Marion Thénault lors d’un entraînement au Centre acrobatique AcrobatX, à Québec.

Marion Thénault : de la gymnastique au ski acrobatique

L’an dernier, Marion Thénault, qui a seulement 18 ans, ne connaissait rien du ski acrobatique de saut. Elle l’avait peut-être vu quelques fois à la télé, mais sans plus. Aujourd’hui, elle détient une place au sein de l’équipe nationale de développement, et participera au circuit nord-américain de compétitions au printemps prochain.

Le plus étonnant est que Marion n’a encore jamais fait une vraie compétition hivernale de ski acrobatique en saut. Cet hiver, elle s’entrainait en atterrissant sur des coussins gonflables, elle n’était pas encore prête a atterrir au sol. « Je n’avais pas encore assez d’expérience sur les skis. J’ai passé l’hiver à skier pour m’améliorer », explique la Sherbrookoise.

Comment peut-elle pratiquer un sport à un tel niveau, sans savoir skier? C’est parce que le côté acrobatique, elle le maitrise déjà bien grâce à ses 13 ans de gymnastique compétitive.

En fait, Marion Thénault a été repérée par des entraineurs lors de sa participation au Camp des recrues RBC. Il s’agit d’un camp où plusieurs entraineurs et représentants de fédérations sportives analysent les résultats de tests physiques de jeunes athlètes. « C’est là que je me suis fait recruter en ski acrobatique. Non seulement en raison de mes tests physiques, mais aussi par mon passé en gymnastique. Sans la gym, je n’aurais pas pu avoir une carrière en saut », explique-t-elle.

Après un test spécifique pour le sport sur des rampes d’eau (atterrissage dans l’eau), les entraineurs s’entendaient pour dire qu’elle avait tout ce qu’il fallait. « Après les camps sur rampes d’eau, je me suis dit : j’aime ça et je m’investis à 100 %. »

Cet intérêt grandissant pour le saut est survenu au parfait moment; Marion voulait arrêter la gymnastique. « C’était la fin de mon secondaire, la principale raison est que je pense que j’avais atteint mon plein potentiel dans le sport. J’avais envie de voir autre chose que ce que j’ai toujours fait depuis que j’ai 4 ans. Je voulais juste explorer d’autres choses, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre », explique-t-elle.
Quelque temps après la découverte du sport, elle fait une première compétition sur rampes d’eau. Première compétition, première victoire. Par la suite, tout s’est passé très vite. Marion a commencé un plan d’entrainement strict, qui mêle le ski, le trampoline et l’entrainement musculaire. « En avril dernier, j’ai appris que je pourrais m’entrainer avec l’équipe nationale de développement ». Après seulement un an, Marion démontrait un excellent potentiel. Ses entraineurs voulaient qu’elle évolue auprès des meilleurs athlètes pour apprendre et s’améliorer rapidement.

En plus de ses talents de gymnaste, Marion possédait déjà l’éthique de travail. D’ailleurs, sa dernière compétition de gymnastique est les Championnats canadiens de l’est, en 2017. « Tous les jours, je démontre que je veux vraiment. C’est pour ça que mes coachs m’ont donné l’opportunité de m’entrainer avec l’équipe nationale ».

En janvier dernier, la jeune athlète s’est même vue remettre une bourse du programme RBC Futur Olympien.

Un autre sentiment

« C’est vraiment fou comme en un an tout a changé », s’étonne encore Marion. La jeune athlète déménage où elle s’entraine, en fonction de la période de l’année. Cet été, elle demeure à Québec pour s’entrainer au centre d’entraînement Acrobatx, le seul centre de rampes d’eau au Canada.

Elle participera à sa première compétition officielle en ski acrobatique de saut en Finlande, en novembre prochain. « J’ai vraiment hâte! Il parait qu’atterrir sur la neige est un autre sentiment vraiment le fun. »

En plus d’une carrière sportive prometteuse, Marion a de grandes ambitions pour ses études scolaires. À court terme, celle qui a reçu la Médaille du Lieutenant-gouverneur pour sa forte moyenne poursuivra ses études collégiales en sciences naturelles à temps partiel en septembre. À long terme, Marion Thénault vise les études supérieures en physique ou en génie aérospatial.

« Depuis que je suis toute petite, j’ai juste eu une passion et c’était la gym. Là j’ai juste une nouvelle passion, et je mets autant d’efforts, mais ça représente plus de choses. Je ne fais pas les choses à moitié », admet-elle.