui accorde une grande importance à l’école, j’ai eu deux joueurs qui ont gagné le trophée de l’étudiant par excellence dans la LHJMQ. C’est donc un mariage assez facile à faire avec le collégial. »

L’entraîneur pourra compter sur un adjoint de qualité, qui a joué 490 parties dans la LNH, mais qui a également soulevé la coupe Stanley et qui a œuvré comme agent de joueurs. « C’est important de s’entourer de bonnes personnes qui ont des valeurs similaires aux siennes. Je trouve autant en Alain Rajotte qu’en Stéphane Fiset des gens qui ont à cœur le développement des jeunes », décrit Bernard.


« On a plus de stabilité au niveau de l’horaire. Ce n’est pas la famille qui va s’en plaindre. »
Martin Bernard

Pertinence du programme

L’ajout de Martin Bernard et de Stéphane Fiset dans le giron des Filons amène non seulement de la crédibilité à l’équipe, mais également au circuit collégial. « Hier, quand La Tribune a annoncé la nouvelle, une autre équipe m’a écrit “ Toute une acquisition pour votre organisation et pour le hockey collégial. Félicitations! ” se réjouit le coordonnateur du développement des programmes sportifs au Cégep de Thetford, Stephen Cabana. Donc moi aussi j’ai la perception qu’on vient d’acquérir une compétence de haut niveau et en plus, ça vient crédibiliser l’offre que représente le collégial pour les jeunes. Il y en a qui pensent qu’il y a le midget AAA, la LHJMQ et qu’après, c’est la fin. Mais ce n’est pas vrai. »

D’ailleurs, ce personnel d’entraîneurs pourra encourager les jeunes hockeyeurs à choisir ce cégep. « Une des difficultés qu’on a à Thetford, c’est qu’on n’est pas sur la 55, sur la 40 ou sur la 10. Il faut trouver une manière de dire aux gens que c’est ici que ça se passe. Là, on parle de coachs, mais on peut parler de nutritionniste et de psychologue sportif. Ce sont toutes des choses que les autres n’offrent pas », résume M. Cabana.