En novembre dernier, Mark Jankowski (77) a célébré son premier but dans la LNH contre les Red Wings de Detroit en compagnie de nul autre que le vétéran Jaromir Jagr.

Mark Jankowski, de Stanstead... à Calgary

CALGARY — En 2012, le directeur général des Flames à l’époque, Jay Feaster, créait une onde de choc dans une petite ville frontalière du Québec. «Avec le 21e choix du repêchage de 2012, les Flames de Calgary sont fiers de repêcher, du collège Stanstead au Québec, Mark Jankowski.»

Cinq ans plus tard, Jankowski continue à faire parler de son alma mater, qui accueille un peu moins de 300 étudiants. Cet Ontarien de 23 ans, qui devrait affronter le Canadien jeudi soir, a appris cette semaine qu’il pouvait quitter l’hôtel et se trouver un endroit permanent où habiter à Calgary. Ses 6 buts et 5 passes en 27 matchs lui ont valu ce droit.

Les Flames n’ont peut-être pas de Québécois dans leurs rangs, mais ils ont un produit intéressant du hockey d’ici en Jankowski. Il est l’unique choix au repêchage de l’histoire de la LNH à avoir été recruté au collège Stanstead, un établissement de quelque 235 élèves situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Sherbrooke.

En fait, les écoles secondaires canadiennes n’ont généralement pas la cote, puisqu’avant Jankowski, le plus haut choix au repêchage issu de ces écoles était Colin Greening, 204e en 2005.

«Parfois, le meilleur chemin à suivre est le moins parcouru. Bien des joueurs des ligues juniors canadiennes ne se rendent pas à la Ligue nationale même s’ils sont repêchés au premier tour», souligne James Rioux, un Québécois qui est directeur des opérations hockey au collège Stanstead.

«Mes années à Stanstead ont vraiment été cruciales», croit Jankowski. «J’ai fait ce choix en sachant que c’était un endroit où j’aurais la chance de jouer beaucoup. C’est ainsi que tu arrives à te développer, plutôt qu’en étant au banc ou dans les gradins. Dans le junior, c’est ce qui me serait arrivé au début.

«Les entraîneurs là-bas ont été très bons pour moi en me faisant jouer dans toutes les situations. On a joué souvent en Nouvelle-Angleterre et ça m’a permis de me faire remarquer.»

Bonne publicité

La LNH n’est pas revenue piger à Stanstead depuis la sélection de Jankowski. Cela dit, James Rioux croit que la publicité a été bonne pour son programme.

D’une part, il souligne que depuis 2012, cinq autres joueurs ont été répertoriés dans les classements des espoirs de la Centrale de recrutement de la LNH. D’autre part, les Spartans viennent de remporter le tournoi William Barber, compétition regroupant des écoles secondaires de la Nouvelle-Angleterre, pour la deuxième année de suite.

«Notre programme est aussi bon que tout autre programme au Canada», soutient Rioux. «En ce moment, on est au niveau des prep schools de la Nouvelle-Angleterre. Tout le monde connaît les joueurs repêchés en LHJMQ, mais le hockey scolaire progresse malgré tout.»

En choisissant une école secondaire, Jankowski gardait évidemment la porte ouverte pour jouer en NCAA, ce qu’il a ensuite fait pendant quatre ans à Providence College. 

Avec ce long parcours, il lui a donc fallu attendre l’âge de 23 ans avant de s’établir à temps plein en LNH. Mais il ne regrette aucun de ses choix. «Si tu es bon, tu vas te faire remarquer, peu importe où tu joues. Je savais qu’en optant pour Stanstead, si je jouais bien, ça allait se savoir, croit le jeune homme.

«Mon rêve a toujours été d’atteindre la LNH et passer par Stanstead était la meilleure façon d’y parvenir. La NCAA était la suite logique, mais dans ma tête, la destination finale a toujours été la LNH.»

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LA PATIENCE AU REPÊCHAGE RÉCOMPENSÉE

On retiendra de l’histoire de l’Ontarien  Mark Jankowski l’importance d’être patient au repêchage. L’attaquant du Collège de Stanstead était classé 43e au palmarès final des espoirs de la Centrale de recrutement de la LNH. Les Flames de Calgary ont donc fait un pari risqué en le sélectionnant si tôt. «Ouh, baby! C’est un choix légendaire. Ce serait intéressant», avait lancé en ondes l’analyste Pierre McGuire, visiblement pris de court, quand Calgary avait annoncé sa sélection. Sur les 211 joueurs repêchés en 2012, 101 ont joué au moins un match en LNH. Certains n’auront été que de passage.

À voir Jankowski aux commandes du troisième trio des Flames, à voir aussi l’aplomb avec lequel il se présente devant les micros pour accorder des entrevues, il semble que l’attente ait valu la chandelle.  Surtout qu’il avait été ignoré à sa première année d’admissibilité au repêchage de la Ligue junior de l’Ontario, notamment parce qu’il était jugé trop petit. Il a ensuite eu une poussée de croissance et mesure aujourd’hui 6’4”.